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Limoges : la société B Cell Design veut trouver un vaccin contre le sida

Photo d'illustration / © FAROOQ NAEEM / AFP
Photo d'illustration / © FAROOQ NAEEM / AFP

Elle travaille à mettre au point un vaccin contre le sida, grâce à un anticorps capable de neutraliser le virus du VIH avant même la contamination : la société B Cell Design, à Limoges, vient de voir ses brevets être reconnus aux Etats-Unis, ce qui va lui permettre de poursuivre ses recherches.
 

Par RD avec Franck Petit

35 ans après la découverte du sida (syndrome d’immunodéficience acquise), des traitements médicamenteux permettent de soulager les malades et de prolonger leur espérance de vie, mais aucun vaccin n’a encore été trouvé. Plusieurs instituts de recherche y travaillent cependant, dont la société B Cell Design, basée à Limoges. Innovante, celle-ci a réussi à isoler un anticorps capable de neutraliser le VIH.

C’est loin de la Haute-Vienne, à Haïti, que l’histoire a commencé, il y a une dizaine d’années. Il est apparu qu’un groupe de prostituées, exposées régulièrement au virus du sida, restaient cependant séronégatives. Ce grâce à un bouclier naturel : un anticorps sur leur muqueuse vaginale, au site même de l’entrée du virus donc, qui s’attaque à ce dernier avant même qu’il ne rentre dans le sang. Cet anticorps a été généré par un micro-organisme de la famille des bactéries.

"Lorsque vous avez des traces de l’infection au niveau sanguin, ça veut dire que le virus est déjà rentré dans l’organisme, et qu’il a commencé à se répandre, explique Armelle Cuvillier, directrice scientifique de B Cell Design. L’idée, c’est de pouvoir mettre au point un vaccin qui va permettre d’induire une classe particulière d’anticorps, qui est présente au niveau de la muqueuse, et qui va neutraliser le virus très tôt dans la contamination, avant qu’il n’entre."
 

Essais cliniques


Pour les malades, la découverte d’un vaccin changerait tout. Car il y a des traitements certes, mais ils sont lourds. Et la trithérapie a parfois des effets secondaires, tels que fatigue, perte des cheveux, insuffisances rénales, problèmes cardiaques, ou encore problèmes digestifs. Sans oublier le fait que le corps peut finir par engendrer des résistances aux médicaments, diminuant par là leur efficacité.

Avant de parvenir à élaborer un vaccin, B Cell Design va devoir procéder à des essais cliniques, sur l’animal puis sur l’homme. Le laboratoire a pour cela besoin d’argent : de 2 à 5 millions d’euros. Heureusement, ses brevets viennent d’être reconnus aux Etats-Unis, ce qui va lui permettre de lever des fonds. Même si passer par l’étranger n’est pas sans inconvénient, comme le souligne Gael Champier, directeur des opérations B Cell Design : "On est obligé de partager la valeur ajoutée avec eux, et de perdre un peu le contrôle sur notre candidat vaccin."
 


En France, aucun laboratoire n’est intéressé ou n’a les moyens de faire les recherches sur ce vaccin potentiel. Les chercheurs limougeauds travaillent cependant en collaboration avec l'université de Strasbourg qui a d'ores et déjà réussi à neutraliser le VIH in vitro.

Récemment, un autre progrès notable dans la lutte contre le sida a été effectué, aux Etats-Unis toujours : des chercheurs sont parvenus à éliminer le virus chez des souris infectées, une première mondiale.
 
Limoges : comment la société B Cell Design veut en finir avec le sida
Avec : Armelle Cuvillier, directrice scientifique de B Cell Design ; Gael Champier, directeur des opérations B Cell Design. Reportage : Franck Petit, Valérie Agut, Thierry Pourcelle et Philippe Ruisseaux.  - France 3 Limousin

 

Protection et détection

Pour se protéger du sida, le port du préservatif, masculin ou féminin, est à ce jour le meilleur moyen. Il existe aussi un médicament, la "Prep" (pour prophylaxie pré-exposition), un traitement préventif aux résultats prometteurs. Cet antiviral très puissant réduit le risque d’être contaminé par le VIH s’il est pris peu de temps avant un rapport sexuel. Mais il coûte cher et ne protège pas contre les autres infections sexuellement transmissibles.

Pour prévenir les risques d’être contaminé, ou de contaminer, il faut connaître son statut sérologique. Le test de dépistage est une simple prise de sang qui ne nécessite pas d'être à jeun. Il peut être totalement remboursé s'il est prescrit par votre médecin. Un auto-test est aussi disponible en pharmacie.
 

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