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Quatre épreuves écrites, dont le français et la philo, un grand oral, du contrôle continu, la fin des filières S, L et ES mais un socle commun et des disciplines de spécialité. La réforme du bac va s'appliquer dès 2021. Les premiers élèves concernés sont donc ceux qui sont entrés en classe de seconde en septembre 2018...

Qu'est-ce qui change ?

Il n'y aura plus de série en voie générale mais des parcours choisis par chaque lycéen en fonction de ses goûts et de ses ambitions.
Fini les séries scientifique (S), économique et social (ES) et littéraire (L), il y aura un tronc commun de matières et une liste de spécialités à choisir pour les élèves de première dès la rentrée 2019.

Le nouveau bac général verra le jour en 2021. Les premiers élèves concernés sont donc ceux qui sont entrés en classe de seconde en septembre 2018.

Ce qui ne change pas : les élèves auront une épreuve anticipée de français – écrite et orale – en classe de première.

En revanche, l'examen comptera seulement quatre épreuves en terminale (contre 12 à 16 auparavant). Les candidats devront plancher sur une épreuve de philosophie, deux portant sur des enseignements de spécialité et un grand oral d'une vingtaine de minutes.

Pour cet oral, il s'agira de présenter un projet entamé en première en lien avec l'une des matières principales choisies par le lycéen.

Ces épreuves compteront pour 60% de la note finale de l'examen. Les 40% restants proviendront du contrôle continu : 30% lors d'épreuves communes au sein des établissements organisées en première et terminale et 10% des notes figurant sur les bulletins scolaires de ces deux années.

Enfin, l'oral de rattrapage est maintenu. 


► Consulter les coefficients du nouveau baccalauréat pour la voie générale :
© Ministère Education
© Ministère Education

 

Tronc commun et spécialités

Les élèves suivront un enseignement commun :
  • français en première puis de la philosophie en terminale
  • histoire-géographie
  • un enseignement scientifique  
  • un enseignement moral et civique  
  • deux langues vivantes 
  • éducation physique et sportive. 
© Ministère Education nationale
© Ministère Education nationale


Pour remplacer les séries littéraire, économique et social et scientifique, les élèves choisiront trois matières parmi douze spécialités en classe de première, ramenées à deux en terminale. 

Cela représente trois fois quatre heures hebdomadaires pour l'emploi du temps de première et deux fois six heures par semaine en terminale. 

Le ministère de l'Education a défini douze spécialités : 
  • arts 
  • biologie-écologie (lycées agricoles)
  • histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques  
  • humanités, littérature et philosophie  
  • langues, littératures et cultures étrangères  
  • littérature et langues et culture de l'antiquité
  • mathématiques  
  • numérique et sciences informatiques 
  • physique-chimie  
  • sciences de la vie et de la Terre 
  • sciences de l'ingénieur 
  • sciences économiques et sociales
Le ministère de l'Education a mis en ligne une application numérique Horizons 2021 sur son site pour aider le lycéen.
 
© Ministère de l'Education
© Ministère de l'Education

Carte interactive : enseignements de spécialité de première à la rentrée 2019 dans l'académie de Bordeaux, cliquez-ici
 
Capture d'écran de la carte de répartition des spécialités dans l'académie de Bordeaux. / © Académie de Bordeaux
Capture d'écran de la carte de répartition des spécialités dans l'académie de Bordeaux. / © Académie de Bordeaux

Nouveauté : pour aider les collégiens qui vont rentrer en seconde en septembre 2019, le ministère de l'Education a édité un dépliant explicatif qui sera distribué dans les collèges.

Vous pouvez le feuilleter ci dessous.

 




 

Pourquoi le nouveau bac inquiète-t-il les professeurs et les parents d'élèves ?

Banderole devant le lycée Jean Monnet de Blanquefort le 17 janvier 2019. / © Guillaume Decaix
Banderole devant le lycée Jean Monnet de Blanquefort le 17 janvier 2019. / © Guillaume Decaix

Emmanuelle Napias, enseignante au lycée Jean Monnet à Blanquefort, cette réforme est source d'inégalités :

Il n'y aura pas toutes les combinaisons de spécialités possibles partout.

C'est un bac à la carte préparé sans concertation et dans la précipitation.

Selon cette parent d'élève, "on a des élèves de Seconde qui vont devoir choisir des spécialités sans connaître les programmmes de Terminale".

Ce qui m'inquiéte, c'est ce qui est mis en place sans accompagnement.


