Tarnac : jugement attendu le 12 avril

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Écrit par Matthieu Mercier
© PASCAL LACHENAUD / AFP

L'affaire Tarnac touche à sa fin. L'épilogue d'un procès et d'une enquête fleuve est prévu ce jeudi 12 avril 2018 au Palais de Justice de Paris. Retour sur une affaire qui a suscité émotion et incompréhension de toutes parts. 

Les parties prenantes du procès de Tarnac attendent ce jeudi 12 avril 2018 avec impatience. Tant l'affaire a duré. Trop peut-être. C'est là que le bât blesse. Le jugement sera rendu au palais de Justice de Paris. Vous n'avez pas tout suivi, on vous explique l'affaire.


Novembre 2008

Huit personnes sont poursuivies, pour "association de malfaiteurs" et dégradation d’une ligne SNCF en Seine-et-Marne, à Dhuisy.  Dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, des crochets sont en effet posés sur des caténaires de lignes SNCF provoquant une énorme pagaille avec plus d'une centaine de TGV bloqués et 20 000 voyageurs en attente, la police antiterroriste intervient.

Le 11 novembre 2008, ils sont 150 à ceinturer la petite commune de Tarnac (Corrèze). La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie se félicite de cette efficacité. Pas question de s'intéresser à ce qui semble être pourtant la signature d'activistes antinucléaires allemands.

Quel lien avec Tarnac ?

Les 3 et 4 novembre 2008, une semaine avant l'intervention de la police antiterroriste à Tarnac, une rencontre au sommet était organisée à Vichy. Brice Hortefeux réunit tous les ministres de l'Intérieur et de la justice des États de l'Union européenne sur l'immigration. Julien Coupat et ses amis participent à la contre-manifestation. Il y a des violences, comme souvent en marge des sommets G8. Un traumatisme pour les habitants de cette commune de moins de 400 habitants.

Pour la Police, Julien Coupat, 33 ans à l’époque, est le théoricien d'un collectif invisible.

 

 


Ses écrits et pensées libertaires, qualifiés d'ultra gauche, sont dans le collimateur des enquêteurs. Ils y voient un appel à la lutte armée.


Procès fleuve

Les prévenus comparaissaient devant la 14e chambre du Tribunal correctionnel de Paris du 13  au 30 mars 2018.
Julien Coupat, 43 ans, et Yildune Lévy, 34 ans, sont jugés pour "dégradations d’un bien appartenant à autrui" –un TGV de la SNCF et des câbles électriques de Réseau ferré de France.

Deux autres prévenus, Elsa Hauck, 33 ans, et Bertrand Deveaud, 31 ans, sont aussi jugés pour "association de malfaiteurs", car ils ont participé à une manifestation violente, elle s’est terminée par des heurts avec les forces de l’ordre. Ils risquent cinq ans de prison.



Les quatre autres prévenus doivent répondre de délits mineurs : refus de se soumettre au prélèvement biologique, recel de documents administratifs volés. L’enquête a nécessité des mois de filature, 15 000 heures d’écoute, en tout un dossier de 27 000 pages.


Les réquisitions

Le 30 mars 2018, le Ministère Public a requis des peines de prison ferme à l’encontre de Julien Coupat (6 mois) et Yildune Lévy (2 mois), mais déjà couvertes par leur période de détention provisoire. Les peines de prison et les amendes requises contre les six autres prévenus sont toutes assorties de sursis.

Pendant les derniers jours de procès, deux thèses s’affrontent pour tenter de remporter la conviction du tribunal :
  • L’Accusation qui veut légitimer l’enquête, de l’autre.
  • La Défense qui estime le procès-verbal D104 a été monté de toute pièce.
Assaut du RAID musclé à Tarnac, rudesse de la garde-a-vue dans le cadre d'une procédure engagée pour terrorisme, détention pendant 2 mois et enfin, longueur de l'instruction... Tous les prévenus semblent avoir vécu des moments difficile depuis le début de l'affaire.


Malaise

L'enquête ouverte pour acte de terrorisme est minée par des incohérences et des faux. Le malaise politique s’installe. Après l'abandon de la qualification terroriste en 2016, les questions essentielles,  qui ?et pourquoi ? risquent de rester sans réponse.

Pour le comité de soutien de Tarnac, et les avocats des prévenus, la relaxe s'impose.



Les observateurs de ce procès sont aujourd’hui nombreux à dire que l’affaire a fait "pschitt". Quel qu’il soit, le jugement rendu fera date et s’annonce comme un tournant de l’histoire judiciaire.

 

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