Retour du masque à l’école : « Pas de conséquences négatives sur les apprentissages »

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Écrit par Charles Lemercier

Obligatoire dans toutes les écoles à compter du 15 novembre, le masque fait objet d’inquiétudes. D’après les travaux menés depuis le début de la pandémie, il ne gênerait pas le développement des enfants n’ayant pas de trouble. Mais risque de renforcer les troubles existants.

Les écoliers avaient retiré le masque le 18 octobre. Moins d'un mois après, ce lundi 15 novembre, il est de nouveau obligatoire. Et ce, partout en France. Jusque-là, seuls les départements où le taux d’incidence dépassait 50 cas pour 100 000 habitants étaient concernés. Désormais, le niveau 2 sur 4 dans le protocole prévu par le ministère de l’Éducation nationale s’applique dans toutes les écoles de France, peu importe l’évolution de l’épidémie.

On l’a enlevé pas si longtemps que cela. A chaque fois qu’il y a un rebond, on va le remettre, c’est un effet yo-yo et on le sait ce n’est pas facile pour les enfants

Séverine Pineau, co-présidente de la FCPE 87

Le nombre de départements concernés par la mesure a augmenté tout au long du mois d’octobre :

  • 47 départements le 4 octobre
  • 68 le 11 octobre
  • 79 le 18 octobre

Dans ce niveau 2 du protocole, les autres changements concernent la fin du brassage sur le temps périscolaire. Un crève-cœur pour certains enfants privés de leurs copines et copains des autres classes. « Au début, on était bien et après (la Covid-19) nous a complètement dérangé », disait Erwan, élève de CM1 à la Brégère à Limoges le jour de la rentrée à propos des groupes séparés.

Enfin, avec le niveau 2, les sports de contact sont interrompus.

Un risque chez les enfants qui présentent un trouble

Le masque interroge sur les effets et les risques qu’il peut présenter dans le développement des enfants. Aussi bien dans la socialisation que dans les apprentissages fondamentaux. Désormais bien installé dans le paysage, le masque offre donc du recul aux spécialistes du langage pour nous éclairer sur la question.

"Le port du masque est justifié pour freiner la propagation du virus, présente d’emblée Juliette Elie-Deschamps, maître de conférences du langage à l’université de Limoges. D’après les études menées, il ne présente pas de conséquences négatives sur les apprentissages avec le port du masque pour les enfants qui n’ont pas de trouble."

En revanche, lorsqu’un enfant présente un trouble, comme la surdité par exemple, "il y a un risque qu’il soit renforcé", poursuit Juliette Elie-Deschamps.

Chez les moins de six ans, même s’ils ne portent pas le masque à l’école, le port du masque peut freiner leurs avancées. "Les plus jeunes se basent sur la communication non-verbale dans leurs interactions avec les adultes. Une chose rendue difficile quand ces derniers portent le masque car on guette les réactions dans les zones autour de la bouche."

La reprise de l'épidémie pourrait, peut-être, faire évoluer le protocole au niveau 3. A ce stade, les jauges apparaîtraient au lycée "lorsque la configuration de l’établissement le nécessite", les activités physiques et sportives se déroulent, en principe, en extérieur et le port du masque devient obligatoire dans les espaces, non seulement clos, mais aussi en extérieur.