Locations de bateaux : reprise brutale de l’activité pour certains professionnels, beaucoup plus timide pour d’autres

La météo et le pont de l’ascension ont donné des envies de large. L’activité de location de bateaux a donc repris depuis quelques jours avec plus ou moins d’effervescence. Reste à savoir ce qu’il en sera cet été. Les professionnels sont aux aguets.

© Christina Chiron (France Télévisions)

Normal pour un week-end de l'Ascension

« Ca reste timide, on a quelques demandes », explique Katia Duchatel à Hendaye. « C’est la folie totale, ça a repris très brutalement », sourit de son côté Laurent Calendo. Il faut dire que le confinement entraine logiquement un passage du « rien » au potentiel « tout ». Michel Vanhove dont l’entreprise est basée sur le port d’Arcachon est plus nuancé : « on a loué 5 à 6 bateaux par jour ce qui est normal pour un week-end de l’ascension ».
 

Cabotage vers l'Espagne interdit

Il faut dire que les problématiques ne sont pas non plus les mêmes selon les régions, et d’un professionnel à l’autre. A Hendaye, chez Moby Dick, « on sort de l’hivernage et remet en route toute la flotte à l’eau », explique Katia Duchatel. La co-associée de cette scop différencie le type de navigation. Si la location de bateaux à moteur a repris, il n’en est rien pour les voiliers. « Les voiliers qui fonctionnent au cabotage ne peuvent pas aller en Espagne car la frontière est fermée. Et vers le Nord c’est compliqué. On est donc en stand-by ». La reprise se fait donc au ralenti après une période de confinement durant laquelle l’entreprise a enregistré 13 annulations. « Heureusement les clients par solidarité ont accepté de reporter leur location sous la forme d’acompte ». De quoi garder un peu de trésorerie en attendant l’été et ses interrogations.

Comment se passera l'été ?

Car c’est bien vers l’été que tous les regards se tournent. Les professionnels espèrent bien que les Français se tourneront vers ce mode de tourisme. « On commence à avoir des réservations pour Août mais timidement », explique Katia Duchatel.
« Le fait de devoir rester en France compensera peut être, mais je ne sais pas, on l’espère », concède Michel Vanhove pour qui les clients se décideront surtout à la dernière minute. En attendant il loue des bateaux à la journée à des clients « qui viennent prendre l’air post-confinement ». « De là à louer à la semaine…Plusieurs jours peut-être, mais à la semaine c’est pas la tendance pour le moment. Et c’est assez rare en général, car faut un pouvoir d’achat important. La reprise se fait lentement, sans savoir comment se passera l’été ». L’Arcachonnais a perdu entre 15% à 20% de son chiffre d’affaire pendant le confinement. Ses espoirs reposent donc sur les mois de juillet et aout.

Chez Sam Boat aussi on attend l’été avec impatience. « En général les réservations pour l’été se font entre décembre et avril, mais là les clients ne se réveillent que depuis une semaine. Il n’y a pas de boom mais la perspective est bonne ».  Cette entreprise est spécialisée dans la location de bateaux entre particuliers. Fondée en 2014 sur le bassin d’Arcachon elle dispose aujourd’hui d’une flotte de 40 000 bateaux à travers le monde. Vendredi, elle dit avoir enregistré 366 demandes à travers le monde (pour le jour même ou les semaines et mois à venir) sachant que le marché français représente 90% des demandes. « Sur la région Nouvelle-Aquitaine, qui représente 12% des demandes totales, nous avons enregistré une progression de +51% sur la semaine actuelle par rapport à la même semaine en 2019.  Les zones les plus demandées sont Arcachon, Cap Ferret, La Rochelle mais d'autres zones comme les lacs de Biscarosse, Lacanau ou également Bayonne, Le Verdon, Royan ont la cote et suivent la même tendance de progression ». 
 « Normalement c’est progressif, là en une semaine on est passé du tout au tout », détaille Laurent Calando. Selon lui l’identité même de l’entreprise explique cet engouement. « Notre flotte de particuliers fait qu’on a un maillage important partout en France à moins de 100 km. C’est à dire qu’on va aussi bien pouvoir louer un bateau sur la Seine à Paris, que sur la Garonne à Bordeaux ou même sur la Leyre ». Le co-fondateur de Sam Boat se veut optimiste. Il mise sur « ces personnes qui avaient réservé à l’étranger ou à l’hôtel, qui vont privilégier le bateau pour s’isoler de la foule et du monde et assouvir leur besoin de liberté ».
 
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