Trois peintures du Dacquois Alex Lizal, pionnier du paysage landais, aux enchères à Bordeaux

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Pour sa sixième édition des "Peintures Bordelaises", la maison des enchères Briscadieu propose ce samedi, trois peintures majeures du landais Alex Lizal. Inédites sur le marché de l'Art, elles pourraient susciter l'intérêt du grand public, attiré par les peintures régionalistes. Leur valeur est estimée entre 10 à 40 000 euros.

Quelques tables en amorce, des danseurs tourbillonnant au centre et un chapiteau en fond, "l'Assemblade" est inspirée d'une fête aux environs de Dax. Dans un format panoramique, Alex Lizal saisit la liesse populaire. Musique, vins et danse, il donne à voir les villageois landais lors d'un moment d'allégresse. Dans les années 1900, le peintre maudit veut célébrer la beauté des paysages landais alors que le pouvoir en place, centraliste, tente de gommer les particularismes provinciaux. 

"L'Assemblade" est la peinture sur huile qui a lancé la carrière d'Alex Lizal. Dans la même veine, "le marché des cruches" fige une mère traînant son enfant en sabots, une pega sur le chignon, un panier au bras. A ses pieds, les poteries tronconiques cuites à Cagnotte dans les Landes. "La Grande Lande" campe un berger sur échasses devant quelques pins et un marais qui s'étire derrière lui, icône pastorale des Landes. 

Exposé de son vivant, remarqué par la presse de l'époque, Alex Lizal ne vit pas de son art. Torturé par la misère, l'alcool et la tuberculose, il est financé par la Caisse d'Epargne Aquitaine Poitou-Charentes, propriétaire de ces trois tableaux qui veut aujourd'hui s'en  séparer. La mairie de Dax n'a pas les fonds pour les acquérir, c'est donc aux enchères qu'elles sont proposées.

Et les défenseurs du patrimoine local s'en inquiètent. Ils redoutent que ce témoignage ethnographique des Landes au XIXe et XXe siècle ne partent entre les mains de propriétaires privés. 

Maitre Antoine Briscadieu le reconnaît volontiers, "les peintures régionalistes connaissent un vrai succès" et peuvent intéresser un large public composé de  spécialistes, d'esthètes ou d'amateurs en quête d'un achat à prix abordable. 

Les toiles des grands maîtres sont inaccessibles au grand public. C'est un moyen d'accès à la culture extrêmement intéressant parce que l'on rencontre des toiles inédites et que l'on peut suivre tous les mouvements". 

Les trois tableaux sont vendus pour la première fois sur le marché de l'art. L'Assemblade est estimée à 40 000 euros. Qui sera l'acquéreur de ce Lizal, peintre singulier du Pays landais décrit par Jean Roger Soubiran, professeur honoraire de l'Université de Poitiers aux éditions Passiflore ?  Réponse cet après-midi à l'hôtel de ventes de Bordeaux. 

287 lots sont mis aux enchères pour cette sixième édition des "Peintures Bordelaises". Des œuvres d'artistes qui sont passés par Bordeaux.