Pays basque : La patronne d’un restaurant d’Hendaye devant la justice après avoir refusé une cliente voilée

La propriétaire d’un restaurant à Hendaye, à la frontière espagnole, sera jugée le 20 septembre 2022 pour "discrimination fondée sur la religion réelle ou supposée" d’une personne. Elle a refusé de recevoir une femme dans son établissement, au prétexte qu’elle était voilée.

Ce devait être un déjeuner joyeux entre une maman et son garçon, dans un restaurant au bord de l’océan. Mais rien ne s’est passé comme prévu.

Dimanche 29 mai, jour de la fête des mères, une femme et son fils s’apprêtent à se retrouver dans un restaurant à Hendaye. La réservation a été faite une semaine plus tôt. Ils n’ont pas encore franchi l’entrée qu’ils sont immédiatement refoulés par la patronne.

Une scène filmée et diffusée sur les réseaux sociaux


Motif : la dame est voilée. La scène a été filmée par le jeune homme, puis postée sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo vue plusieurs dizaines de milliers de fois, on entend la restauratrice expliquer, qu’elle n’accepte pas la tenue vestimentaire de la cliente, allant jusqu’à dire qu'elle ne veut pas "d'une femme habillée comme à la préhistoire ".

Voir la vidéo postée sur Twitter

Plainte pour discrimination

Le fils, qui précise que le voile consistait en un foulard noué autour du visage et qu'il n'était en rien ostentatoire, ne veut pas en rester là et décide de déposer plainte pour discrimination au commissariat de Pau.
Contactée par nos confrères de Sud-Ouest, la restauratrice âgée de 58 ans, assume sa décision en expliquant qu’elle n’acceptait "rien de ce qui peut s’apparenter à un outil de soumission de la femme". Elle a été entendue et présentée au parquet ce jeudi 2 juin. 
Selon ce dernier, ce n’est pas la première fois qu’elle est accusée de tels agissements.
 Une affaire similaire, qui n’a pas fait l’objet de poursuites, avait été rapportée il y a quelques années.

La propriétaire de ce restaurant est convoquée le 20 septembre 2022 au tribunal judiciaire de Bayonne. Elle sera jugée pour "discrimination fondée sur la religion réelle ou supposée" d’une personne. Elle encourt cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amendes.