Les taxis ont perdu les deux-tiers de leur clientèle avec la crise sanitaire dans l'agglomération bordelaise

C'est l'un des secteurs d'activité les plus touchés par le ralentissement de l'économie lié à l'épidémie de la Covid-19. Les taxis ne voient plus leur clientèle d'affaire, ni les touristes étrangers qui remplissaient leurs journées. Ceux affiliés à l'aéroport sont particulièrement pénalisés.

"A l'aéroport on attend trois, quatre heures pour faire une course" témoigne l'un des 35 chauffeurs de taxi affiliés à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac
"A l'aéroport on attend trois, quatre heures pour faire une course" témoigne l'un des 35 chauffeurs de taxi affiliés à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac © S.Delalot/F3Aquitaine
"En juin, j'ai fait le calcul, je suis à 65% de perte par rapport au chiffre d'affaire de l'an dernier" se désole Martial Hion, chauffeur de taxi depuis 8 ans à Mérignac.

"Notre base nous les 35 chauffeurs sous licence à Mérignac, c'est l'aéroport. On travaille avec les touristes et les professionnels en déplacement et aussi avec les hôtels et les entreprises alentours" explique -il tout en nous faisant faire le tour du secteur.

Thalès, Dassault, Ariane Group font partie des plus grosses entreprises installées aux alentours de l'aéroport employant chacune plusieurs milliers de salariés.

"D'habitude tous les parkings là c'est plein, c'est rempli" montre t-il alors que défilent sous nos yeux des zones quasi désertes.

Pas de touristes étrangers, pas de clientèle d'affaire


Son quotidien a radicalement changé avec la crise sanitaire et les choses ne semblent pas s'arranger ni avec le déconfinement, ni avec les vacances.

"A l'aéroport on attend 3, 4 heures pour faire une course. On a un peu de touristes français, on fait du Bordeaux et un peu de plage vers le Cap-Ferret ou Lacanau mais c'est quand même assez rare".

Martial Hion a conservé ses quelques habitués, des propriétaires de châteaux ou de maisons sur le Bassin d'Arcachon mais la clientèle d'affaire a quasiment disparu et les touristes étrangers sont absents.

Report des charges à la rentrée


"L'avantage qu'on a en ce moment c'est qu'on n'a pas les crédits professionnels ni les charges mais quand ils vont reprendre en septembre octobre c'est là qu'on va voir l'impact de la crise" redoute ce chauffeur qui devra rembourser son crédit pour sa licence taxi et payer le retard des charges sociales gélées depuis le mois de mars. "Si on n'a pas plus de travail que ça c'est là que la difficulté va arriver".

La suppression de la navette Paris - Orly est une autre source d'inquiétude pour les taxis de Mérignac. Elle représente 20 à 25% de leur clientèle selon Martial Hion qui pointe du doigt une décision illogique.

"La plupart des passagers de la navette se rendent dans les entreprises de Mérignac, à 10 minutes de l'aéroport" affirme t-il, "s'ils viennent en train, il leur faudra 45 minutes à une heure depuis la gare pour venir jusqu'ici".



Dans le reportage qui suit nos reporters Gladys Cuadrat et Sébastien Delalot ont suivi Martial Hion dans son taxi à Mérignac :
 
Les taxis ont perdu 35% de leur clientèle avec la crise sanitaire dans l'agglomération bordelaise



 
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