Inondations : chaîne de solidarité notamment à Larrau, village coupé du monde

Publié le Mis à jour le
Écrit par C.O avec Sabrina Corrieri et Margaux Dubieihl

Dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, la décrue est largement amorcée et les sinistrés se retrouvent face aux dégâts. Le village de Larrau, en Soule, est toujours inaccessible depuis vendredi. Et dans d'autres communes, on tente de sensibiliser les primo arrivants.

Les Landes et les Pyrénées-Atlantiques sont toujours ce dimanche en alerte orange. La décrue est largement amorcée.

Selon Vigiecrues, la vigilance orange est passée au jaune pour les tronçons Adour Amont-Echez et Bec des gaves. Elle a été totalement levée pour les tronçons Gave de Pau Béarnais, Saison, Gave d'Oloron, Confluence Adour-Nive et Nivelle. Seul l'Adour des barthes reste en vigilance orange.

Les pompiers sont à pied d’œuvre dans bon nombre de communes pour aider les habitants à organiser le ravitaillement de la population et l’assèchement des maisons et commerces. Le village de Larrau est quant à lui toujours coupé du monde. Là aussi la solidarité joue à plein.

Chaînes de solidarité

Après deux jours marqués par les coulées de boues, glissements de terrain, et torrents d’eau, l’heure est clairement au nettoyage un peu partout. A Laruns, Bayonne, ou encore Peyrehorade, on racle, et on assèche caves et rez-de-chaussée comme on peut. Des chaînes de solidarité s’organisent entre voisins.

Une cinquantaine de pompier est toujours sur le terrain dans les Landes, essentiellement à Peyrehorade. "On est dans la partie délicate maintenant. On espère qu'il n'y aura pas trop de dégâts. Il faut aller vite pour que les gens puissent passer Noël chez eux", confiait à l'AFP son maire Didier Sakellarides.

A Bayonne, les quais sont à nouveau au sec et certaines festivités liées aux fêtes de Noël ont même pu avoir lieu. Mais dans ce département, 17 routes départementales sont toujours coupées.

Larrau toujours coupé du monde

Le maire de la commune l’avoue, il se sent un peu seul depuis 48h. Il n’a reçu aucun signe de vie de l’extérieur. Selon lui, ni l’Agglo ni le Conseil départemental ne se sont manifestés malgré le plan communal de sauvegarde qu’il a déclenché dès vendredi.

Seuls Jean-Pierre Mirande et Frédérique Espagnac se sont finalement déplacés ce dimanche matin pour constater les dégâts sur les départementales.

Deux routes mènent au village. L’une est totalement bloquée et sur l’autre ne peuvent circuler que les 4X4. Notre équipe a néanmoins pu se rendre dans ce village de 200 habitants.

Sur place, aucun blessé ne serait à déplorer. Et l’électricité fonctionne. Mais dans le petit village tous les téléphones ne passent pas. La commune est très étalée et certaines zones sont isolées. Mais la solidarité s’organise pour ravitailler les habitants et les aider à assécher leurs maisons.

La Réole fait de la pédagogie auprès des primo arrivants

A La Réole aussi, la Garonne a débordé mais dans une bien moindre mesure puisqu’elle n’a pas dépassé les 7m. Pour autant les autorités communales ont décidé de profiter de cet épisode climatique pour faire de la sensibilisation auprès de la population et particulièrement des primo arrivants.

Dalida Fédala s’est installée sur la commune le 1er décembre. Venue de Paris, elle n’avait pas conscience que sa maison, située en bordure de Garonne pouvait être menacée à ce point. L’autre jour lorsqu’elle a entendu « le signal », elle a paniqué. « J’ai eu peur, je ne savais pas ce qu’il fallait faire », dit-elle.

Ce dimanche matin Mario Covolan est venu lui rendre visite. Le conseiller municipal délégué fait la tournée des habitations occupées par des primo arrivants comme Dalida.

 « Je suis en train de recueillir toutes les coordonnées des riverains du Rouergue afin de les incorporer dans un fichier, sorte d’automate d’appel de groupe, pour pouvoir les prévenir en cas d’inondation », explique-t-il. « On aura des messages spécifiques leur indiquant les hauteurs de crue, et les prévisions sur une durée assez longue pour qu’ils puissent mettre en sécurité leurs biens. Sur la totalité des zones concernées, on a démarché une centaine de personnes pour l’instant. Il y a de plus en plus de primo arrivants. Et c’est le problème. On  leur a laissé un avis de passage avec le document à compléter qu’ils devaient ramener. Mais malheureusement ils n’en tiennent pas tellement compte car ils n’ont pas connaissance du danger. C’est pour cela qu’on revient les voir pour leur faire compléter ce document".

Avec l’épisode qu’on vient de vivre (qui est vraiment une petite montée de Garonne), et les images de Bayonne, ils commencent à prendre conscience du danger.

Mario Covolan

A La Réole, la dernière crue significative a eu lieu en février dernier. la Garonne avait atteint 9,60m. « Les anciens il y en a de moins en moins », conclut-il, « et les nouveaux, ils n’ont pas connu cela ».

« Alors que lorsqu’on entend la sirène, on réfléchit à deux fois parce qu’on a connu ça en février dernier
 ».

 

A La Réole, le nouveau système d'alerte est testé. Les habitants qui résident sur les quais recevront un message dès que la crue de la Garonne aura dépassé les 7m. Les autres seront contactés à partir de 7,50m.

 

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité