Dassault Mérignac : l'Inde prend livraison de son premier Rafale

Premier Rafale livré à l'armée indienne sur le site de Dassault Aviation à Mérignac / © F3 Nouvelle Aquitaine
Premier Rafale livré à l'armée indienne sur le site de Dassault Aviation à Mérignac / © F3 Nouvelle Aquitaine

Le premier des 36 avions de combat commandé par l'Inde est livré ce mardi à l'usine d'assemblage de Dassault Aviation à Mérignac.
Trois Rafale sont déjà terminés.
Ils rejoindront l'Inde en mai, une fois la formation des premiers pilotes achevée.
Les livraisons doivent s'étaler jusqu'en 2022.
 

Par V.D. avec AFP

Devant un Rafale frappé d'une cocarde aux couleurs indiennes sur le site de Dassault Aviation à Mérignac, le ministre indien de la Défense Rajnat Singh salue un "jour historique pour les forces armées indiennes".

L'Inde a pris livraison mardi du premier des 36 Rafale commandés en septembre 2016 à la France, en présence de Florence Parly, ministre des Armées de la République française.

La cérémonie se déroule le jour où l’Indian Air Force célèbre son anniversaire.


 
le ministre indien de la Défense Rajnat Singh devant le premier Rafale livré chez Dassault Aviation à Mérignac / © F3 Nouvelle Aquitaine
le ministre indien de la Défense Rajnat Singh devant le premier Rafale livré chez Dassault Aviation à Mérignac / © F3 Nouvelle Aquitaine

Cette cérémonie intervient trois ans après la signature du contrat avec l'avionneur français.

Le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier a souligné "le lien stratégique unique et fort qui unissait nos deux pays", ajoutant que l'appareil avait été "développé spécialement pour répondre aux besoins extrêmement pointus de l'Indian Air Force". 
 
Le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier lors de la livraison du premier Rafale à L'inde / © F3 Nouvelle Aquitaine
Le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier lors de la livraison du premier Rafale à L'inde / © F3 Nouvelle Aquitaine
 

Un contrat à rebondissement


A l’origine, l'appel d'offres international de l’Inde en 2007 portait sur 126 appareils, dont une partie devait être construit sur place.
Il est remporté cinq ans plus tard par l’avion de Dassault Aviation.

Finalement, en avril 2015, le gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi annonce l’achat de 36 Rafale construits en France.
 

Un contrat polémique en Inde 


Ce contrat a été le point de départ d'une polémique de plus d'un an en Inde, jusqu'à la réélection de Narandra Modi au printemps.

L'opposition a accusé le gouvernement d'avoir favorisé un conglomérat privé, Reliance Group, comme partenaire de Dassault, aux dépens de l'entreprise publique Hindustan
Aerospace Industries (HAL).
Reliance Group est dirigé par l'homme d'affaires Anil Ambani, réputé proche du Premier ministre.

La Cour suprême indienne a refusé en décembre 2018 d'ouvrir une enquête, assurant n'avoir trouvé "aucun élément substantiel prouvant des pratiques de favoritisme commercial".
 

De nouveaux marchés ?


La France espère de nouveaux marchés pour le renouvellement de la flotte vieillissante et insuffisante d'avions de combat indienne, composée de Jaguar, Mirage 2000, Sukhoï 30 et Mig 21 et 27.

L’Inde a formulé en mai 2017 une demande officielle d’informations pour la fourniture de 57 avions de combat pour sa marine.
Une seconde demande en juillet 2018 porte sur 110 appareils destinés à l’Indian Air Force.
Dassault Aviation a répondu dans les deux cas.
 

Un marché à l'international long à décoller pour le Rafale


Le Rafale est utilisé depuis 2004 par l’Armée française.
Mais le marché à l'export a pris du temps à se développer.

Le premier contrat a été signé en 2015 en Egypte puis au Qatar. 
24 appareils de combats ont été commandés par chaque pays.
Doha a levé une option en décembre 2017 pour 12 Rafale supplémentaires, portant à 36 le nombre d’appareils utilisé par son armée.

Quatre usines Dassault Aviation en Nouvelle Aquitaine

Dassault Aviation compte  quatre usines en Nouvelle Aquitaine :

  • à Mérignac (Gironde) où le Rafale et les Falcon sont assemblés,
  • à Martignas-sur-Jalles (Gironde) qui recevra bientôt les activités pyrotechniques actuellement basées à Poitiers et Argenteuil,
  • à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) qui œuvre dans les composites et fabrique les fuselages des appareils,
  • et à Poitiers (Vienne).

LE SITE DE MERIGNAC S'AGRANDIT ET EMBAUCHE

Le site de Mérignac emploie aujourd’hui 1600 personnes.
Il en comptera 1500 supplémentaire avec la construction d’un nouveau bâtiment, d’une superficie de 25 000 m²  mis en service début 2021.
Ce bâtiment accueillera les équipes d’étude, de développement et de soutien après-vente pour les activités civiles et militaires de Mérignac, mais aussi celles de Saint-Cloud (92) qui vont y être transférées. 

A l’occasion du dernier salon de l’aéronautique du Bourget, l’avionneur a annoncé l’embauche d’un millier de personnes en 2019, dont 400 en Nouvelle-Aquitaine.
 

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