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Escoubès (64) : La ferme aux 17 000 porcs reçoit l'avis favorable du Commissaire Enquêteur

© © V. Morzadec
© © V. Morzadec

La préfecture des Pyrénées-Atlantiques vient de publier le rapport du commissaire enquêteur. Il émet un "avis favorable et sans réserves" au projet de création d'un élevage de 17 000 porcs à Escoubès dans le Béarn.

Par Jean-François Géa

La décision est désormais entre les mains du Préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Mais Sébastien Boudassou, l'éleveur à l'origine de ce projet de ferme de 17 000 porcs, a toutes les raisons d'être optimiste.

Le commissaire enquêteur a en effet remis son rapport le 24 mai dernier.

Visibles sur le site internet de la Préfecture des Pyrénées-Atlantiques, depuis le 4 juin, ses conclusions sont sans ambiguïté.

Michel Legrand émet un "avis favorable sans réserves au projet de création d'un élevage porcin de 6 458 Animaux Équivalents par la SARL La Ribère sur les parcelles 23 et 24, section ZH, du territoire de la commune d'Escoubès".

6 458 "Animaux Équivalents", c'est le nombre de cochons qui devraient être présents en permanence sur l'exploitation, pour une production estimée à 17 000 porcs charcutiers par an.

Les opposants sont vent-debout.
Le Conseiller Régional Europe Écologie les Verts Jean-François Blanco et la porte parole EELV dans le Béarn Eurydis Bled ont vivement réagi sur Twitter

La déviance du modèle agricole d'élevage vers les fermes-usines est bel et bien une régression écologique, pour des raisons sociales, environnementales et de condition animale. @N_Hulot vous devez réagir sur ce projet de 17 000 porcs en #bearn @jfblancoMI https://t.co/3BvgghQDCp

— Bled Eurydice (@EurydiceBled) June 11, 2018


Avec @EurydiceBled nous allons saisir @N_Hulot pour stopper ce projet anachronique, dangereux pour les citoyens, les animaux et la nature @eelv_bearn @LaRepDpyrenees @SO_Pau @aqui_fr @Bleu_Bearn @F3Aquitaine https://t.co/iv6IY41DUe

— BLANCO Jean-François (@jfblancoMI) June 11, 2018

Dans une lettre adressée à Nicolas Hulot, ils demandent au Ministre de la Transition Écologique et Solidaire de "ne pas autoriser cette industrialisation de l'agriculture, dangereuse pour l'Homme, les animaux et la nature".

Joint par téléphone, Jean-François Blanco, dénonce un modèle agricole dépassé :

Ce qui est invraisemblable, ce sont les motivations du Commissaire Enquêteur qui considère que la souffrance animale n'a pas à être prise en compte.


Dans son rapport, Michel Legrand, note en effet que les opposants ont voulu "méler à ce projet des considérations plus généralistes et politiques qui font l'objet de débats actuels, comme le modèle agricole, l'agroécologie, le bien-être animal, l'interdiction de la caudectomie (le fait de couper la queue des animaux. NDLR), la mise en cause des services de l'état n'est pas recevable et sort du champ de l'enquête et donc du domaine d'intervention du Commissaire Enquêteur".

Un commentaire dont s'agace, l'écologiste béarnaise Eurydis Bled

Il rejette tout argument politique et écologique, mais juge recevable tous les arguments économiques.


Ce projet d'extension de l'élevage porcin de la SARL La Ribère a mobilisé des opposants. Le 7 avril dernier, une manifestation avait réuni une centaine de personnes à Escoubès.

Une pétition de 148 signatures a aussi été remise au Commissaire Enquêteur.

Dans son rapport, il estime que les réponses apportées par le porteur du projet sont de nature à rassurer les riverains.

Les mauvaises odeurs, sont parmi les nuisances les plus redoutées.

Le Commissaire Enquêteur note que les nuisances olfactives liées à la présence d'animaux d'élevage sont, en général, considérées comme un trouble inhérent à la campagne."

Il ajoute que la SARL La Ribère s'est engagée "à mettre en œuvre des techniques innovantes et en particulier la mise en place d'un laveur d'air" qui ne devrait pas aggraver les nuisances.

L'augmentation de circulation des poids lourds ? "Lors des opérations d'épandage, l'augmentation du trafic sera de 530 rotations de tracteurs sur une voie qui voit passer journellement 1 276 véhicules, dont environ 5 % de camions".

La dévalorisation des biens immobiliers du voisinage ? "S'il y a impact, il sera limité, car les nouvelles installations seront guères visibles et mieux placés que certaines installations situées dans le cœur du village".

De son côté Sébastien Boudassou, l'éleveur porteur du projet fait valoir que : 

l'élevage existant n'a fait l'objet d'aucune plainte de voisinage en près de 40 ans d'exploitation. Ceci prouve que le site est particulièrement protecteur, en particulier par rapport aux nuisances olfactives pour les riverains".


Sébastien Boudassou est actionnaire à 10 % de la SARL La Ribère. Le groupement d'éleveurs FIPSO est actionnaire majoritaire à 51 % et la SAS Sanders-Euralis, complète le tour de table.

Le projet prévoit de construire deux nouveaux bâtiments d'élevage de plus de 4 000 mètres carrés chacun.

Dans le mémoire remis au Commissaire Enquêteur, l'éleveur précise :

Tous les secteurs de l'élevage sont isolés en parois et toiture. L'élevage est complètement fermé.


Des éléments qui ont donc été transmis au Préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Il devrait rendre sa décision dans les prochains jours, mais rien ne semble s'opposer à un avis favorable.

Les opposants espèrent maintenant une intervention de Nicolas Hulot pour stopper le projet.

Faute de quoi, ils saisiront le tribunal administratif.


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