"Elles vont se retrouver avec des retraites minables" : les salariés de l'EHPAD d'Onesse-et-Laharie sont en grève

Les salariés demandent une revalorisation de leurs salaires. Le maire de la commune les soutient, tout comme la direction de l'établissement qui renvoie vers les instances nationales.

Tous sont salariés d'une association à but non lucratif. Ce lundi 30 octobre, 42 salariés se mobilisent pour la première fois. Leur objectif : la revalorisation de leur salaire. 

Hélène Tallon est lingère. Elle s'occupe du traitement du linge des résidents et du personnel. La jeune femme constate une différence nette avec le secteur public : de 300 à 400 euros pour le même travail. Même son de cloche du côté de Jenny Llera, aide-soignate. "Aujourd’hui une aide-soignante qui débute chez nous va gagner 1800 euros, dans le public elle gagnerait 2100 euros, voire plus", dénonce-t-elle. "Nous sommes sur 11 h 30 de présence par jour, avec 10 h de travail effectif. Il y a du découragement et un sentiment d'injustice. La direction applique la convention donc pour l'instant, il n'y a aucune négociation en cours."

"Elles ont droit à ce qu'on mette en place des négociations annuelles obligatoires"

André-Marc Solureau, secrétaire départemental de la CGT, a tenu à être présent. Le responsable se bat pour que les droits des salariés soient reconnus. "C'est un cas particulier car il s'agit d'une association de loi 1901", explique-t-il, "mais qui est soumise au droit du travail comme n'importe quelle entreprise. Les autres sont de droit public, et là c'est du droit privé. Elles ont droit à ce qu'on mette en place des négociations annuelles obligatoires, des réévaluations de salaire."

Nadine Ayguesparces est la directrice de l'Ehpad. Elle a manifesté au milieu des salariés en grève et se dit solidaire. "Je les comprends complètement", insiste-t-elle. "On a des différences de salaire énormes entre le privé et le public. Cela fait longtemps qu'on connaît la situation, mais là, elle s'est vraiment accentuée."

"À travail égal, on ne peut pas se permettre d'avoir des différences de salaire aussi importantes, poursuit la directrice. Leurs salaires doivent être revalorisés. Le conseil d'administration a bien signifié qu'il était, lui aussi, en accord avec les salariés et leurs revendications."

La direction renvoie vers la FEHAP

Pour autant, Nadine Ayguesparces dit ne pas pouvoir aller plus loin que ce que la direction a déjà mis en place. "Il faut savoir que notre association bénéficie uniquement de fonds publics. On est associatif. Nous n'avons pas de marge de manœuvre et sommes dépendants de notre convention, "la convention 51". Tout ce qui est primes etc a été mis en place mais on ne peut pas aller au-delà car nous devons rendre des comptes (...)".

"Les augmentations demandées représentent à peu près 500 000 euros par an. Nous, on ne peut pas se le permettre (...), précise Nadine Ayguesparces. On fait partie de la FEHAP. Il faut que les syndicats se battent pour que la revalorisation du point soit effective, que leur salaire de base soit revalorisé sinon elles vont se retrouver avec des retraites minables."

Pour la directrice, c'est donc à la Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne (FEHAP) de revoir ce point d'indice. La question "doit se régler au niveau national".

Le maire sans étiquette de la commune d'Onesse et Laharie, Frédérique Pradère, est inquiet. Solidaire des grévistes, il pense à sa commune. Cet Ehpad, en plus d'y être le seul, est aussi son plus gros employeur.

"Il y a 42 salariés mais aussi toute une activité paramédicale (médecins, pharmacie, kinésithérapeutes, etc) autour de cet Ehpad qui est importante pour le dynamisme économique de la commune", détaille le maire. "C'est un établissement qui est historique. Si des employés démissionnaient, ce serait la possibilité de les remplacer, ou alors c'est de fermer des lits, et derrière toute l'activité économique en pâtirait." 

38 des 42 salariés étaient en grève. Un service minimum a été assuré pour permettre le bon fonctionnement de l'établissement.

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