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Parking des Salinières de Bordeaux : l'exaspération des usagers

De gauche à droite : Thibaut Delarue, Jennifer et Olivier Beau, membres actifs du Collectif sinistrés Salinières / © America Lopez
De gauche à droite : Thibaut Delarue, Jennifer et Olivier Beau, membres actifs du Collectif sinistrés Salinières / © America Lopez

Les riverains et usagers du parking, fédérés en collectif, ont demandé une réunion publique après l'incendie. La métropole (avec Christophe Duprat), la mairie, et le délégataire du parking devraient être présents ce mardi 4 juin pour répondre à leurs interrogations laissées sans réponses.

Par Gaspard Dareths

Plus de deux semaines après l'incendie du Parking, le Collectif sinistrés Salinières réclame des informations. Riverains comme usagers sont toujours sans nouvelles de la part de la mairie, de la métropole comme d'Urbis Park, le gestionnaire. Une réunion se tient ce soir pour faire le point sur la situation.
 
 

Le calvaire des usagers


Pour Olivier Beau, le manque de transparence envenime la situation. D'après lui, une cellule de crise aurait dû être mise en place dès le jour de l'incendie avec des personnes chargées d'informer de la situation et de ses conséquences.

Matériellement, aucune solution ne lui a été proposée.
Les assurances, dans l'impossibilité d'accéder au site, ne peuvent indemniser ceux qui y avaient laissé leur voiture garée. Impossible d'ailleurs de savoir si les voitures ont été brûlées, écrasées, inondées. Aucun véhicule de remplacement ne leur est aujourd'hui proposé.

Si les abonnés continuent d'être débités, il devient compliqué pour eux de se garer. 

Ils ont reçu un ticket pour accéder au parking place de la Bourse mais avec 370 personnes supplémentaires qui affluent dans le parking, celui-ci affiche souvent complet. Olivier Beau déclare, résigné :

C'est chacun pour soi. Si on veut trouver une place libre, on n'a pas intérêt à rentrer du travail après 17 heures...

Pour lui, les abonnés ont été délaissés. Aucune place ne leur a été réservée aux parkings place de la Bourse ou André Menié. La pilule passe d'autant difficilement que les utilisateurs continuent d'être prélevés. Sur Facebook, les témoignages comme celui de Laurent se multiplient :

J'ai été très en colère surtout qu'il n y avait aucun mot d'excuses ou quoi que se soit

 

L'entrée au parking est toujours bloquée / © America Lopez
L'entrée au parking est toujours bloquée / © America Lopez

 


"On aurait pu l'écrire"


La situation leur paraît ubuesque. La commission sécurité de la mairie a validé la conformité du parking aux normes incendies la veille de celui-ci, alors même que plusieurs départs de feu avaient été signalés ces dernières années.
Olivier Beau, membre du collectif et instigateur d'une pétition pour demander davantage d'informations, rit jaune :

Même dans une série B, on ne voit pas ça....

Le collectif se plaint également de problèmes de sécurité permanents. Des usagers, comme Jennifer ou Jasmine, s'interrogent sur la quinzaine d'extinctincteurs regroupés, d'après eux, dans un bureau depuis de nombreuses semaines. Ce problème s'ajoute au fait que, selon eux, des voitures se garaient le long des vitres et des personnes habitaient le parking. Le drame leur semblait inévitable. Olivier Beau, s'étonne presque :

Cet incendie, on aurait pu l'écrire tant il paraissait prévisible

Contacté par nos soins, Urbis Park n'a pas souhaité répondre à nos questions. 
 

Une situation qui pèse sur les commerçants


La situation est aussi tendue pour les commerçants. Outre la baisse d'affluence pour les enseignes de la Porte de Bourgogne qui perd un de ses tramways, des entrepreneurs avaient aussi laissé leur voiture dans le parking.
 
Alban Curnillon, fondateur de l’entreprise Carrelets du patrimoine, organise une cagnotte pour racheter son matériel perdu dans l'incendie.
Alban Curnillon, fondateur de l’entreprise Carrelets du patrimoine, organise une cagnotte pour racheter son matériel perdu dans l'incendie.


Une cagnotte Leetchi a par exemple été organisée pour Alban Curnillon, fondateur de l’entreprise Carrelets du patrimoine. Son véhicule de travail a vraisemblablement brûlé avec l’ensemble de ses outils. Les dommages n'étant pas totalement couverts par l’assurance, celui qui restaure et construit des Carrelets en bord de Garonne fait appel aux donateurs.

Une réunion d'information prévue

 

Une réunion d'information ouverte est prévue ce mardi 4 juin à 18 heures 45 à l'Athénée Municipal.
Le but est de savoir "quand" : quand seront communiquées les conclusions de la police judiciaire ? Quand les enquêteurs des assureurs pourront pénétrer dans les lieux ? Quand les usagers du parking pourront y retourner ?
Christophe Duprat, vice-président de la métropole, délégué aux transports et au stationnement, Jean-Louis Davidadjoint au maire chargé de la vie urbaine et de la proximité, le directeur général d'Urbis Park accompagné de son assureur devraient être présents pour répondre à ces questions.
 

Une seconde réunion pour le collectif


Le collectif prévoit déjà de revenir sur cette réunion en en organisant une autre. L'assemblée prendra forme vers 19 heures sous la Flèche de Saint-Michel. La date n'est pas encore arrêtée mais elle sera annoncée sur le groupe Whatsapp du collectif, sans doute le jeudi 6 ou le vendredi 7 juin.
 

Une question de jours et de semaines


Côté Bordeaux Métropole, on se veut rassurant. On affirme déjà à propos de la circulation des tramways :

On ne parle plus en mois mais en semaines

Réouvrir la ligne C de tramway est aujourd'hui une priorité pour la métropole.

La police n'a pas encore rendu les conclusions de son enquête mais elle est terminée. Les experts des assurances devraient pouvoir accéder aux lieux "dans les jours qui viennent". 

 

 

La suite 


Toutes les voitures devraient être déclarées sinistrées.
Des opérations de pompage devraient commencer le mercredi 5 juin pour les étages -5 et -4, tous deux inondés. Les voitures de ces étages devraient être évacuées dans la foulée. 
L'évacuation des autres étages est prévue pour la semaine du 10 juin. 

Le collectif réfléchit, lui, à se constituer en association pour mieux faire valoir ce "préjudice qui grandit de jour en jour" juridiquement.
 

 

Contacter le Collectif

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