Limoges : les vélos cargo envahissent la ville

Vous en avez peut-être déjà aperçu, surtout en ville : les vélos cargo. Avec le développement de la pratique du deux roues, ce type d'engin pour transporter ses enfants ou ses courses séduit de plus en plus d'habitants.

7h30, le jour commence à peine à se lever. L’agitation gagne doucement la maison des Trancart. Dans cette famille, papa ne fait pas chauffer la voiture le matin mais plutôt ses mollets. Du garage, il extrait un drôle d’engin : un vélo cargo. A l’arrière, c’est un vélo classique, pédale, roues, rayon. A l’avant, c’est une toute autre histoire. Une grosse caisse repose sur le cadre qui a été spécialement allongé.

Quatre petits schtroumpfs casqués surexcités surgissent de la maison. Bizarrement, la balade fraiche et matinale qui se profile pour aller à l’école a l’air de les mettre en joie.  La caisse comporte quatre sièges avec ceintures. Les plus grands sautent dedans et s’installent.  « Papa il faut desserrer pour moi » réclame l’ainé, saucissonné à l’arrière.

« J’peux pas grimper ». Sur la pointe des pieds, l’avant dernier trépigne avant que sa mère ne le soulève.

Même la petite dernière âgée d’à peine plus d’un an est du voyage. Les petits sont assis par paire face à face. Et c’est parti pour 15 minutes de trajet pour aller à l’école. Pas de bouchons sur la route et des automobilistes plutôt précautionneux qui ne cherchent pas systématiquement à dépasser la petite famille.

A l’arrivée, les enfants aux joues rosies par le froid sont ravis du trajet dans cette cabane à roulettes.

« On n’a pas de problèmes pour se garer, ça va donc plus vite le matin. On l’avait choisi pour une raison écologique au départ et on y trouve vraiment notre compte en terme de praticité et de rapidité » explique Augustin Trancart.

Seule ombre au tableau, les infrastructures de la ville qui n’ont pas pu évoluer aussi vite que la tendance.  Les voies vélo manquent et les places de stationnement dédiées sont fréquemment occupées par des voitures.

Ces véhicules se multiplient pourtant à vitesse grand V. Notamment grâce à l’effet « école ».

« Quand un client achète ça, dans la même école on en vend deux ou trois dans les mois qui suivent » confie Fréréric Larivière, gérant du magasin Cyclable.

« C’est une tendance depuis 3 ou 4 ans dans notre région mais cette année ça s’accélère, on a quasiment triplé les ventes. On est sur une vingtaine d’exemplaires. »

Des engins customisables

En France la hausse est même vertigineuse avec 354% d’augmentation des ventes en 2020.

Ces vélos sont vendus avec châssis nu et plein d’accessoires.  Il existe des versions avec une caisse pour les artisans. Et des versions famille avec un aménagement spécifique pour les enfants. Des options avec un banc ou deux en fonction du nombre d’enfants jusqu’à quatre bambins. On trouve aussi des supports pour les cosys des plus petits. Les bâches évitent de se mouiller l’hiver.

Les vendeurs insistent évidemment sur le côté économique. Au moment de remplacer la seconde voiture d’un foyer, la comparaison mérite d’être faite. Elle l’a été par le site spécialisé dans les cycles Weelz. 4 500 euros à l’achat neuf pour une version haut de gamme électrique équipée. Les primes d’assurance sont bien moins chères (autour de 300 euros par an). Et là où le vélo est imbattable c’est sur le coût du carburant. La recharge de la batterie affiche une addition dérisoire sur un an.

Les règles de conduite sont les mêmes qu’à vélo. Les enfants doivent être casqués et correctement attachés.

Accessible à partir de 2000 euros pour une version non motorisée , 3500 pour une version avec assistance électrique, ces vélos semblent donc avoir de beaux jours devant eux.

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