Gironde : les syndicats des surveillants pénitentiaires de Gradignan attendent la visite d'Eric Dupond-Moretti

Un mois après sa dernière visite, Eric Dupond-Moretti revient à Bordeaux. Cette fois le ministre de la Justice est attendu au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan en Gironde pour signer la charte du surveillant pénitentiaire.

Le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti le 1e mars 21.
Le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti le 1e mars 21. © Bertrand GUAY / AFP

Ce lundi 19 avril, le garde des Sceaux est en début d’après-midi au centre pénitentiaire de Gradignan près de Bordeaux pour signer la charte du surveillant pénitentiaire.

"Pour que les surveillants de prison ne soient plus considérés comme des porte-clefs, Éric Dupond-Moretti a entrepris un travail visant à revaloriser leurs missions" fait savoir le ministère de la Justice dans un communiqué.

"C’est une base de travail, et le début de quelque chose que l’on espère prometteur" estime Hubert Gratraud. Le permanent du syndicat Force ouvrière (FO) Pénitentiaire de Gradignan va cosigner le document.

Il connaît bien son établissement. Il y travaille depuis 19 ans. Pour lui c’est d’abord une question de moyens humains et techniques.

Plus de détenus, moins de personnel 

Ce lundi, le garde des Sceaux doit visiter la SAS, la structure d’aménagement à la sortie. Une enceinte où l’on prépare les détenus en fin de peine à retrouver une vie hors des murs de la prison.

Un lieu primordial pour le syndicaliste mais qui affiche un manque de personnels. Trois agents pour une petite cinquantaine de détenus, dont la grande majorité est sous le régime de la semi-liberté."On travaille toujours en sous-effectif, en mode dégradé. On créée des missions essentielles, mais on est trois, alors que l’on devrait être le double pour travailler correctement". 

Même revendication pour les moyens techniques. Le syndicaliste rappelle que les missions des agents sont aujourd’hui plus larges, mais qu’ils sont confrontés à un manque d’outils. Hubert Gratraud, prend l’exemple du matériel d’alarme qui fait défaut. "Il y a 15 jours, j’avais des agents en détention qui n’avaient pas de moyens d’alerte en cas d’agression".

Redéfinir le rôle des surveillants 

François Forget, est secrétaire général de l'Ufap-Unsa Justice. Avec son syndicat, il plaide depuis des années, pour que sa profession redevienne un acteur "incontournable et déterminant" au sein des prisons."On a toujours été vu comme des porte-clefs, et ça s’est amplifié avec la surpopulation carcérale !"

Pour le syndicaliste, une réorganisation des mouvements au sein des prisons est primordiale. "Aujourd’hui les détenus sont quasiment en libre circulation, c’est insupportable et ingérable !"

Et de prendre l’exemple de la coursive : l’unité de vie au cœur des établissements pénitentiaires. "Tous les services sollicitent la visite du détenu. L’agent passe son temps à cavaler, ouvrir et fermer des portes."

Le syndicaliste veut que ces déplacements soient listés et regroupés avec des créneaux horaires, et donne l’exemple du centre de détention de Varennes-le-Grand (Saône-et-Loire) où ces mesures ont permis, selon lui, de diviser par deux la violence en détention.  

Garantir l'accès à la formation 

Jean-François Forget rappelle que la formation des agents est obligatoire et doit retrouver tout son sens. "On doit avoir au moins une séance de tirs tous les ans, et certains surveillants ne l’ont pas eu depuis des années !"

Pour lui, le surveillant doit pouvoir participer à son évaluation sur son parcours de détention, et porter ses réflexions à sa hiérarchie et au juge d’application des peines.

Jean-François Forget signera lui aussi la charte au nom de son syndicat. Mais il ne se fait guère d’illusion, et veut rester vigilant au moment, où le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti défend son projet de loi visant à "restaurer la confiance" des Français dans la justice. Projet avec lequel le syndicat rappelle ne pas être d’accord.

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