"Les élèves ne se sentent pas en sécurité aux toilettes": le manque de personnel dénoncé dans ce collège

"Wanted" : assistant(e) d'éducation, agent, AESH, cuisinier : face au manque d'effectifs pour accueillir les 680 élèves du collège Jean Rebier à Isle près de Limoges, les représentants des personnels éducatifs et des parents d'élèves se mobilisent ce mardi 16 janvier.

Les représentants des personnels éducatifs et des parents d'élèves alertent sur la situation au collège Jean Rebier, à Isle depuis 2017 : un manque de personnel pour assurer la scolarité des élèves.

L'établissement accueille aujourd'hui 680 collégiens répartis dans 24 classes, avec plus de 50 élèves supplémentaires en moins de dix ans. "Le taux d'encadrement est le plus faible de l'académie, à 1.06, alors qu'il devrait être au moins à 12. Nous sommes à 29,7 élèves par classe, or certains profils particuliers requièrent plus d'attention et d'énergie ; ce que nous n'avons pas", dénonce Lucile Grès, représentante des personnels éducatifs au sein du Conseil d'administration et représentante SNEP-FSU. 

Au total, treize motions ont été déposées au Conseil d'administration pour alerter sur ce manque d'effectif, "mais peu de choses sont engagées pour améliorer la situation", regrette Florence Reynaud, représentante des personnels éducatifs. 

Les élèves ne se sentent pas en sécurité aux toilettes puisqu'il n'y a pas assez de personnel pour surveiller. Comment prévenir les situations de harcèlement ou aider les plus fragiles dans cette situation ?

Lucile Grès

Plusieurs postes sont en souffrance. D'abord, les assistants d'éducation. Pour l'heure, le collège détient sept équivalents temps pleins d'assistant(e)s d'éducation, "ce qui ne suffit pas pour la vie scolaire. Les besoins en surveillance sont importants vu le nombre d'élèves, notamment en début et fin de journée lorsqu'ils sont transportés par les bus sans avoir cours, ou encore lors du passage au self, des recoins de cour à surveiller, sans parler des toilettes", s'inquiète Lucile Grès.

Selon un sondage, 30% des élèves se retiennent d'aller aux toilettes pendant toute la journée : "ils ne se sentent pas en sécurité puisqu'il n'y a pas assez de personnel pour surveiller. Comment prévenir les situations de harcèlement ou aider les plus fragiles dans cette situation ? De plus, avec le manque d'agents d'entretien, les toilettes ne sont pas autant nettoyées qu'elles devraient l'être". 

C'est l'un des autres postes "en souffrance" : celui des agents. "Le Conseil départemental de la Haute-Vienne (en charge des collèges) avait annoncé la création d'un nouveau poste à la suite de la construction d'un nouveau bâtiment livré en 2021. Mais les barèmes ayant changé entre-temps, cette création a tout simplement été annulée, malgré l'augmentation de la surface de l'établissement et du nombre d'élèves". Alors, pour pallier les absences et les départs, des agents volants sont nommés : "mais cela ne règle pas le problème, car cela ne couvre pas l'entièreté du manque de personnel", selon Florence Reynaud.

Il faut d'abord trouver des personnes compétentes, mais aussi les garder.

Gilles Bégout

Conseiller départemental du canton Limoges-Isle

Selon les représentants du personnel, un cuisinier supplémentaire serait nécessaire pour assurer les 650 repas par jour, ainsi qu'un(e) accompagnant(e) d'élève en situation de handicap. 

Selon Gilles Bégout, conseiller départemental du canton de Limoges-Isle et maire de la commune : "le département fait ce qu'il peut pour pallier ce manque d'effectif. Mais la problématique est la même que dans de nombreux secteurs : le recrutement. Il faut d'abord trouver des personnes compétentes, mais aussi les garder. Je comprends la fatigue du personnel, mais nous avons toujours été ouverts au dialogue". 

Fatigue et exaspération  

Une situation en constante dégradation qui exaspère les représentants du personnel et les parents d'élèves : "il y a une fatigue généralisée, autant au sein de l'équipe avec de nombreux arrêts maladie, mais aussi au sein des élèves, qui ne sont pas encadrés correctement". De plus, "nous avons découvert par voie de presse qu'il y aurait bientôt des travaux dans le bâtiment. Ils prévoient vraisemblablement la suppression du préau... Mais il n'y en a qu'un seul. Les élèves vont se retrouver dehors, sous la pluie, ou encore avec les fortes chaleurs... Sans pouvoir s'en protéger ? Malheureusement, nous n'avons pas été conviés à la réflexion sur le projet et nous regrettons de ne pas être écoutés".

La cheffe d'établissement a été informée de ce projet de travaux, selon Gilles Bégout : "c'est donc à elle de gérer et de communiquer avec son équipe, non pas au département. Le préau ne va pas être supprimé, mais il va être réhabilité dans le cadre de la rénovation énergétique du bâtiment". 

Mobilisation

Ce mardi 16 janvier, les représentants du personnel et les parents d'élèves espèrent donc se faire entendre en se mobilisant. De 13h à 14h, ils couvriront les grilles de l'établissement avec toutes les motions présentées en conseil d'administration, des témoignages d'élèves, ainsi que des affiches "Wanted" comme ci-dessous.  

"La dernière fois que nous nous sommes mobilisés, c'était en 2019, cela concernait les moyens financiers. Et nous avions obtenu gain de cause !", affirme Florence Reynaud. "Nous espérons donc être entendus cette fois aussi". 

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