Violences racistes à Bordeaux : des centaines de personnes réunies contre l'extrême droite, une semaine après les faits

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Écrit par B. Gabel avec A. Hirou

Une semaine après les agressions commises dans le quartier Saint-Michel à Bordeaux (Gironde), des centaines de personnes se sont rassemblées à l’appel de plusieurs associations et collectifs pour dire “non à l’extrême droite et au racisme”.

Ils sont venus nombreux ce vendredi 1er juillet à l’appel de plusieurs associations et collectifs. Des centaines de personnes se sont rassemblées place Meynard pour apporter leur soutien aux personnes victimes des violences racistes survenues dans le quartier Saint-Michel dans la nuit du 24 au 25 juin dernier. Selon plusieurs témoignages, des militants d’un groupe d’extrême droite local s’en sont pris verbalement et physiquement à des passants.

"Notre quartier est cosmopolite et nous en somme fiers !"

“Non à l’extrême droite”, “Touche pas à mon pote”, peut-on lire sur les pancartes. Des jeunes, mais aussi des retraités sont présents. Tous touchés par les événements survenus dans ce quartier populaire. “Le quartier Saint-Michel accueille des immigrés et leurs enfants depuis des générations. Nous y sommes attachés et nous voulons le revendiquer !”, lance Sandrine Malet, trésorière de SOS Racisme Gironde. “Notre quartier, comme la France d’ailleurs, est cosmopolite et nous en sommes fiers !”

Nous demandons à ce que tous les moyens nécessaires soient mis en œuvre pour que les auteurs soient mis hors d’état de nuire et condamnés pour leurs actes.

Sandrine Malet, trésorière de SOS Racisme Gironde

Parmi les témoignages de riverains et des vidéos qui affluent sur les réseaux sociaux depuis les faits, il y a la vidéo de Nikola Dobric. L’étudiant parisien, présent dans le quartier au moment des faits, tenait à être présent au rassemblement. “Il faut porter un message contre la banalisation de l’extrême droite et de ses idées”, martèle le jeune homme. “J’ai le sentiment qu’on est dans une période de reflux des idées réactionnaires. On doit marquer une forme de résilience collective”.

Je ne peux pas m’empêcher de faire le lien entre les événements du quartier Saint-Michel et l’élection de 89 députés RN à l’Assemblée, et le dernier quinquennat qui a banalisé les paniques morales de l’extrême droite, en reprenant des mots-clés comme 'wokisme', 'islamogauchisme'.

Nikola Dobric, étudiant parisien

Une enquête en cours

Selon plusieurs témoignages, le groupe d’individus qui a insulté et agressé des passants dans le quartier seraient des militants d’extrême droite du groupe Bordeaux Nationaliste. Ils se seraient rendus dans ce quartier pour faire une “ratonnade”, une expédition punitive qui cible uniquement des personnes d’origine arabe.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Bordeaux pour coups et blessures volontaires avec arme. La police nationale de Gironde, à qui l’enquête a été confiée, indique que deux plaintes ont été déposées mercredi 29 juin.