Témoignage. Émeutes en Nouvelle-Calédonie : "ça allait tellement vite que je n'ai pas eu peur", raconte cet étudiant de Limoges en stage à Nouméa

Publié le Écrit par Frédéric Cano

En stage en Nouvelle-Calédonie, Logan Ferreira, étudiant en informatique à l'IUT de Limoges, a dû quitter son logement du centre-ville de Nouméa pour fuir les violences et les pillages. Il s'est réfugié chez un ami. Nous avons pu le joindre par téléphone.

Logan Ferreira, étudiant à l'IUT de Limoges, ne s'attendait sans doute pas à vivre de tels événements lorsqu'il a pris l'avion à destination de Nouméa, au début du mois d'avril.

Alors que l'archipel est dans "une situation plus calme et apaisée", vendredi, selon le haut-commissaire de la République, Louis le Franc, à l'exception de quartiers hors de contrôle que l'État va tenter de "reprendre", après quatre nuits de violente contestation contre une réforme électorale votée à Paris. Le jeune homme nous raconte comment il a vécu ses derniers jours. 

Rédaction web de France 3 Limousin : Vous avez quitté le centre-ville. Où vous trouvez-vous ? Et que voyez-vous ? 

Logan Ferreira : Je me trouve à Koutio, à une quinzaine de minutes du centre-ville de Nouméa. D'ici, on peut voir des bâtiments brûler, des coups de feu et des explosions et surtout beaucoup de fumée. Toutes les routes sont bloquées par des barrages. Même si on veut sortir, on est vite coincé. On essaie au maximum de limiter nos sorties, pour notre sécurité, on ne va pas bien loin.

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Les bâtiments en feu dans le centre ville de Nouméa ©Logan Ferreira

Vous êtes parti en Nouvelle-Calédonie pour un stage ?

Oui ! Ça fait six semaines que je suis arrivé et que je suis en stage comme informaticien dans une petite structure spécialisée dans la rééducation, à proximité de l’hôpital. Sur place, c'est très critique, car tous les accès sont bloqués par des barrages. Le personnel est ravitaillé par voie maritime. Ils sont enfermés depuis lundi et ils commencent à être très fatigués. La situation est grave et je m'inquiète pour ma sœur qui travaille sur place. Ils font preuve de beaucoup de courage et de cran pour tenir la cadence, je les admire beaucoup pour ça.

Qu'avez-vous fait quand les émeutes ont commencé ?

Vu que ma sœur est bloquée à l'hôpital où elle travaille, j'ai préféré quitter le centre-ville pour venir chez un ami, un peu à l'écart. C'était trop dangereux de rester tout seul dans l'appartement. Franchement ça allait tellement vite que je n'ai pas eu peur, mais plus le temps passe, plus on voit que la situation ne s'améliore pas, plus on a peur pour nous et pour nos proches. Je pense à ma sœur qui travaille à l'hôpital et c'est compliqué de la savoir là-bas dans la panade.

Pensez-vous rentrer à Limoges ?

Pour l'instant les aéroports sont complètement bloqués donc pas moyen de pouvoir repartir. Après, je compte aller au bout de mon stage et si je peux aider sur place, je ne rentrerai qu'à la fin de ma période de stage.

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Comment se passe l'approvisionnement sur place ? 

Pour l'instant ici, on est sur nos réserves de nourriture et on préfère laisser le peu de vivre qu'il y a encore aux gens qui sont vraiment dans la difficulté.

Pour l'instant ça reste compliqué, car beaucoup de magasins sont pillés et on ne peut pas s'approvisionner normalement. Il y a certains magasins qui essaient d'ouvrir quelques heures par jour pour que les gens puissent acheter des vivres.

Êtes-vous en contact avec vos professeurs et l'IUT de Limoges ?

Je reçois énormément de soutien avec beaucoup de messages et ça fait vraiment chaud au cœur de voir qu'à Limoges et au sein de l'IUT, les gens s'intéressent à ce qu'il se passe ici et à ma situation et je les remercie pour ça.

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