Mort d'Enzo Péridy : "Je ne peux pas pardonner." Le père de la victime répond aux excuses de l'accusé

Ces 5 et 6 mars à Tarbes, Jonas Elizalde est jugé pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", à la Cour criminelle des Hautes-Pyrénées. Une audience très attendue par la famille ce jeune Béarnais tué lors d'une bagarre à la sortie d'une boîte de nuit à Tarbes. L'accusé a présenté ses excuses, mais la famille ne comprend pas.

Je ne peux pas pardonner. Je n’ai pas de haine, mais je ne comprends pas.” A la chambre criminelle des Hautes-Pyrénées, le père d’Enzo Péridy formalise le sentiment de toute une famille : l’incompréhension.

Celle qui prédomine depuis le début des débats, malgré les excuses de Jonas Elizalde. Il est accusé d’avoir donné un coup de poing mortel à Enzo Péridy, le 19 mars 2021, à la sortie d’une discothèque. Un jeune homme “gentil, loyal, serviable”, selon les mots de son père, très ému.

Soudain

Ce soir-là, Jonas Elizalde fêtait l’anniversaire de son ex-petite amie. Une soirée particulièrement alcoolisée. Le témoin clé, absent lors de l’audience, décrit la scène dans sa déposition : “Je discutais avec un garçon, un mec est arrivé de nulle part et lui a collé un coup de poing. Il est tombé, j’ai paniqué. Il y avait du sang partout.

Le médecin légiste décrit des lésions et une fracture du crâne. Enzo Péridy décédera deux jours plus tard, des suites d’une hémorragie. Dans la salle d’audience, comble de tous ceux venus soutenir la famille du jeune homme, les pleurs de sa mère ponctuent les débats. Elle s’avance à la barre. “Je subis la présence de celui qui a tué mon Zozo et je ne sais pas comment faire face.”

En larmes

Face à elle, Jonas Elizalde s’effondre. Comme submergé par la culpabilité, lui qui a toujours assumé sa responsabilité, dès la première audition. Il s’est adressé directement à la famille les larmes dans la voix : "Je suis désolé. Du fond du cœur. J'ai mal agi ce soir-là, je ne me le pardonnerai jamais."

Je parle avec le cœur, je suis désolé, je ne me le pardonnerai jamais.

Jonas Elizalde

L'accusé

Il explique : "Il n'a pas été agressif. C'est moi qui suis allé vers lui. Il m'a dit : "t'es qui, qu'est-ce que tu fais ?" Je l'ai frappé. Je n'ai pas réussi à faire la différence entre le bien et le mal. J'ai cru qu'Alissia était en danger (la jeune fille avec qui Enzo parlait, NDLR). C'est dû à l'alcool et à ma mauvaise réflexion".

Le temps est suspendu. Le moment est fort. Au premier rang, la mère d'Enzo s'est effondrée en larmes en entendant ces mots.

Cannabis et mauvaises fréquentations

Jonas Elizalde est un jeune homme de 21 ans, de taille moyenne, mince et très brun, la barbe de trois jours et habillé de noir. Il s'explique calmement sur sa consommation d'alcool "festive", sur le cannabis. Il dit consommer "cinq à sept joints par jour". Il évoque aussi ses fréquentations. "Je traînais avec les mauvaises personnes. Je ne devais pas sortir ce soir-là : je ne devais pas aller à cette soirée parce que je travaillais le lendemain. Mais j'en ai fait qu'à ma tête..." 

Selon l'enquête de personnalité, il manque de confiance en lui. L'enquêtrice décrit un jeune homme gentil, mais impulsif avec de mauvaises fréquentations et beaucoup de cannabis... On apprend également qu'il a subi des attouchements, dans son enfance, par un ami de la famille. Trop bouleversée, la mère d'Enzo a, elle, quitté la salle.

Pour l'avocat de la défense, Me Alexandre Martin, cette prise de parole était essentielle pour l'accusé, incarcéré à l'âge de 19 ans, au moment des faits. "Ça fait deux ans qu'il attend, qu'il appréhende d'être confronté à la famille d'Enzo. Il avait des choses à leur dire, des choses humaines... Ces mots ont peut-être peu de sens pour les parents d'Enzo, mais il tenait à exprimer son humanité et la souffrance qui est la sienne d'avoir commis un tel geste et d'avoir ôté la vie à ce jeune garçon". L'avocat assure que son client s'est rendu compte dès le début de ses auditions de sa responsabilité qu'il ne nie pas. "Il est là pour demander une justice équilibrée".

Jonas Elizalde encourt 20 ans de prison.

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