Elections municipales 2020 : l’argent, le nerf de la guerre pour les candidats

Tous les candidats pourront-ils à nouveau payer une nouvelle campagne électorale ? / © Alexa_Fotos Pixabay
Tous les candidats pourront-ils à nouveau payer une nouvelle campagne électorale ? / © Alexa_Fotos Pixabay

Un scrutin perturbé par la crise sanitaire…  Des candidats, une nouvelle campagne, un éventuel report, mais alors avec quels moyens financiers ?

Par Franck Omer & CLH

Le second tour des élections municipales aura-t-il lieu le 21 juin prochain ou bien le scrutin sera-t-il renvoyé fin septembre avec la nécessité de refaire les deux tours ? Dans ce cas de figure quel serait l’impact sur le contenu des programmes ? Autre question délicate, comment financer un autre rendez-vous dans les bureaux votes à l’automne prochain ?

Le casse tête financier 

Les frais de campagne engagés avant le premier tour du 15 mars ne sont pour l’instant pas validés, ils ne peuvent donc être remboursés.
Des comptes et des décomptes qui crispent certains candidats.

À Bordeaux, Pierre Hurmic, le candidat écologiste EELV arrivé en deuxième position avec 34,38 % des suffrages, avoue ne pas aimer les chiffres mais garde tout de même un œil sur la comptabilité :

J’ai emprunté à titre personnel 100 000 euros pour cette campagne.
Pierre Hurmic 

" Nous ne serons pas remboursés avant la fin de l’année au plus tôt. Si nous devons refaire deux tours en septembre et octobre, il faudra de nouveau engager des frais. Louer un local de campagne, imprimer des documents par exemple. Cela nécessiterait de négocier une fois encore avec les banquiers. Pour tous, cette pression financière pèse sur les épaules et c’est très clairement un frein pour l’expression plurielle".

L'inquiétude des candidats


Pour Philippe Poutou, candidat de l’extrême gauche à Bordeaux, qualifié pour le second tour avec 11,77 % des suffrages, la question financière est aussi une question démocratique : " Si nous devons refaire le premier tour en septembre, ça ne sera pas la même chanson du côté des comptes de campagne. S’il nous faut emprunter à nouveau, sans avoir été remboursés des frais de février-mars, cela va nous être très difficile, voire impossible de faire face à de nouvelles dépenses. Donc, notre présence pour la suite dépend beaucoup de la clôture ou pas des comptes de mars, la remise à zéro des compteurs, les facilités ou pas mises en place par l’Etat."

Tout cela nous inquiète un peu, mais on verra ce que décidera le gouvernement le 23 mai.
Philippe Poutou


Pour être remboursés, les comptes de campagne doivent être approuvés par  la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Finances Publiques. Un remboursement forfaitaire est alors versé aux candidats qui ont recueilli au moins 5% des suffrages exprimés au premier tour de scrutin.

Bruno Paluteau, candidat du Rassemblement National à Bordeaux, n’a obtenu que 3,26 % des suffrages au premier tour. En dessous donc du seuil fatidique des 5 %.
Une déception pour le candidat, pour son parti et un trou dans son budget : " J’ai engagé personnellement 23 000 euros dans cette élection. Avec moins de 5 % des suffrage,s  je ne peux pas être remboursé, à moins que le gouvernement modifie la loi. Participer à nouveau en septembre semble compliqué. Remettre de l’argent personnel me semble difficile, mais il faut attendre la décision de l’Etat. "

J’ai vécu une journée cauchemardesque le 15 mars. J’ai été victime d’une situation sanitaire et politique.
Bruno Paluteau


Campagne électorale à revoir, comptes à ajuster... Mais à ce jour, rien ne dit que nous ne voterons pas à nouveau à la fin du mois de juin.

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