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Pesticides : des avancées après une réunion sur le projet controversé de collège à Parempuyre en Gironde

Parempuyre. D'un côté les vignes, de l'autre l'emplacement du futur collège / © DR
Parempuyre. D'un côté les vignes, de l'autre l'emplacement du futur collège / © DR

Parents d'élèves et représentants d'associations environnementales ont été reçus ce matin, au Conseil Départemental de Gironde. Depuis plusieurs mois, des habitants de cette commune girondine se mobilisent contre le projet d'implantation d'un collège en face des vignes d'un château du Médoc.

Par Jean-François Géa

Le rendez-vous était fixé à 9 h 30 ce matin. 

Ludovic Coutant, porte-parole des parents d'élèves de Parempuyre est arrivé, accompagné d'un autre habitant de la commune, et entouré de deux représentantes d'associations environnementales.

Sylvie Pérez de "préservons notre paysage urbain" et Sylvie Nony de l'association "Alerte Pesticides Haute Gironde", sont venues apporter leur expertise et ajouter leurs arguments.
La délégation de Parempuyre à son arrivée au Conseil Départemental / © Gladys Cuadrat
La délégation de Parempuyre à son arrivée au Conseil Départemental / © Gladys Cuadrat

La délégation parempuyrienne  a été  reçue par la vice-présidente du Conseil Départemental de la Gironde Christine Bost. 

À l'ordre du jour, le projet d'implantation d'un collège de 1000 élèves sur une parcelle située en face du Château Clément-Pichon à Parempuyre. 
 

Des analyses inquiétantes 

Depuis plusieurs mois, un collectif d'habitants exprime ses plus vives inquiétudes, car l'exploitation viticole utilise des pesticides.

En début d'année, un reportage de France 2 est venu apporter de l'eau au moulin des opposants. 

Les journalistes ont prélevé de la poussière dans deux habitations jouxtant l'emplacement du futur collège. 
Les analyses confiées à un laboratoire indépendant ont révélé la présence de 8 pesticides différents dans les maisons, et jusqu'à 18 substances chimiques différentes dans les garages

L'un des produits détecté l'Endosulfan est un insecticide interdit en France depuis 10 ans.

Les parents d'élèves réclament le transfert du projet sur un terrain éloigné des effluves de produits phytosanitaires.

La maire socialiste de Parempuyre Béatrice de François explique qu'aucun autre terrain  n'est disponible sur sa commune.

Et la vice-président (PS) du conseil départemental Christine Bost rappelle la nécessité de créer un nouvel établissement car le collège actuel de Parempuyre d'une capacité de 800 élèves arrive à saturation
Pour Christine Bost

Le problème ce n'est pas le collège. Le problème, ce sont les produits. On ne peut pas nous empêcher d'accueillir les enfants. Ce qu'il faut, c'est aider les viticulteurs à transformer leur pratique. Et il faut interdire ces produits.


Mais pour l'heure, les traitements phytosanitaires sont toujours autorisés.

La livraison du futur collège est prévue en 2022. Une enveloppe de 20 à 25 millions d'Euros. 

Le concours d'architecte est lancé. Le cahier des charges prévoirait d'orienter le bâtiment, de façon à protéger les élèves des émanations chimiques. 

Mais le député LREM du Médoc Benoît Simian demande lui, l'application du principe de précaution :

On ne badine pas avec la santé des enfants. On ne peut pas déplacer le vignoble, mais il y a des alternatives.


Ancien maire de Ludon-Médoc (jusqu'en 2017), commune voisine de Parempuyre, il connaît bien le dossier et regrette de ne pas avoir été consulté. L'élu dénonce un manque de concertation et rappelle :

Lorsque j'étais maire de Ludon-Médoc, j'avais proposé un terrain adapté pour créer un collège à taille humaine. On peut garder le collège actuel de Parempuyre et en créer un nouveau de 400 à 500 élèves pour accueillir les enfants du Pian-Médoc, de Ludon-Médoc et de Macau.



Les opposants au projet ont lancé une pétition en ligne qui a recueilli pour l'instant plus de 72 000 signatures.

Leurs arguments ont semble-t-il été entendus  par les élus du Conseil Départemental de la Gironde. 
Après quelques heures de réunion aujourd'hui au siège du département, opposants et porteurs du projet se sont quittés sur un compromis, explique Christine Bost : 

 

En attendant que le législateur prenne ses responsabilités et interdise l'usage de ces produits, et accompagne les viticulteurs dans cette transition, nous allons demander, avec les associations, au préfet de prendre un nouvel arrêté qui imposera de nouvelles contraintes aux exploitants viticoles.

En Gironde, un arrêté préfectoral restreint déjà depuis 2016, l'épandage de pesticides aux abords d'établissements scolaires.
Le préfet est donc invité à aller plus loin.
Une nouvelle réunion est prévue avant la fin du mois entre les opposants au projet de collège et les élus du Conseil Départemental.  
 

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