Lac de Caussade : Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken en attente des réquisitions

Publié le Mis à jour le
Écrit par Maïté Koda avec Victor Gascouat
Les agriculteurs réunis devant le palais de justice d'Agen
Les agriculteurs réunis devant le palais de justice d'Agen © Victor Gascouat - France 3 Aquitaine

Serge Bousquet Cassagne et Patrick Franken sont jugés ce jeudi en appel pour la construction illégale du lac de Caussade. Alors que les réquisitions sont attendues dans la soirée, ils ont pu compter sur de nombreux soutiens.

Ils sont venus au rendez-vous. Le rassemblement des agriculteurs était fixé ce jeudi à 11 heures, devant le tribunal d'Agen, tandis que s'ouvrait à partir de 14 heures le procès en appel de Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken. Les président et vice-président de la chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne sont jugés pour avoir creusé illégalement la retenue d'eau de Caussade. Tous deux avaient été condamnés en première instance à respectivement neuf et huit mois de prison ferme. 

"La sanction pénale qui a été prononcée par le premier juge est totalement inadaptée à la circonstance, estime Maître Christophe Dejean, l'avocat des deux prévenus. Il y a nécessité d’examiner le dossier dans toute son ampleur pour ramener les sanctions à l’essentiel, c’est-à-dire probablement un néant."

De nombreux soutiens

Un défilé de tracteurs, voitures et pick-up a répondu présent à l'appel de la Coordination rurale, pour un rassemblement de plus de 800 personnes. La météo était particulièrement clémente et l'ambiance conviviale, avec barbecues et grandes tables mises en place devant le tribunal. De nombreux manifestants, venus du Lot-et-Garonne et d'Aquitaine, mais aussi des Deux-Sèvres, de la Nièvre, ou encore de la Lozère arboraient des casquettes aux couleurs de la Coordination rurale. D'autres portaient un pull où est inscrit "Foutez-nous la paix, laissez-nous travailler". 

Un dispositif de police et de gendarmerie, hélicoptère inclus, a été mis en place par la préfecture.

"Sans eau on est mort"

"Je suis là pour défendre la cause des agriculteurs. Sans eau on est mort. Les particuliers, les bobos, quand ils arrosent les fleurs sur leur terrasse, ils emploient plus d'eau que nous quand on arrose du maïs", a assuré Jacques Delcaillou, agriculteur à Monflanquin, au micro de France 3 Aquitaine, casquette jaune de la Coordination rurale vissée sur la tête.

Soutien des élus locaux

Les président et vice-président de la Chambre d'Agriculture du Lot-et-Garonne peuvent également compter sur le soutien d'élus locaux, une vingtaine d'élus de toutes tendances. Plusieurs maires, reconnaissables à leur écharpe tricolore, dont Jean Dionis du Séjour, élu à Agen, sont présents devant le palais de justice. "Vous êtes ici chez vous. Je suis fier des élus de ce département. Nous avons voté à la quasi-unanimité une motion de soutien au lac de Caussade. Il est temps de le régulariser", a lancé aux manifestants le maire d'Agen, également président de l'Amicale des maires du Lot-et-Garonne.

Dans un communiqué, le député Olivier Damaisin a exprimé son "regret" "qu'un projet comme celui- ci, aux bénéfices évidents, tant sur le plan environnemental qu'économique, en arrive a une telle issue judiciaire" 

Les défenseurs de l'environnement avaient choisi de ne pas prévoir de contre-manifestation face aux agriculteurs. "On ne veut pas mettre de l'huile sur le feu, contrairement à la Coordination rurale", disait-on chez FNE. 

"On a détruit plus de deux kilomètres de boisements, un ruisseau et toute la faune et la flore qui s’y trouvaient, déplorait de son côté Lionel Feuillas, membre de France Nature Environnement, dans l'enceinte du tribunal. On attend que la justice fasse son travail et qu’elle fasse respecter les lois sur l’environnement."

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