Octobre Rose : “il y a une vie après le cancer du sein”

Malika Kacel, 39 ans, a vaincu un cancer du sein. / © América Lopez / France 3 Aquitaine
Malika Kacel, 39 ans, a vaincu un cancer du sein. / © América Lopez / France 3 Aquitaine

Malika Kacel, 39 ans, a vaincu un cancer du sein survenu il y a quatre ans quand elle est tombée enceinte de son troisième enfant. Aujourd'hui, elle veut passer un message aux femmes jeunes : " Il faut se battre, croire à la vie et surtout pratiquer l'auto-palpation tous les mois".

Par America Lopez

Malika Kacel a 35 ans lorsqu'elle se découvre une boule dans le sein droit en se palpant un matin. Dans le doute, elle passe une mammographie et fait une analyse de sang qui révèlent la présence d'une tumeur cancéreuse. Le même jour, elle apprend qu'elle est enceinte de son troisième enfant...

Le choix d'une mastectomie


Quand le diagnostic tombe, Malika Kacel, infirmière de profession, a déjà traversé de dures épreuves par le passé. "Ma mère est morte deux mois après la naissance de mon petit frère à cause d'une erreur médicale, j'avais alors 12 ans. Et puis j'ai perdu ma grande soeur qui est décédée d'un cancer du sein à l'âge de 34 ans. Il n'était pas question de parler fatalité et de se laisser aller", confie la jeune maman.

Je me suis battue pour ma soeur ainée, décédée d'un cancer du sein à 34 ans.
Malika Kacel.

Malika Kacel a mené sa grossesse à terme, mettant de côté sa maladie pour "ne pas impacter son bébé", et elle a donné naissance à une petite fille. Deux mois après, elle a fait le choix d'opter pour une mastectomie c'est-à-dire l'ablation totale de son sein droit. Elle a refusé la radiothérapie préconisée par les médecins, "c'est mon choix très personnel et je l'assume".

Malika a passé des tests génétiques qui ont révélé un risque de développer un cancer de l'utérus. La jeune femme devra donc subir une nouvelle opération par prévention. 
 

 

"Le sport est un exutoire et me donne de l'énergie"

Malika Kacel travaille au service des urgences à la polyclinique de Bordeaux-Nord à Bordeaux. Elle a été opérée par le docteur Amélie Gesson-Paute, une chirurgienne spécialisée dans le cancer du sein et très impliquée dans la prévention avec l'association Keep A Breast  qui conseille aux jeunes femmes l'auto-palpation.

De collègues, Malika et Amélie sont devenues amies et coéquipières pour des raids sportifs féminins et solidaires pour le cancer du sein. Elles ont participé au Finland Trophy en janvier 2018, plus de 50 km de course, vélo et raquettes en équipe par moins 20 degrès :

Avant ce raid je ne pensais pas que j'était capable de tenir. Courir à deux, se soutenir et s'entraider m'a donné une force et une énergie incroyable. Je remercie Amélie de m'avoir proposée cette aventure sportive et humaine. Je suis allée au bout pour ma mère, ma soeur et  toutes celles qui se battent contre un cancer du sein.
Malika Kacel.

 
Le Finland Trophy en janvier 2018, par équipes de deux, les participantes parcourent plus de 50 km dans la neige et le froid. / © Finland Trophy
Le Finland Trophy en janvier 2018, par équipes de deux, les participantes parcourent plus de 50 km dans la neige et le froid. / © Finland Trophy
 
Le docteur Amélie Gesson-Paute et sa patiente Malika Kacel lors du Finland Trophy, un raid 100 % féminin et solidaire pour la prévention du cancer du sein. / © Finland Trophy
Le docteur Amélie Gesson-Paute et sa patiente Malika Kacel lors du Finland Trophy, un raid 100 % féminin et solidaire pour la prévention du cancer du sein. / © Finland Trophy
 
Malika Kacel (à gauche) et le docteur Amélie Gesson-Paute (à droite) lors d'une épreuve du Finland Trophy en janvier 2018. / © Philippe's photos
Malika Kacel (à gauche) et le docteur Amélie Gesson-Paute (à droite) lors d'une épreuve du Finland Trophy en janvier 2018. / © Philippe's photos


Depuis, la jeune femme a pris goût aux raids multisports, féminins et engagés qu'organise l'association Défid'Elles notamment sur le bassin d'Arcachon et récemment sur l'île d'Oléron. "Je ne peux plus m'en passer, l'ambiance est vraiment super."

