#LaPrécaritéTue : les étudiants se mobilisent aussi à Bordeaux

Manifestation étudiante devant le Crous ce 12 novembre à Lyon. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP
Manifestation étudiante devant le Crous ce 12 novembre à Lyon. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP

Après l'immolation d'un étudiant de l'Université de Lyon vendredi dernier, des rassemblements de soutien sont organisés dans toute la France ce mardi 12 novembre. À Bordeaux, la manifestation se tiendra devant le Crous à 18 heures. 

Par AR

Alors que le jeune homme qui s'est immolé devant le Crous de Lyon vendredi 8 novembre est toujours dans un état critique, de nombreux rassemblements sont organisés ce mardi dans toute la France pour dénoncer la précarité étudiante.

À Bordeaux, la manifestation se tiendra à partir de 18 heures devant le Crous, à l'appel des syndicats UNEF, FSE et Solidaire Etudiant.es. 
 

"L'appel à manifester devant le Crous est symbolique car l'étudiant qui s'est immolé à Lyon avait demandé de l'aide au Crous", explique Tiphany Vieillefond, étudiante en psychologie à Bordeaux et membre du syndicat FSE. Pour Orfelle Braise, étudiante et membre de Solidaires étudiant-e-s, ce drame est le témoignage d'une situation critique :

La précarité étudiante concerne de plus en plus de gens, on en est à un point où ça tue, où des jeunes sont obligés d'arrêter leurs études.

 

 Difficultés de logement

Avec le mot d'ordre et hashtag #LaPrécaritéTue, les étudiants veulent alerter sur une dégradation de leurs conditions de vie ces dernières années. "Même avec une bourse de 500 euros, à l'échelon le plus haut, c'est très difficile de se loger à Bordeaux", souligne Tiphany. "Quand on arrive au point où il faut choisir entre se chauffer et manger, c'est grave", s'indigne Orfelle.

Selon une étude publiée par l'UNEF en août dernier, les prix des loyers sont en augmentation de 11% pour les étudiants bordelais lors de la dernière rentrée universitaire. 
 

"Le prix d'un repas au Crous a aussi augmenté, tout coûte de plus en plus cher" relève Tiphany, qui estime que la situation se dégrade.

Selon l'étude de l'UNEF publiée en août, le prix d'un repas à la cafétéria étudiante est passé de 2,24 euros à 3,05 euros en moyenne entre 2018 et 2019, ce qui représente une augmentation de 36%. 

Enfin, la santé reste encore très difficile d'accès pour les étudiants. Orfelle Braise présente des chiffres alarmants : selon elle, 43% des étudiants déclarent renoncer aux soins et plus de la moitié d'entre eux explique que c'est à cause de leur coût. Quant aux espaces de santé qui leur sont dédiés, le constat n'est pas reluisant :

Il ne sont pas très performants, et souvent le suivi n'est pas régulier. Pour des soins psychologiques, par exemple, c'est très handicapant. 


Plus de budget pour moins de précarité

Quelles solutions pourraient aider les étudiants à se sortir de cette précarité ? Les idées ne manquent pas : il faudrait augmenter le montant des bourses attribuées aux étudiants, arrêter de réduire le budget alloué à l'Enseignement supérieur, mais aussi proposer une gratuité des repas. "Tous les points sont à améliorer : la précarité n'a cessé d'augmenter depuis plusieurs années.",  explique Orfelle. Et lorsqu'on lui demande comment nous en sommes arrivés là, le constat est limpide :

C'est principalement à cause des politiques gouvernementales successives, souvent très libérales. Finalement, on a restreint l'accès à l'éducation aux populations les plus riches.


Sur les 56 000 étudiants de l'Université de Bordeaux, environ un quart d'entre-eux sont boursiers. 
 
La galère des étudiants bordelais victimes de la précarité
Interviewés : Marc Carrey, enseignant à l'IUT Génie Civil de Bordeaux / Fanny Camps, vice-présidente étudiante à l'Université de Bordeaux / Olivier Ballesta, vice-président chargé de la vie universitaire à l'université Bordeaux Montaigne - G.Decaix/P.Turpaud/O.Pallas


 

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