Pays basque : élus et parents d'élèves se mobilisent contre la suppression des postes d'enseignants

En Soule, la menace de suppression de postes d'enseignants plane sur plusieurs écoles. Parents d'élèves et élus montent au créneau. "Nous aimerions que Jean-Michel Blanquer oublie la logique comptable" déplore le maire d'une des communes rurales.

© France 3 Euskal Herri

"Parents en colère", "la quantité plutôt que la qualité"… Les messages s'affichent sur les grilles de l'école de Garindein, en Soule. L'initiative de parents d'élèves, particulièrement remontés contre le projet de la prochaine carte scolaire, et la menace de voir le poste de l'une de deux enseignantes de l'école communale supprimé.

Une enseignante pour huit niveaux ?

"Nous avions deux enseignantes pour huit niveaux. Demain, d'après ce qui est annoncé, l'autre enseignante aura à charge les huit niveaux", déplore Emilie Macarie, parente d'élève.

Une personne pour enseigner "de la toute petite section,  au CM1, en plus sachant qu'elle devra préparer le cours moyen pour le collège… Il n'y aura pas de bien-être pour elle, et pour nos enfants non plus", craint Sabrina Othatceguy, également mère d'élève et présidente de l'association des parents d'élèves.

La mobilisation fait suite à des échanges écrits avec l'inspecteur d'académie, suivis d'une rencontre, avec une proposition : transférer les cours moyens à Mauléon. Un compromis non satisfaisant pour les parents d'élèves. "Si on envoie tout le monde à Mauléon, ils vont se retrouver dans une grosse structure avec des classes surchargées. En période de Covid, on recommande d'éviter le brassage des élèves, faire attention jusque dans la cantine… Ce n'est pas vivable", poursuit Sabrina Othatceguy.

La crainte de voir les parents partir

La crainte concerne, à terme, la fermeture de l'école de Garindein, suivie d'une désertification. "S'il n'y a pas d'école dans un village, les enfants devront faire 4,5 ou 10 km pour être scolarisés. Les parents vont donc se rapprocher des communes où ils sont scolarisés, prévient Alain Arla, le maire de Garindein
"Le Pays basque ne doit pas vivre que par et pour les chefs-lieux de cantons",

L'élu est soutenu dans sa démarche par les maires de villages voisins. De nombreuses communes de Soule sont concernées par la perte de poste d'enseignants.  "Nous aimerions que Jean-Michel Blanquer oublie la logique comptable, poursuit Alain Arla.

On entend tous les jours qu'il y a des aides du gouvernement pour le plan de relance : ce sont des chiffres astronomiques.
Que coûte le maintien des enseignants dans des communes? En comparaison, c'est une paille.

Alain Arla, maire de Garindein

La carte scolaire définitive de la rentrée 2021 doit être dévoilée le 9 mars.

La colère des parents et des élus exprimée dans ce reportage de France 3 Euskal Herri >

Mobilisation des parents d'élèves pour sauver les écoles du Pays basque

 

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