Courir pour la bonne cause c'est très important pour moi, j'ai la chance d'être en forme alors je cours pour toutes celles qui ne peuvent pas le faire. Ne jamais se laisser abattre.
Malika Kacel.

"Auto-palpez-vous les seins tous les mois, mesdames !"


Malika Kacel est le genre de personne que l'on aimerait avoir comme meilleure amie. Avec une forte personnalité bienveillante, elle vous transmet son incroyable énergie et son beau sourire. Un exemple. C'est important pour elle de faire passer un message d'espoir car de plus en plus de jeunes femmes développent un cancer du sein. 

Il faut se battre, toujours y croire. Moi, j'ai eu un cancer à 35 ans, je suis là toujours vivante et je viens de terminer la reconstruction de mon sein. Je suis en forme.
Malika Kacel.

 
Le docteur Amélie Gesson-Paute et Malika Kacel dans une salle d'opération à la polyclinique de Bordeaux-Nord, faisant le geste qui sauve : trois doigts sur la poitrine pour promouvoir l'auto-palpation. / © Philippe's photos
Le docteur Amélie Gesson-Paute et Malika Kacel dans une salle d'opération à la polyclinique de Bordeaux-Nord, faisant le geste qui sauve : trois doigts sur la poitrine pour promouvoir l'auto-palpation. / © Philippe's photos

 

Son message ? Toucher vous les seins et pas que durant Octobre Rose, il faut le faire "Tous les mois, dans les 10 jours après la fin des règles". 

C'est trés important de bien connaître sa poitrine car la prévention vous sauvera la vie ! Un cancer du sein diagnostiqué précocément a une meilleure chance de guérison.

Malika est membre de l'association Keep A Breast et elle recommande aux femmes de télécharger l'application gratuite de l'association, Check Yourself, qui vous apprend à vous auto-palper et à détecter une anomalie.

Aujourd'hui, 40% des cancers du sein diagnostiqués sont auto-détectés et 1 femme sur 8 risque de développer un cancer du sein dans sa vie.


Profiter de la vie à fond, réaliser ses rêves


Malika a encore de nombreux projets sportifs : " Je souhaite faire un raid pour rendre hommage à mon mari, j'aimerai aussi faire un raid pour chacun de mes trois enfants. C'est important de faire des choses pour soi, d'être un peu égoïste parfois et de réaliser ses rêves".

La vie est courte mais elle est belle alors il faut profiter à fond, à chaque instant, toujours se battre pour ceux que l'on aime !
Malika Kacel.

 
Malika Kacel lors du raid 100 % féminin et solidaire Défid'Elles sur l'île d'Oléron, en Charentes maritimes, en septembre 2019. / © Défid'elles
Malika Kacel lors du raid 100 % féminin et solidaire Défid'Elles sur l'île d'Oléron, en Charentes maritimes, en septembre 2019. / © Défid'elles


La jeune maman s'est battue pour ses enfants et son mari. "Quand j'ai eu mon cancer du sein, je n'ai pas forcément pensé pas à moi, j'ai beaucoup pensé à ma famille et à ceux que j'allais laisser derrière moi si je venais à mourir. Il était hors de question d'abadonner mes enfants et mon mari".

Il faut accepter sa maladie, continuer à travailler, sortir profiter de tous les instants, sourire. Moi, j'ai pas envie de mourir, je suis trop jeune et j'ai bien l'intention d'en profiter encore !
Malika Kacel.

 

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