Malgré les humiliations et les violences dont il se dit victime, un militaire condamné à deux mois de prison avec sursis pour désertion

Un jeune parachutiste du régiment de Tarbes a été condamné ce vendredi à deux mois de prison avec sursis pour désertion, par le Tribunal militaire de Bordeaux. Douze autres militaires ont écopé des mêmes peines. Seul un prévenu a été relaxé.

Bien sûr, il ya de la déception mais malgré tout, il a fait passer son message sur ces comportements dans l'Armée qu'il dénonce.

La chambre d'affaire militaire du Tribunal de Bordeaux a rendu sa décision à la mi-journée, ce vendredi 22 mars. Treize militaires de la Nouvelle-Aquitaine, dont cet ancien parachutiste du régiment de Tarbes, ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis pour désertion, conformément aux réquisitions du parquet.

C’est décevant. Ce n'est pas à la hauteur du courage de mon client et de la gravité des faits qu’ils dénoncent", a réagi Maître Thibault Laforcade, avocat du parachutiste de Tarbes. "C’est une demi-surprise. On sait que quand on se retrouve devant cette chambre, c’est en général comme ça que ça se termine". Même son de cloche pour le principal intéressé. 

Je m’étais fait à l’idée que j’allais être condamné. Ce qui me fait le plus mal, c’est surtout le fait que malgré tout ce que j’ai pu raconter, les preuves que j’ai pu apporter, il y a eu cette décision.

Ancien parachutiste du régiment de Tarbes condamné

Un militaire relaxé parmi les 14 jugés

Un autre membre du régiment de Tarbes a quant à lui été relaxé. Les juges ont estimé qu’il n'avait pas d’intention de déserter. Ils ont mis en avant l'envoi de deux courriers à sa hiérarchie indiquant sa volonté de quitter l’armée.

Devant une salle d'audience pleine et silencieuse, la gorge nouée et les yeux embués, l'ancien militaire des Hautes-Pyrénées condamné a dénoncé des punitions corporelles, des violences physiques et des comportements déplacés au sein du régiment auquel il a appartenu. Des faits qui l'ont poussé à quitter l'armée début 2023.

Faute disciplinaire

Le président de la chambre a rappelé que la désertion équivaut à une faute disciplinaire, passible de trois ans de prison ferme. De son côté, le procureur de la République a relevé l’absence d’éléments à charge médicaux permettant de prouver les abus dont le parachutiste des Hautes-Pyrénées dit avoir été victime.

Malgré sa condamnation, l'ancien militaire se satisfait d'avoir pu témoigner lors de l'audience. 

J’ai voulu faire passer un message.

Ancien parachutiste du régiment de Tarbes condamné

"J’espère que ça fera bouger les choses plus tard, que les personnes concernées prendront conscience que quelque chose ne va pas et que des décisions seront prises pour faire en sorte que ça n’arrive plus" pousuit-il.

Désormais, l'ancien parachutiste entend tourner la page. Il a repris des études en mécanique, avec la certitude d'obtenir un CDI à l'issue de sa formation. 

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