Double parricide au Pays basque : le couple de co-accusés condamné à 30 et 20 ans de prison

Un jeune homme de 27 ans a été condamné tard samedi à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de ses parents en février 2016 dans le village basque de La Bastide-Clairence, et son ex-compagne, jugée pour complicité d'assassinat, à 20 ans.
Le procureur de la République Marc Marie, aux assises de Pau samedi 28 novembre.
Le procureur de la République Marc Marie, aux assises de Pau samedi 28 novembre. © Emmanuel Clerc / France 3 Aquitaine
Après huit jours de débats et six heures de délibéré, le verdict de la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques à Pau, annoncé peu avant minuit, a clos un procès qualifié de "maudit" car reporté à trois reprises, dont la dernière en mars au moment du confinement.

La cour a suivi les réquisitions de l'avocat général en infligeant 30 ans de prison à Kévin Rouxel, reconnu coupable de l'assassinat de ses parents Pascal et Ewa Rouxel, et 20 ans à Sofiya Bodnarchuk, son ex-compagne rencontrée sur internet.
 
À l'annonce du verdict, la jeune femme de 27 ans d'origine kazakhe s'est effondrée au sol, en pleurs. Son avocat, Me Edouard Martial, a immédiatement annoncé qu'il allait faire appel.
 
Sofya Bodnarchuk entourée de ses conseils, samedi 28 novembre aux assises de Pau.
Sofya Bodnarchuk entourée de ses conseils, samedi 28 novembre aux assises de Pau. © Emmanuel Clerc / France 3
 

Chaque accusé charge l'autre 

Dans sa plaidoirie en défense de Sofiya Bodnarchuk, Me Martial a plaidé l'acquittement face à un dossier "sans preuve tangible" et a décrit une affaire résumée à "la force poisseuse de la rumeur", tenue uniquement par le "cliché de la petite pute blonde qui vient de son petit pays pour dépouiller un jeune Français et ratisser l'argent".

Face à lui, Me Emmanuel Zapirain, défenseur d'un Kévin Rouxel qui depuis 2018 n'a eu de cesse de charger son ancienne compagne, a insisté sur la complicité de la jeune femme: "Kévin était à sa merci, il était complètement dépendant d'elle affectivement et sexuellement et il fallait bien qu'il réponde à ses attentes".

→  Explications d'Emmanuel Clerc, avec les images de Rémi Poissonnier : 
Double parricide dans le Pays basque : chaque co-accusé charge l'autre
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