Premier jour du procès en appel de la mère de la petite Séréna à Limoges

Rosa Maria Da Cruz encourt 20 ans de réclusion criminelle. / © Joris Le Bois
Rosa Maria Da Cruz encourt 20 ans de réclusion criminelle. / © Joris Le Bois

Pendant deux ans, Rosa-Maria Da Cruz a dissimulé sa fille dans le coffre de sa voiture. Le procès en appel, voulu par le parquet, s'ouvre ce lundi à Limoges. En première instance, il y a un an, elle avait écopé d'une peine de cinq ans de prison, dont trois avec sursis. 
 

Par FC avec IR

L’audience a débuté ce lundi 7 octobre à 14h. Une dizaine de journalistes sont présents, moins nombreux que lors du premier procès.
Rosa-Maria Da Cruz entre dans le box des accusés escortée par 3 agents. Elle est incarcérée depuis sa condamnation à 2 ans ferme en novembre 2018 à Tulle.

 

Description des faits


Il y a trois parties civiles dans ce nouveau procès : deux associations, Enfance et partage et Innocence en danger, ainsi que le Conseil Départemental de la Corrèze, sous l’autorité duquel est placée depuis les faits la petite Serena, 8 ans aujourd’hui. 

Lors de la lecture de l’ordonnance de mise en accusation, tous les éléments de l'affaire sont rappelés : des privations et un manque de soins pendant 23 mois, qui ont causé à l’enfant des séquelles et un syndrome autistique irréversibles. Il est question de dénutrition, d’absence de suivi médical, d’absence d’hygiène, et d’isolement.
Pour ces faits, Rosa Maria Da Cruz encourt 20 ans de réclusion criminelle.

La présidente de la Cour d’Assises donne la parole à l’accusée, pour qu’elle revienne sur son parcours.
Avant-dernière d’une fratrie de 5 enfants, elle a arrêté sa scolarité au brevet de 3e. Puis ce sont des petits boulots. Elle prend un appartement à 19 ans.

Rosa Maria Da Cruz s’exprime clairement, d’une voix grave et posée. Elle parle de son travail de récolte de fruits, puis en usine. Elle évoque ses 2 frères qu’elle a hébergés pendant 3 ans, et sa rencontre avec son compagnon Domingo, divorcé avec 2 enfants.

La présidente demande à Rosa Maria Da Cruz :
-C’est un bon compagnon ? 
-C’est un bon père, mais pas un bon compagnon.
-Pourquoi ?
-Il ne m’a jamais soutenue.
-Alors pourquoi vous restez avec lui ?
-Parce que je l’aime.

Rosa Maria Da Cruz évoque le cancer de son compagnon, et la mort de ses parents: "Je venais juste d’être maman".

 

Déni de grossesse


La présidente l’interroge sur ses enfants âgés de 17, 16 et 10 ans :

-Que pouvez-vous dire de vos enfants ?
-Ils sont aimants, ils ont chacun leur caractère, je culpabilise beaucoup pour Alexandre (son deuxième enfant) car j’ai pris beaucoup de risques alors que je ne savais pas que j’étais enceinte.

Si elle a assumé sa première grossesse, elle n’a pas du dout réalisé qu’elle était enceinte de son deuxième garçon.
L’avocate de Rosa Maria Da Cruz lui demande de décrire cet accouchement : "Nous sommes partis au Portugal, j’ai conduit 18h sans m’arrêter, on est sortis avec la famille le lendemain, j’ai accouché le 3e jour".
Rosa Maria Da Cruz explique que c’est sa famille au Portugal qui a pris en charge l’enfant : "Je n’avais pas conscience que c’était un bébé."

Un déni de grossesse total, auquel a succédé un déni de grossesse partiel quelques années plus tard pour sa troisième enfant, une petite fille. Elle réalisera sa grossesse qu'à 6 mois.

Ce deuxième procés va se poursuivre jusqu'au 16 octobre. 

Retour sur cette première journée avec Isabelle Rio :

 

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