Cédric Bernasconi est reconnu coupable des viols aggravés et du meurtre de Mélodie Massé en 2017 à Ustaritz. La Cour d'Assises des Pyrénées-Atlantiques le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité, sans période de sûreté.
L'avocat général de la Cour d'Assises des Pyrénées-Atlantiques avait requis ce vendredi matin la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans à l'encontre de Cédric Bernasconi.
Au terme de plusieurs heures de délibération, ce SDF schizophrène est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour les viols aggravés et le meurtre de Mélodie Massé en septembre 2017.
L'étudiante de 23 ans, alors enceinte de huit mois, était morte après un déchaînement de violence dans la maison de sa mère à Ustaritz au Pays Basque.
La cour n'a pas suivi la demande de l'avocat général d'assortir cette peine d'une période de sûreté.
Elle a également prononcé un suivi socio-judiciaire pour une durée de 10 ans (au cas où il sortirait de prison), à savoir une injonction de soins ainsi qu'une interdiction d'entrer en contact avec les parties civiles.
Le fait que la cour n'ait pas retenu de période de sûreté "est une surprise" pour l'avocate de la défense Sandrine Larié. "Ca veut dire qu'elle fait confiance à Cédric Bernasconi pour la suite. Elle croit à sa réinsertion à partir du moment où il y aura un suivi de soins durant dix années à compter de la sortie".
Pour l'avocat de la famille de la jeune femme, Maître Bertrand Arotseche, "on était bien sur un acte conscient et préparé et en ce sens le verdict est juste" a t-il déclaré à la presse à la sortie de la salle d'audience.
"Le réconfort, je ne suis personne pour en parler parce que je pense que personne ne peut toucher du doigt la souffrance de la famille, même si le verdict a été rendu. Mes clients ont fait preuve d'une dignité incroyable pendant toute la semaine, ces débats ont été une épreuve supplémentaire et ils l'ont traversée, en étant justes et dignes".
L'état mental de l'accusé au coeur des débats
La personnalité et l'état mental de Cédric Bernasconi ont été longuement étudiés durant le procès. L'accusé faisait état d'un lourd passé psychiatrique au moment de son interpellation. Il vivait alors entre Bayonne et Biarritz, dans la commune d'Anglet, où il était placé sous curatelle renforcée. Le maire avait tenté de le faire interner d'office, en vain.
Lors de la troisième journée d'audience mercredi, le Docteur Roland Coutanceau (premier expert psychiatrique à avoir examiné l'accusé après son arrestation) a expliqué à la Cour d'Assises pourquoi il a conclu à une altération du discernement de l'accusé au moment des faits. Mais selon lui :
Il était lucide et conscient de ses actes. Même si sa maladie, la schizophrénie, le fragilise et entraîne des troubles de la personnalité.
Dans son réquisitoire, l'avocat général avait estimé que Cédric Bernasconi était pleinement responsable de ses actes.
"Juger un homme avec ses faiblesses"
Au cours des plaidoiries, la défense avait demandé aux jurés de "tenir compte" du parcours et de la maladie de son client. Me Sandrine Larié avait également demandé aux jurés de juger l'homme dans son ensemble, "avec ses faiblesses" :Il a été interné durant trois années, diagnostiqué schizophrène depuis l'âge de 20 ans (...) Le docteur Coutanceau nous a dit que le choix de ses actes n'était pas aussi lucide qu'il le voulait. On est dans le cadre d'une altération
Rappel des faits
Le 13 septembre 2017 Mélodie Massé, étudiante de 23 ans à l'Institut de formation en soins infirmiers de Talence, était sur le point d'accoucher de son premier enfant.Enceinte de huit mois, la jeune femme était venue se reposer dans l'appartement de sa mère à Ustaritz quand Cédric Bernasconi y a fait irruption pour cambrioler les lieux.
Le cambrioleur, qui pensait trouver le logement vide, a été surpris par la présence de l'étudiante.
S'en est suivi un déchaînement de violences, la future maman ayant été frappée, violée et tuée.
Le compagnon de la victime a découvert son corps, ligoté et bâillonné, vers 21 heures.
Ce sont les traces ADN qui ont conduit les enquêteurs jusqu'à Cédric Bernasconi, interpellé dans les Landes quelques jours plus tard.