Cet article date de plus de 8 ans

Meurtre d'Alexandre Junca : de nouvelles perquisitions à Pau

De nouvelles perquisitions ont eu lieu rue de Solférino, à Pau, ce matin, dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'Alexandre Junca. Hier, mardi, les enquêteurs avaient à nouveau fouillé la maison de Claude Ducos, le retraité  qui vivait à Cabidos avant son incarcération le week-end dernier.

Ce matin ils ont fouillé l'un des anciens domiciles de Mike Bonnet, un des quatre mis en examen dans cette affaire. Par ailleurs, les deux employés de casses automobile placés en gardes à vue hier ont été remis en liberté. Les deux gardes à vue ont été levées. Elles avaient pour objet de procéder à des vérifications sur un éventuel maquillage de la voiture de M.Ducos.

durée de la vidéo: 01 min 10
nouvelles perquisitions dans l'enquête Junca

Mardi, lors de la perquisition du domicile de Claude Ducos, une Peugeot 605 avait  été saisie. Les enquêteurs soupçonnent que le véhicule du septuagénaire ait été utilisé pour transporter le corps d'Alexandre Junca.

"On cherche à établir quelle voiture avait à l'époque des faits Claude Ducos", 74 ans, un électricien en retraite qu'on croyait sans histoires et qui a été mis en examen samedi dans le cadre de cette affaire, comme trois autres personnes, dont l'une, Mickaël Baerhel, 26 ans, a reconnu avoir frappé violemment à la tête Alexandre avec un marteau, a-t-on indiqué de source proche de l'enquête. 

Rappelons que des perquisitions ont déjà eu lieu lundi et mardi au domicile de ce retraité résidant à Cabidos (Pyrénées-Atlantiques) et deux personnes travaillant dans des casses automobiles étaient mardi soir en garde à vue à Pau. Elles n'auraient pas de lien direct avec le meurtre mais avec la voiture saisie à Cabidos. 

"C'est un homme très solitaire, un chasseur, qui entretenait des relations avec des jeunes marginaux de Pau au profil homosexuel et avait une relation homosexuelle avec M. Baerhel", a rappelé le magistrat. Selon une autre source proche du dossier, divers objets ayant pu servir à faire disparaître un corps ont été saisis.

"Si Mickaël Baehrel a reconnu avoir frappé Alexandre Junca de façon violente à la tête avec un marteau le soir de l'agression dans la nuit du 4 au 5 juin, il reste à déterminer avec certitude le moment de sa mort", a rappelé M. Muller, les expertises faisant état "d'un décès survenu le 5 juin ou plus tard".

On a seulement pu établir quand le corps en morceaux d'Alexandre avait été immergé dans le gave de Pau, la rivière qui traverse la ville. "Nous avons des éléments liés à la localisation des uns et des autres mis en examen qui prouvent que le 17 juin est le moment où ils se sont débarrassés du corps de l'enfant", a déclaré M. Muller.

C'est à partir de ce "canevas chronologique" que les enquêteurs "devront établir le rôle de chacune des personnes et leur degré de participation", selon lui. M. Muller a révélé qu'une cinquième personne, "copain d'errance et de boisson" de Michaël Baerhel, aurait été impliquée également, mais elle est décédée à l'âge de 50 ans, de mort naturelle, le 28 août 2012.

Mickaë Baerhel, 27 ans, Fatima Ennehjad, sa compagne âgée de 46 ans, Mike Bonnet, 26 ans, et Claude Ducos ont été mis en examen entre samedi et dimanche, tous pour assassinat avec actes de torture et de barbarie, séquestration de plus d'une semaine en bande organisée, sur mineur de quinze ans. Ces chefs de mise en examen identiques et gravissimes, retenus en juin 2011, alors qu'il n'y avait ni pistes ni indices, décrivent le pire scenario, celui d'un intervalle suffisamment long entre la disparition et la mort de l'enfant, laissant penser qu'il aurait pu être séquestré avant d'être tué.

Au bout du compte, si les investigations montraient que l'enfant est mort sur le coup, et si les complices n'ont fait qu'aider Mickaël Baerhel à se débarrasser du corps, les chefs de mises en examen seraient adaptés en cours d'instruction, selon un proche du dossier. En tout cas, l'enquête "est loin d'être terminée", selon M. Muller.

Alexandre Junca, 13 ans, avait disparu le 4 juin 2011, alors qu'il se rendait chez son père, dans le centre de Pau. Après un de ses fémurs, les autres morceaux de son corps avaient été trouvés les 19 et 20 octobre sous des gravats, également dans le Gave. Son corps avait été découpé par plusieurs outils, et sans doute par des personnes différentes, selon une source proche de l'enquête.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice