"Une classe en moins, c'est la mort du village" : mobilisation contre la carte scolaire à Saint-Sulpice-les-Feuilles

Parents d'élèves, élus et commerçants se sont mobilisés ce vendredi 26 janvier pour exprimer leur colère face à la possible fermeture d'une classe à la rentrée prochaine dans l'école de Saint-Sulpice-les-Feuilles, en Haute-Vienne. Ils ont organisé une opération "village mort".

Ils s'étaient donné rendez-vous à 16h devant l'école de Saint-Sulpice-les-Feuilles, une demie heure avant la fin des cours. Une bonne centaine de personnes est venue exprimer son mécontentement face au projet de carte scolaire de l'Inspection académique de Haute-Vienne, qui envisage la fermeture d'une classe sur les six de l'école, à la rentrée prochaine.

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Parents d'élèves, élus et commerçants ont organisé ce vendredi 26 janvier une opération "village mort" pour protester contre la fermeture envisagée d'une classe à la rentrée prochaine. ©Emmanuel Denanot et Samuel Chassaigne

Les parents d'élèves ont prévu la scénographie : corbillard avec cercueil et couronne de fleurs. 

La mort d'un village, et de tout un territoire. Les élus de plusieurs communes se sont également mobilisés : le maire de Saint-Sulpice-les-Feuilles, bien sûr, mais aussi de nombreux élus des communes alentours, Cromac, Les Grands-Chézeaux, Mailhac-sur-Benaize et Saint-Georges-les-Landes, notamment.

Ironie de l’histoire, cette fermeture envisagée vient se télescoper avec la sélection de la commune pour l’obtention du label « Village d’avenir ».

Alain Jouanny, le maire de Saint-Sulpice-les-Feuilles, comprend d'autant moins cette décision que, selon lui, les effectifs de l'école seront en hausse l'année prochaine : "Normalement, on sera à 129 élèves, alors qu'aujourd'hui on en a 128. Ils n'ont pas pris en compte les toutes dernières familles qui doivent arriver, on l'a appris ce matin. Ce qui nous énerve, c'est que l'éducation, c'est un budget, alors que pour nous, c'est apporter un savoir à nos enfants."

En 3 ans, la municipalité a investi près de 300 000 euros pour rénover son école.

Les commerces solidaires

Les commerçants de ce bourg de 1 200 habitants ont tenu à apporter leur soutien, en baissant le rideau à partir de 16h.

"On va éteindre les lumières pendant qu'ils passent, pour montrer qu'une classe en moins, c'est un village mort", annonçait la boulangère, Isabelle Menu, en début d'après-midi. Et son mari de renchérir : "Le matin, on a plein de jeunes qui viennent acheter un croissant, des bonbons pour les copains. Fermer une classe, ça peut vite impacter tous les commerces. Ça participe à faire mourir une commune, à ne pas faire vivre un centre-bourg."

Le cortège, muni de pancartes, a défilé dans le village en fin d'après-midi.