Torture et séquestration d’un jeune autiste à Bordeaux : de 22 à 27 ans de réclusion criminelle pour les principaux accusés

Les cinq personnes, jugées pour avoir torturé et séquestré Mathieu, un jeune autiste Asperger de 22 ans à Bordeaux, sont toutes déclarées coupables par la cour d’Assises de la Gironde.

La cour d'Assises de la Gironde a rendu son verdict, vendredi 10 février, après cinq jours d'audience. Un verdict quasi conforme aux réquisitions.

Les trois principaux accusés sont reconnus coupables de séquestration, extorsion et tentative de viol. Trois crimes aggravés d'actes de tortures et de barbarie.
Samuel Leterrier est condamné à 27 ans de réclusion criminelle avec une peine de sureté de 15 ans, 25 ans pour Mickaël Gaubert et 22 ans pour Vanessa Charrassier, 

Les deux accusés, ayant participé à l'ultime nuit de sévices, écopent de 10 ans de prison pour Lenaïc Jolly et de 18 mois pour Flora Lecourt, déficiente mentale légère. Seule à comparaître libre, elle ne retourne pas en prison après avoir déjà passé 7 mois en détention provisoire.

Ces condamnations sont assorties d'un suivi socio-judiciaire de 5 ans.

Condamnés pour avoir fait vivre un  calvaire à la victime

Les cinq individus étaient âgés d’une vingtaine d’années au moment des faits. Trois hommes et deux femmes aux parcours chaotiques et miséreux. 
Pendant six jours, du 4 au 10 septembre 2020, Mathieu, un jeune homme autiste Asperger, placé sous curatelle renforcée, avait vécu l’enfer.
Coups-de-poing, parpaing en plein thorax, entailles au couteau, brûlures sur le corps et tentative de viol.

Mathieu était ligoté à une chaise dans la salle de bain. Il a reçu des coups de couteau, des coups de spatule et à un moment, je pense, on décide de l'achever.

Maître Marina Rodrigues, avocate de Mathieu

France 3 Aquitaine

"On l'amène sur un chantier et un accusé laisse tomber un parpaing sur son thorax. Cela lui a valu quatre côtes cassées. Et cela aurait pu être plus grave", raconte l'avocate.


L'allégorie des trois petits singes 

Quelques heures avant ce verdit, l'avocat général Jean-Luc Gadaud, avait donné le ton dans son réquisitoire. "Ils se sont comportés comme des barbares dans ces actes commis en meute". Et d'utiliser l’allégorie des trois petits singes pour décrire le comportement des accusés, "les singes de l'indifférence et de la lâcheté, ne pas voir le Mal, ne pas entendre le Mal, ne pas dire le Mal ». 

Vingt-cinq ans avaient été requis à l’encontre de Vanessa, l'amie d’enfance que le jeune autiste a hébergé avec Samuel, son copain de l’époque. "L'égérie du mal" pour le ministère public,  "la mèche qui allume la grenade de la violence ". Devant la cour, la jeune femme, avait reconnu sa participation aux violences commises, en expliquant avoir "préféré ne rien faire pour ne pas retourner à la rue" alors qu’elle était enceinte. Avec Samuel, elle formait " un couple d'asociaux et de pervers aux profils similaires qui s'installent en parasite chez les gens" a martelé Jean-Luc Gadaud.
Trente ans avaient été requis à l’encontre de Samuel, décrit par son avocat comme "impulsif et immature affectivement". À la barre, le jeune homme a assumé avoir ligoté, frappé, lacéré, tiré au fusil airsoft sur la victime. Un déchainement de violence expliqué par l'impayé d'une dette, mais également la découverte d'attouchements sexuels que Mathieu aurait commis, alors qu'il était adolescent, sur un autre enfant. Mobile balayé par l’avocat général qui dans son réquisitoire a souligné "l'attelage toxique du couple, d'un hyper violent et d'une froide manipulatrice".

Vingt-sept ans avaient été requis à l’encontre de Michael, déjà condamné pour corruption de mineur par écrans interposés.
Quinze ans avaient été requis à l’encontre de Lenaïc, victime d’un viol d'enfant qui n’a jamais donné lieu à la moindre réponse judiciaire.
Et cinq ans dont 43 mois avec sursis avaient été requis à l’encontre de Flora, la seule à comparaître libre, déficiente mentale suite à une encéphalite, présentée par le psychologue comme "une fillette dans un corps d’adulte".