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Mort numérique : comment sont gérés nos comptes internet après notre disparition ?

© Alexas_Fotos via Pixabay
© Alexas_Fotos via Pixabay

Si nos vies sont sans cesse bouleversées par les nouvelles technologies et par les réseaux sociaux, notre vision de la mort a également été modifiée avec certaines conséquences. Comme gérer son héritage numérique ? 
 

Par Hélène Abalo

Évidemment, nos ancêtres ne se posaient pas la question mais aujourd'hui, le problème de notre mort numérique se pose. C'est une nouvelle préoccupation, un sujet de société. De notre vivant, il nous arrive de penser à notre disparition certaine, plus particulièrement peut-être début novembre à l'approche de la Toussaint et de la fête des morts. Gérer l'après, c'est gérer un héritage familial, financier, culturel, prévoir nos obsèques, notre enterrement, notre testament… Mais quid de nos dernières volontés numériques ?   

Une loi pour faire respecter ses dernières volontés

En France, la gestion des données post-mortem est prévue dans la loi pour une République numérique promulguée le 7 octobre 2016.
Dans son article 63, cette loi prévoit que "les héritiers peuvent accéder aux traitements de données à caractère personnel qui le concernent afin d'identifier et d'obtenir communication des informations utiles à la liquidation et au partage de la succession. Ils peuvent aussi recevoir communication des biens numériques ou des données s'apparentant à des souvenirs de famille, transmissibles aux héritiers".

Cette loi prévoit également de renforcer le 6° de l'article 32 de la loi à l'informatique, aux fichiers et aux libertés de 1978 en permettant à chacun d'entre nous de "définir des directives relatives au sort de ses données à caractère personnel après sa mort". Petite ombre au tableau, en octobre 2018, le décret d'application sur cette mort numérique n'était toujours pas entré en vigueur.

Alors, en attendant, il faut y aller pas à pas et entamer plusieurs démarches.  

Un légataire pour les réseaux sociaux

Les géants du web ont dû se mettre à la page. Si vous avez un compte Google, LinkedIn, Twitter et/ou Snapchat, vos proches pourront demander la suppression de ce(s) compte(s), à condition, évidemment, d'apporter la preuve de votre mort en fournissant un certificat de décès.
Chez Google, vos proches peuvent demander la fermeture de votre compte, mais vous pouvez également prendre les devants en configurant une période d'inactivité. En clair, vous indiquez à Google le moment à partir duquel votre compte sera considéré comme inactif et décider quoi faire de ce compte passé ce délai.
 
Sur Instagram, vous pouvez de votre vivant désigner une personne de confiance qui pourra soit demander la clôture du compte, soit la transformation de votre profil en compte "de commémoration". Vos photos et vidéos resteront visibles mais commentaires, j'aime, identifications, personne ne pourra plus agir dessus.

Sur Facebook, vous pouvez désigner un légataire qui gérera votre page commémorative et vos amis pourront continuer à poster des messages sur votre mur.

L'exemple de Frédéric Forte 


Disparu le 31 décembre 2017 à Limoges, le président du Limoges CSP Frédéric Forte était très actif sur les réseaux sociaux. Son compte Twitter n'a pas été désactivé  et son profil Facebook a été transformée en page de commémoration.  
 

 
Start-up de la mort

Trop compliqué d'engager toutes ces procédures ? Pas de panique, une entreprise de pompes funèbres française présente sur le net,  propose depuis 2017 de le faire à la place de vos proches. 

Et si on ne veut pas mourir numériquement... L’imagination de certains ne connaît pas de limite et la mort est un marché en expansion. Ainsi, des applications comme Réplika, vous offre la possibilité de conserver une vie virtuelle. De votre vivant, vous répondez à une série de questions et  le robot apprend à vous connaître. A votre mort, vos proches téléchargent l’application et peuvent converser avec votre double, comme si c’était vous.

Plus consensuels, les e-cimetières comme dansnoscoeurs.fr ou toujoursla.com. Sur ces plateformes, il possible de déposer des avis de décès et d'ouvrir des profils d'hommage aux défunts.
 

La vie privée au-delà de la mort

Aucun réseau ne fournira à un tiers vos identifiants ou vos mots de passe même après votre mort. Idem pour vos objets connectés. Ainsi, en mars 2016, en Italie, un père de famille a écrit à Apple pour obtenir le déverrouillage de l’Iphone de son fils décédé pour  récupérer des photos personnelles. Il est très improbable qu’Apple accepte la demande alors que la marque à la pomme a refusée une requête similaire au FBI dans une affaire de terrorisme.
 

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