Manque de neige, température records, les ours n'hivernent plus, symbole du réchauffement climatique

Sorita, l'ourse des Pyrénées-Atlantiques, et ses oursons devraient être en train d'hiverner. Pourtant, de nombreuses traces de leurs passages en Vallée d'Ossau prouvent qu'ils ne "dorment" pas. La chaleur et le manque de neige repoussent l'épisode de ralentissement hivernal.

Tout comme les randonneurs en mal de ski sur les hauteurs béarnaises, faute de neige, chacun vaque à ses activités habituelles. Il en est de même pour les ours. "Des indices de leur présence dont été trouvés dans les vallées béarnaises, Ossau et Aspe", explique Gérard Caussimont, naturaliste spécialiste de l'ours brun des Pyrénées au FIEP (Fonds d'intervention éco-pastoral), "que ce soit en décembre ou en janvier". 

Pas de neige

Déjà, le réseau Ours Brun avait recensé, entre septembre et novembre 2023 sur cinq départements des Pyrénées françaises, 318 indices et 85 séries de photos et vidéos. Grâce aux analyses génétiques des échantillons collectés, 48 individus différents ont été identifiés, dont Sorita et deux oursons. 

Cette mobilité des plantigrades à l'automne semble donc s'être prolongée en décembre et janvier. Elle "s'explique par le fait qu'il n'y a pas de neige". Sans elle, les ours peuvent accéder à la nourriture de l'automne, "les faines, le fruit du hêtre et les glands, le fruit du chêne. Ces fruits secs, les ours les consomment en quantité à l'automne de façon à accumuler de la graisse en prévision du sommeil hivernal", précise Gérard Caussimont.

"Plus ils vont grossir, plus ils auront de graisse"

Si la marmotte hiberne six mois de l'année quel que soit le temps, l'ours, lui hiverne. "Le sommeil hivernal pour les ours, c'est un réflexe de survie par rapport à un manque de nourriture. Ils s'en vont dormir uniquement parce qu'ils ne peuvent pas accéder à la nourriture à cause de la neige et du froid", argumente Gérard Caussimont.

Nous sommes début février et il n'y a pas encore eu cette couverture de neige. Ils en profitent pour continuer à se nourrir.

Gérard Caussimont,

naturaliste spécialiste de l'ours brun des Pyrénées au FIEP

Cette année, le naturaliste en convient, "les conditions sont exceptionnelles". Des circonstances qui ne seraient pas défavorables aux plantigrades, bien au contraire. Surtout pour les oursons de Sorita qui ont un an. "Plus ils vont grossir, plus ils auront de graisse. Ils seront en bonne santé lorsque leur mère va les rendre indépendants fin avril ou mai prochain et pourront survivre. Donc finalement ces conditions climatiques rendent service à cette portée d'oursons !"

Le dérèglement climatique est suivi depuis dix ans par les spécialistes. "On commence à avoir du recul, en particulier avec les ours des monts cantabriques. On voit qu'il commence à y avoir beaucoup d'ours qui ne dorment pas l'hiver, notamment des femelles avec des jeunes", analyse Gérard Caussimont. Pour autant, les observateurs de l'ours assurent que cet adoucissement climatique n'aurait changé de manière significative "ni leur comportement ni leur biologie. Ils s'adaptent".

Sorita, "la petite sœur", est arrivée en 2018

C'était il y a cinq ans déjà. On se souvient de son arrivée en hélicoptère. Une fois la cage stabilisée et la porte ouverte, c'est à grandes enjambées qu'elle avait investi les pentes verdoyantes des Pyrénées-Atlantiques, le 5 octobre 2018.

Le nom de cette ourse, "Sorita", signifie petite sœur en Béarnais. Tout un symbole pour la famille des ours des Pyrénées qui avait besoin d'une nouvelle descendance. Déjà pleine à son arrivée en 2018, sa première portée ne survit pas à l'attaque d'un mâle jaloux en 2019. Depuis, elle a donné naissance à plusieurs oursons. Sa dernière portée date du printemps dernier, les oursons visibles sur les vidéos. 

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