Voir notre reportage du 17 janvier 2019 sur les inquiétudes au lycée Jean Monnet de Blanquefort :
Réforme du baccalauréat : inquiétudes au lycée Jean Monnet de Blanquefort en Gironde

Dans le cadre de la réforme du Baccalauréat, les emplois du temps et le fonctionnement sont à réorganiser car les séries S, ES et L vont disparaître pour être remplacées par un tronc commun auquel les élèves pourront rajouter 3 spécialités de leur choix. Elles diffèreront d'un établissement à un autre.

Au lycée de Navarre à Saint-Jean-Pied-de-Port, au Pays basque, une option rugby sera mise en place. Au total, il proposera 7 des 11 spécialités.

A Anglet, inquiétude des parents d'élèves du lycée Cantau. Selon Catherine Dupuis de la fédération des conseils de parents d'élèves :

Les élèves devront choisir des spécialités trop tôt qui les suivront durant leur vie d'étudiant. Cette réforme a été prise pour faire des économies et non pour une raison pédagogique.



Voir notre reportage du 10 janvier 2019 au Pays basque :
Réforme du baccalauréat : mise en place et inquiétudes dans le pays basque


Un bac "plus inégalitaire" ?

Les combinaisons de trois thématiques en première puis de deux en terminale ne seront pas toutes possibles pour les lycéens qui ne se verront pas forcément proposer toutes les spécialités. Pour Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, interrogée par France Info la réforme va "accentuer les inégalités". Elle explique :

Dans les lycées prestigieux et les lycées de centres-villes, vous trouverez quasiment l'intégralité des spécialités. De l'autre côté, les lycées de petites villes, de périphérie et ruraux ont une liste de disciplines bien plus réduite.



Selon la FCPE de Gironde c'est "une réforme trop précipitée dans sa mise en œuvre".

La fédération de parents d'élèves était favorable à une réforme et à la suppression des filières mais regrette que "la fin des séries ne concerne que la voie générale et que cette réforme se mette en place dans un contexte de réduction des postes, or les lycéens ont besoin auprès d’eux d’adultes formés et en nombre suffisant".


Sur le choix des spécialités, la FCPE s'interroge :

Les élèves seront-ils réellement libres de leur choix ? Des établissements ne seront-ils pas contraints et tentés de proposer des « packs » de spécialités ? Les élèves pourront-ils avoir accès aux spécialités qui ne sont pas proposées dans leur établissement ?

Stéphanie Anfray, la présidente de la FCPE locale se demande si les moyens humains et financiers vont suivre.

Ecoutez Stéphanie Anfray, présidente de la FCPE interrogé par France 3 Aquitaine :
 

Réforme du bac : les craintes de la FCPE de Gironde


Au lycée Brémontier de Bordeaux, " On sait déjà que les dotations horaires octroyées pour septembre 2019 ne sont pas suffisantes pour mettre en place les 8 spécialités annoncées par le rectorat".

Un enseignant d'histoire-géographie de l'établissement s'alarme de cette situation au 28 janvier :

On nous demande de faire des choix d'enseignement, or ce sont des sacrifices que nous devrons faire.


Un "marathon d'épreuves" 


La fédération de parents, qui reçoit beaucoup de questions de familles de lycéens mais aussi de collégiens, met en garde également sur le stress des élèves.

Stéphanie Anfay, la présidente de l'antenne de Gironde explique :

Dès la classe de première, les élèves se lanceront dans un marathon d'épreuves, ils rentreront dans un cycle de contrôle continu jusqu'au baccalauréat. En plus du bac français, ils devront passer une épreuve de spécialité. Puis en Terminale, il y aura des épreuves au deuxième trimestre puis le grand oral en juin et la philo !

Jean-Pascal Meyral, enseignant en sciences économiques et sociales au lycée Sud-Médoc au Taillan (33)et délégué syndical au SNES-FSU, précise qu'il y aura 21 épreuves à passer entre la classe de première et la Terminale en voie générale, et 26 épreuves en voie technique.

Selon lui, au lieu de "simplifier le baccalauréat, on le compléxifie avec cette réforme, car l'organisation des épreuves est peut-être moins lourde pour le rectorat mais elle sera plus lourde pour les établissements." 
 

Le Recteur de l'académie de Bordeaux répond à nos questions sur la réforme du bac


Quels sont les grands principes de la réforme du bac ?

L'objectif est de permettre aux élèves de mieux s'orienter avant et après le bac, pour une meilleure réussite dans leurs études.


