Gironde : des pompiers en grève et des gardes de plus de 24h, des secours à bout de souffle

29h, 30h... depuis mardi, les temps de garde s'envolent parmi les pompiers non grévistes ou réquisitionnés. Une des conséquences du mouvement de grève assez suivi par les pompiers professionnels qui ne cessent de tirer la sonnette d'alarme depuis des mois.

Par CB

C'est une grève nationale à l'appel d'un intersyndicale regroupant 5 syndicats.
Une grève qui fait écho en Gironde où la situation est particulière avec une population qui se densifie depuis une dizaine d'année surtout autour de Bordeaux.

La grève ici, semble sans précédent et les pompiers répètent qu'ils ne sont pas entendus. "On assiste vraiment à un refus de dialogue de la part du ministère (de l'intérieur)". Depuis le 26 juin, beaucoup se sont mis en grève, dans un contexte aussi de congés...
Ils ont pourtant été reçus par le président du Conseil Départemental (dont dépend le SDIS) , Jean-Luc Gleyze et lundi par la préfète, Fabienne Buccio.
© SP
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Mais depuis mardi, la situation s'est tendue. Sébastien Dephot, du syndicat autonome, témoigne ce mercredi : "J'ai un collègue qui vient de rentrer chez lui après 29h, un autre que j'attends avait déjà dépassé 24 h..." Un contexte exceptionnel qui devient la norme cette semaine alors que les pompiers sont entré depuis le 26 juin dernier dans une grève illimitée. Car les gardes postées sont de 12 heures, et jusqu'à 24 sur dérogation.

D'habitude, les pompiers font grève 1h ou 3h , symboliquement... de plus en plus, ils font grève sur 12 heures...

Le ras le bol des pompiers va aujourd'hui au-delà du blues. Même les pompiers volontaires font une grève à leur façon en quittant leurs astreintes, c'est à dire en retirant leur disponibilité... Après, du personnel est réquisitionné ou, daprès le témoignage de M. Duphot, on fait durer les missions au delà des heures de garde légales...

Les pompiers parlent même de "mise en danger" avec des effectifs épuisés qui pourraient ne plus être en capacité de porter secours correctement à ceux qui en ont besoin.

Des revendications

Elles sont les mêmes qu'au niveau national. Il faut une remise à plat de la mission des pompiers qui ne doivent pas suppléér les ambulances (ils sont souvent appelés "pour faire le taxi" vers l'hôpital) ou la police (notamment pour récupérer des personnes ivres sur la voie publique).

Quant à leur mission, ils demandent une revalorisation de leur prime de feu, d'"être reconnus comme ayant un métier à risque" " quand les banques et les assurances, elles, nous placent dans cette catégorie"... Et soulignent le manque de moyens et d'effectifs notamment en Gironde où la population a explosée.

En 2008, on était 1800 pompiers pour 80 000 interventions.

En 2018, on est 1850 pour 130 000 interventions...

On les sent aussi en manque de reconnaissance. Comme tous les services de secours, ils ont eu fort à faire pendant les samedi des gilets jaunes notamment à Bordeaux. Ils étaient parfois aux premières loges...

Tous les services de secours ont été remerciés, sauf nous...

Pourtant, comme les autres services de secours, ils font face, eux aussi quotidiennement, à la violence et sont parfois même agressés par ceux à qui ils viennent porter secours.

Appel à la grève vendredi

Les pompiers de Gironde seront en grève vendredi matin et comptent sur une belle démonstration de force.



Nous avions rencontré les pompiers bordelais en février dernier. Ils avaient évoqué l'évolution de leurs missions et l'explosion du nombre des interventions.

Regardez le reportage de Catherine Bouvet et Sylvie Tuscq-Mounet.
Les pompiers d'Ornano

 

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