La publicité devient trop envahissante dans les villes, le Pays basque veut les réglementer

Un nouveau règlement local concernant les enseignes et publicités sur la voie publique est actuellement en discussion au Pays basque. Un collectif alerte déjà sur ces nouvelles règles qui ne pourront être appliquées immédiatement.

Parfums, hamburgers, lingerie... Des images de fromage fondu côtoient un joli décolleté, un verre de bière... Les affiches publicitaires, quelle que soit l'esthétique de la prise de vue, s'imposent à nous dans notre vie quotidienne et envahissent l'espace public depuis des dizaines d'années. Aujourd'hui, des réglementations existent, mais ne sont pas toujours appliquées.

Trop de dérogations

C'est ce que dénonce le collectif "Stop pub Pays basque Adour". Pour Anthony Lubrano, certaines communes accordent des dérogations qui contredisent la loi. "Le règlement local prévoit de déroger et d'autoriser la publicité" là où normalement elle ne l'est pas : les zones qui sont en site patrimonial remarquable, comme ici à Bayonne, les zones naturelles qui normalement sont préservées de la publicité... 

Le collectif met le doigt notamment sur le fait que certaines communes seraient tenues par des contrats de mobiliers urbains signés avec des afficheurs sur de longues périodes. Par exemple, Bayonne sur 18 ans, Anglet, 15 ans, et le syndicat des mobilités, pour 17 ans... Et ces contrats sont toujours en vigueur.

Plus restrictive

L'agglomération Pays basque convient qu'il faudra prendre en compte ces contrats mais qu’il est nécessaire d'imposer un cadre restreint. Et veut réglementer la pratique.  "L'objectif du règlement local de publicité intercommunal est d'être plus restrictif que la réglementation nationale", assure Bruno Carrère, délégué à la stratégie territoriale de la Communauté d'Agglomération Pays basque. Des limites donc "pour protéger nos paysages et être plus vertueux en termes de consommation énergétique".

Le Règlement local de publicité intercommunal (RLPi) est en cours d’élaboration au sein de la Communauté d’agglomération Pays basque. Le sujet sera débattu en conseil communautaire le 15 juin prochain.

"Pollution" des messages publicitaires

"Il y a plein de raisons pour lesquelles il faudrait limiter, voire fortement contraindre la publicité", ajoute Anthony Lubrano, du collectif. Au-delà de la protection du cadre visuel, le collectif entend également alerter sur le fond des messages également qui "incitent à la surconsommation", peuvent aller à l'encontre de la santé publique en faisant la promotion des fastfoods, se déplacer en voiture ou en avion...
Un avis partagé par le ministère de la Transition écologique, qui rappelle l'impact des publicités, qui pourraient prôner des messages vertueux. Les publicités "peuvent aussi "contribuer à promouvoir des produits ou des modes de consommation ayant un impact moindre en termes d’émissions de gaz à effet de serre, de pollution de l’air, de l’eau, des sols, de production de déchets, d’utilisation de matières premières. Elles peuvent ainsi constituer un puissant moyen de transformation de notre modèle de consommation", peut-on notamment lire sur le site du ministère de la Transition écologique. .

Une réglementation nationale

La réglementation de la publicité extérieure "vise à réduire l'impact des panneaux publicitaires dans l'espace public à travers notamment une diminution du nombre de dispositifs, une réduction des formats ou encore des règles de limitation des nuisances lumineuses dans un contexte de sobriété énergétique et de préservation de la biodiversité nocturne".

Depuis le 1er janvier 2024, il existe une "police de la publicité" qui est de la responsabilité des maires et présidents d'Établissement public de coopération intercommunale (EPCI).

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