Ecoutez la réponse d'Olivier Dugrip, recteur de l'académie de Bordeaux, dans son intégralité :
Réforme du bac : quels sont les grands principes ?


Quel est l'objectif du nouveau bac ?

Ecoutez la réponse du recteur dans son intégralité :
Réforme du bac : quel objectif ?
 

Comment les spécialités sont-elles réparties en Aquitaine ?

Il y a au minimum 7 spécialités dans tous les lycées, et dans les établissement où les effectifs sont plus élevés, il y a jusqu'à 12
spécialités, pour que partout, les élèves aient le choix.

Le nouvel enseignement de spécialité "Numérique et sciences informatiques" sera disponible dans tous les lycées de la région, selon le recteur de Bordeaux.

La réponse du recteur dans son intégralité :

Réforme du bac : quelle est la répartition des spécialités ?


Les élèves sont-ils tous égaux dans leur choix de spécialités selon qu'ils se trouvent dans les grandes villes ou à la campagne ?

Seon le recteur de l'academie de Bordeaux, tous les lycéens de la région Aquitaine bénéficient des mêmes choix .

J'invite les familles à consulter la carte sur le site du rectorat des enseignements de spécialité ouverts dans tous les lycées publics ou privés.

La réponse du recteur de Bordeaux à cette question sur l'inégalité entre établissements :
 
Réforme du bac : les élèves sont-ils tous égaux dans le choix des spécialités ?

 


Comment avez-vous opéré pour répartir les spécialités par établissement ?


La réponse du recteur de Bordeaux :
Réforme du bac : comment avez-vous réparti les spécialités par établissement ?


Comment faire quand un enseignement de spécialité n'est pas ouvert dans un établissement ?

Quand une spécialité n'est pas disponible dans un établissement, l'élève pourra la demander dans un établissement voisin, voire demander une dérogation pour changer de lycée.



Les explications du recteur de Bordeaux :
Réforme du bac : comment faire quand une spécialité n'est pas ouverte dans son lycée ?

Quels conseils pouvez-vous donner aux élèves ?

Je conseille aux élèves de parler de leurs choix en famille et avec leurs enseignants.
 

 ► Ecoutez la réponse du recteur de Bordeaux :

Réforme du bac : les conseils du recteur pour choisir ses spécialités

►Plus d'infos sur le site du rectorat de Bordeaux en cliquant ici
 

Numérique et sciences informatiques, un nouvel enseignement de spécialité

 
Cours d'information sur la réforme du bac dans une classe de seconde, au lycée Magendie, à Bordeaux, mardi 29 janvier. / © Elise Galand
Cours d'information sur la réforme du bac dans une classe de seconde, au lycée Magendie, à Bordeaux, mardi 29 janvier. / © Elise Galand

Parmi les douze spécialités proposées aux élèves, il y a "Numérique et sciences informatiques" (NSI).

Olivier Dugrip, recteur de l'académie de Bordeaux, a voulu que cet enseignement de spécialité soit ouvert dans tous les établissements de la région.

Le rectorat a fait un appel à volontariat parmi les enseignants qui souhaitent enseigner cette nouvelle matière. Une cession de formation de trois semaines est prévue en juin et se poursuivra durant deux ans avec une reconnaissance par un diplôme universitaire.

Pour l'instant ce sont les enseignants de mathématiques et de sciences industrielles qui sont susceptibles d'y aller, explique Jean-Pascal Meyral, élu syndical au SNES-FSU, or on manque déjà de professeurs en maths !

"Cette spécialité s'annonce difficile à mettre en place" selon le syndicat enseignant.

Les élèves auront-ils réellement le choix des spécialités ?

Le lycée Magendie de Bordeaux, 1100 élèves inscrits, propose dix spécialités. / © Elise Galand
Le lycée Magendie de Bordeaux, 1100 élèves inscrits, propose dix spécialités. / © Elise Galand

Ce sont les élèves qui doivent choisir leurs spécialités. En revanche, toutes les combinaisons ne seront pas possibles et/ou réalisables dans leur établissement.

La plupart des établissements a sondé les élèves concernant leurs choix. "Il en ressort, entre 30 et 50 combinaisons possibles pour l'instant, un choix très large", selon Jean-Pascal Meyral du SNES-FSU, qui demande un moratoire d'un an au moins sur la mise en oeuvre de la réforme.

Si on respecte le choix de tous les élèves, ça va coûter en heures d'enseignement beaucoup plus cher que prévu.


Les lycées vont devoir faire des choix. Les emplois s'annocent de vraix casse-tête  pour les chefs d'établissements.