Fusion de la Société Générale et du Crédit du Nord : interrogations sur l'avenir de la banque Tarneaud à Limoges

La Société Générale et le Crédit du Nord vont fusionner. Le projet du groupe bancaire Société Générale a été officialisé ce lundi 7 décembre 2020. Mais dans ce rapprochement, qu'adviendra-t-il de la banque Tarneaud ? Née à Limoges, elle appartient au Crédit du Nord.

 
Le siège social de la banque Tarneaud restera-t-il à Limoges ?
Le siège social de la banque Tarneaud restera-t-il à Limoges ? © Louis Clavaud
Le groupe bancaire Société Générale vient d'annoncer le projet de fusion de ses deux réseaux "Société Générale" et "Crédit du Nord", auquel appartient la banque Tarneaud, dont le siège social est à Limoges. L'objectif : créer une nouvelle banque, forte de 10 millions de clients

Fermetures d'agences

Les deux réseaux représentent 2100 agences, dont 65 de la banque Tarneaud, réparties sur 15 départements du Centre Ouest Atlantique de la France (Vendée, Charente-Maritime, Loire-Atlantique, Morbihan, Creuse, Corrèze, Haute-Vienne...). Le projet passe par la fermeture de 600 agences d'ici 5 ans.

"Le Groupe entend préserver la même empreinte territoriale tout en réduisant le nombre d’agences grâce à la grande proximité géographique des agences des deux enseignes dans une même ville.", explique un communiqué de la Société Générale.

Mais lesquelles ? Cette question n'est pas encore tranchée. 

"Le maillage fait partie des points à éclaircir", précise Franck Torres, délégué syndical SNB (Syndicat National de la Banque et du crédit, affilié à la CFE-CGC) de la Banque Tarneaud.

Comme le veut la loi, un expert indépendant nommé par les IRP, les instances du personnel, apportera un certain nombre de réponses aux questions que se posent les salariés. Il sera choisi avant le 18 décembre, et aura dix semaines pour rendre sa copie. Commenceront alors les négociations. 

L'emploi

Et parmi les questions cruciales, celle de l'emploi. "Aucun licenciement, aucun départ contraint", assure Sébastien Proto, le directeur général adjoint du groupe Société Générale à l'AFP. Il ajoute "Nous avons sur la pérdiode qui s'ouvre d'importants départs naturels, notamment les départs à la retraite avec un rythme d'environ 1500 par an au total dans les deux enseignes."

La CFDT s'en étonne : "la pyramide des âges n'est pas si élevée, explique une de ses représentante à la banque limousine. Et si des services sont délocalisés, il nous faudra bouger, mais tout le monde ne pourra pas demander une mutation, en fonction de la vie de famille... il y aura donc forcément des départs contraints."

La marque et le siège

L'autre interrogation est celle du nom. La banque Tarneaud, créée en 1809 par Jean-Baptiste Tarneaud, est une des plus vieilles de France, derrière la doyenne, la Banque Courtois de Toulouse, née en 1760 et elle aussi filiale du Crédit du Nord.

En 1987, le Crédit du Nord est entré dans le capital de la Banque Tarneaud, et depuis 7 ans, il détient 100% des actions. Sans que jamais la banque limousine ne change de nom.
 

Mais dans l'avenir, quelle sera son identité ?

"C'est un autre point à éclaircir, indique Franck Torres, délégué syndical SNB de la Banque Tarneaud. L'ancrage régional est très important". 

Interrogation aussi sur le siège, depuis toujours basé à Limoges. "S'il y a une délocalisation du siège, c'est 150 salariés qui partiront, s'alarme une représentante de la CFDT. Ce serait un coup très dur porté à l'emploi dans le bassin de Limoges et à l'économie locale". Pour cette raison, le syndicat a interpellé le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine afin d'obtenir une entrevue. 

De son côté, la direction de la banque Tarneaud ne souhaite pas s'exprimer pour le moment. Elle réserve la primeur de ses annonces à ses salariés demain matin, mardi 8 décembre. 
 
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