"Je me sens soulagé d'avoir pu me laver de toutes ces accusations" : menacé d'expulsion, l'imam de Pessac s'est défendu au tribunal

Ce vendredi, le tribunal judiciaire de Bordeaux a longuement entendu les arguments de l'imam de Pessac , visé par une demande d'expulsion du territoire. Sur place, une centaine de personnes étaient venues le soutenir.

"Pour une fois, j'ai pu faire entendre ma version des faits." Ce vendredi 31 mai, Abdourahmane Ridouane, imam de la mosquée de Pessac s'est exprimé longuement devant les trois magistrats de la commission d'expulsion du tribunal judiciaire de Bordeaux. Celle-ci doit rendre un avis au sujet de la demande d'expulsion de l'imam de Pessac, formulée par la préfecture de la Gironde. Abdourahmane Ridouane, âgé de 58 ans et de nationalité nigérienne, est présent en France depuis trente-quatre ans. La commission devrait rendre son avis, purement consultatif, dans les prochains jours. 

Des propos diffusés sur les réseaux sociaux

Le religieux était sous le coup d'une menace d'expulsion pour des propos tenus sur les réseaux sociaux notamment. Les autorités lui reprochent, entre autres, de présenter le Hamas comme un “mouvement de résistance”, une organisation pourtant considéré comme “ terroriste” par l’Union européenne. 

Pour cette audience programmée à 14 heures au tribunal judiciaire de Bordeaux, l'imam avait appelé ses soutiens à se rassembler devant l'enceinte du palais de justice. Un appel entendu et relayé. Ces derniers, présents par dizaines, peinaient à tenir dans l'enceinte du tribunal. "Si on est ici, c'est par générosité et empathie envers notre frère qui est engagé sur la région depuis des décennies, qui se bat pour la paix et l'égalité, réagissait l'un d'eux. Son expulsion, elle nous touche, pour nous, c'est une vraie menace."

Pendant deux heures trente, Abdourahmane Ridouane s'est justifié sur plusieurs de ses publications postées sur son compte personnel, ou celui de son association. Et a fait part de sa "joie" de pouvoir s'exprimer, alors que, selon lui, la préfecture n'a jamais organisé de rencontre pour échanger sur le sujet. "Je me sens vraiment soulagé d'avoir pu me présenter et me laver de toute cette souillure d'accusations. J'ai l'impression de m'être réhabilité", confiait-il à la sortie de la commission. 

Des accusations "gratuites"

Pour son avocat me Guez Guez, les accusations à l'encontre Abdourahmane Ridouane sont "gratuites et ne tiendront pas". "On espère que la commission rendra un avis défavorable quant à l'expulsion, mais on sait que ce n'est que préalable et que la préfecture peut passer outre. Nous contesterons cette décision auprès du tribunal administratif", affirme-t-il.

Le religieux a longuement été acclamé à sa sortie de la commission. "Tous ces gens présents là apportent le démenti le plus éclatant. Il n'y a pas de violence, pas de haine, pas d'atteinte à la république", a-t-il insisté. Depuis le 22 mai, l'imam Abdourahmane Ridouane est également assigné à résidence. Il lui est interdit de se déplacer en dehors de la commune de Pessac. Ce vendredi 31 mai, le tribunal administratif avait rejeté la demande de suspension de cette assignation à résidence. 

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