Attaque au couteau à Bordeaux : une rixe sur fond de consommation d'alcool pendant le ramadan, l'assaillant non identifié

Au lendemain de l'attaque au couteau sur les quais de Bordeaux, qui a fait un mort et un blessé grave, la piste de la rixe est privilégiée. L’assaillant qui a été tué aurait reproché à ses victimes leur consommation d’alcool

Mercredi soir, peu avant 20 heures, un homme a agressé au couteau deux personnes sur les quais de Bordeaux, dans le secteur du Miroir d'eau. Une victime est décédée, l'autre est grièvement blessée.
Si la piste terroriste a rapidement été écartée, beaucoup de questions sont encore sans réponse. Quel est le mobile ? qui est l’auteur ? connaissait-il ses victimes ?   

Selon nos informations, la personne décédée est âgée de 37 ans, et est surnommée Daoud par ses proches. L'autre victime, gravement blessée, est un jeune homme de 26 ans  prénommé Kharat.

Consommation d'alcool

Ce jeudi matin, l’assaillant n’a toujours pas été identifié. Des analyses ADN sont en cours, indique une source proche de l’enquête. Elles devraient permettre de savoir s'il est connu des services de justice et une autopsie devrait être pratiquée dans la journée. Cet homme, repéré par les services de police alors qu’il tentait de fuir mercredi soir, n’avait aucun papier sur lui.

D’après plusieurs témoins, il semble que l’origine de l’altercation soit liée à une consommation d’alcool alors qu'était célébré ce 10 avril, l'Aïd-el-Fitr, fête musulmane marquant la fin du jeûne du ramadan. "C’est une piste très sérieuse, ajoute Cyril Jeannin, secrétaire national délégué Sud-ouest Unité Police. 

Plusieurs témoignages rapportent en effet que l’agresseur aurait effectivement reproché à ses deux victimes, deux Algériens, de boire de l’alcool alors que c’était la fin du ramadan.

Cyril Jeannin

Secrétaire national délégué Sud-ouest Unité Police

 

Les deux victimes sont vues en train de boire des bières sur les pelouses qui entourent le miroir d'eau. "Pour nous, ce qui est important, c'est de faire un lien, de voir si l’assaillant et ses victimes se connaissaient ou si c’est fortuit", poursuit le policier.

Depuis le drame, les images amateurs tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Toutes témoignent d’une extrême violence, par une soirée de printemps, sur l’un des sites les plus fréquentées de la ville. On y voit l’assaillant, se pencher sur sa victime et lui assener des coups de couteau. Une haie d’arbustes cache le bas de la scène, mais les cris d'horreur, le suppliant d'arrêter, sont audibles.

L'assaillant abattu au fusil mitrailleur 

C’est un passant qui a alerté les services de police. "Le centre de commandement a été avisé et une brigade d’intervention de la police nationale, qui se trouvait dans le secteur a pu se rendre très vite sur les lieux pour neutraliser l’agresseur,"  explique Ingrid Lavigne, secrétaire départementale Alliance Police. " Ils ont pu se rendre sur place en moins de cinq minutes," ajoute-t-elle.

Sur les lieux, l’agresseur aurait tenté de s’en prendre aux forces de l’ordre. Sur une autre vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, on peut voir un policier le mettre en joue avec un fusil-mitrailleur et le touchant mortellement. L’arme est un pistolet-mitrailleur HK G36. "Vous savez, il faut dans ces cas-là moins de trois secondes pour prendre une décision et être réactif", indique Ingrid Lavigne, qui souligne le professionnalisme du policier. 

Le sang froid de mon collègue a sûrement permis d’éviter un autre drame.

Ingrid Lavigne

Secrétaire départementale Alliance Police

Les policiers ont été entendus dans la nuit par les enquêteurs. Ils sont reconvoqués aujourd’hui. La personne blessée n’a toujours pas pu être interrogée. Ce mardi matin, son pronostic vital n’est plus engagé, mais son état reste très sérieux.

durée de la vidéo : 00h01mn28s
Au lendemain de l'attaque au couteau sur les quais de Bordeaux, qui a fait un mort et un blessé grave, la piste de la rixe est privilégiée. ©France 3 Aquitaine

Deux enquêtes en cours 

Deux enquêtes ont été ouvertes. Une par le parquet de Bordeaux. C’est la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) qui est chargée des investigations. Une autre confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Elle doit déterminer les conditions dans lesquelles le policier a fait usage de son arme.

Le maire de Bordeaux Pierre Hurmic, qui était sur place juste après les faits, s'est exprimé ce matin face aux caméras pour saluer le travail des forces de l'ordre et des secours. La procureure de la République de Bordeaux, Frédérique Porterie, doit tenir une conférence de presse, ce jeudi à 17 heures.

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