Pas de tension sur le logement social en Limousin

© F. Bordes
© F. Bordes

Pour le logement social, l'offre et la demande s'équilibrent en Limousin. Au contraire des grandes métropoles, il n'y a pas de tension sur ce secteur.  Un constat à nuancer cependant en fonctions des territoires, avec des problématiques propres aux secteurs urbains et aux zones rurales. 

Par Christophe Bodin

Le logement social doit s'adapter aux besoins spécifiques de la population d'un territoire. Le Limousin doit ainsi faire face à une évolution importante : le vieillissement de la population. Ce phénonème démographique naturel va concerner toute la France, mais le Limousin fait partie des territoires concernés les premiers.

Les politiques publiques ont ainsi décidé d'orienter une partie du parc de logement social, pour disposer de logements adaptés aux personnes âgées, dont la mobilité pourra être réduite, même de manière ponctuelle. 

En Creuse, le principal et plus important bailleurs social du département, Creusalis, indique ainsi que près de 35 % de ses locataires ont plus 60 ans. Avec le poids des villes, Limoges et Brive, les moyennes sont différentes en Haute-Vienne et Corrèze, mais le vieillissement des locataires est aussi une réalité prise en compte lors de la rénovation des logements et la construction neuve. 

A travers les politiques publiques, l'accent est aussi mis sur une autre population : les jeunes qui ont un travail. Limoges Métropole souhaite ainsi pouvoir offrir à ceux qui viennent travailler autour de Limoges des logements adaptés, avec notamment des logements meublés pour les contrats en CDD.

Globalement, tous les acteurs du logement doivent aujourd'hui en Limousin redoubler d'effort pour proposer des logements adaptés aux demandes de leurs locataires, car contrairement à d'autres territoires et en particulier les grandes métropoles comme Bordeaux, le secteur n'est pas en tension.

Les clients peuvent donc davantage choisir leur logement. Rénovation thermique, distance par rapport aux commerces, qualité architecturale et environnement, les exigeances sont aujourd'hui plus grandes. Les structures familiales ont évolués, avec plus de personnes seules et davantage de familles monoparentales. En conséquence, les T5 sont moins demandés, et désormais les bailleurs louent davantage de T2 ou T3. La demande est aussi en hausse pour les pavillons individuels

En moyenne, 82 % des 41 000 logements sociaux sont des logements collectifs et 18% des individuels. Ces chiffres masquent cependant des disparités, car Limoges et son agglomération concentre 23 000 de ces logements, dont 18 000 sur la seule commune de Limoges, avec donc des immeubles collectifs. En Corrèze, le taux de collectifs est autour de 60% et les maisons individuelles représentent 40 % du parc.

En Creuse, où Creusalis vient d'ailleurs de racheter à d'autres bailleurs près de 500 logements, pour la plupart des pavillons, le taux est même de 55% de logements collectifs et de 45 % de maisons individuelles. Ces biens sont situés partout dans le département, il faut donc ensuite que cette offre trouve preneur et c'est le pari de ce bailleur social public. Pour le moment le taux de vacance est malgré tout autour de 6 à 7% (biens disponibles à la location sans locataires) quant il est autour de 2 à 3% pour les principaux bailleurs en Corrèze et Haute-Vienne

Les chiffes clés du logement social en Limousin (chiffres Union régionale HLM en Nouvelle-Aquitaine – délégation de Limoges)
  • 41 000 logements sociaux en Corrèze, Creuse et Haute-Vienne
  • 14 bailleurs sociaux
  • Construction de 400 à 500 logements neufs par an
  • 700 logements réhabilités par an, en moyenne
  • Décomposition du patrimoine : 82 % de logements collectifs et 18 % de logements individuels
  • Loyer moyen parc social : de 4,46 €/m²/mois à 4,93 €/ m²/mois
  • 46 % de personnes seules et 20 % de familles monoparentales

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