Cet article date de plus de 6 ans

Tempêtes et houle : le littoral aquitain a reculé de 10 mètres

Le trait de côte du littoral aquitain a reculé en de nombreux points de 10 mètres ou plus, à la suite des tempêtes et houles de fin décembre-début janvier, a annoncé mardi dans un rapport l’Observatoire de la Côte Aquitaine, après un diagnostic de terrain

Le trait de côte du littoral aquitain a reculé  de 10 mètres à la suite des tempêtes et houles de fin décembre-début janvier comme ici à Soulac-sur-Mer en Gironde.
Le trait de côte du littoral aquitain a reculé de 10 mètres à la suite des tempêtes et houles de fin décembre-début janvier comme ici à Soulac-sur-Mer en Gironde. © JEAN-PIERRE MULLER / AFP
D’une manière générale, l’ensemble de la côte sableuse aquitaine a été fortement érodée à l’issue des dépressions des 23-27 décembre et 3-7 janvier et des fortes houles sur la période,(recul du trait de côte dépassant 10 m sur de nombreux sites).  
Selon la base de données BOBWA, couvre les vagues dans le golfe de Gascogne sur 1958-2002, la proportion de vagues de plus de 4 m sur une telle période (26 jours) atteint occasionnellement 40%, ponctuellement 50% (3 fois en 44 ans), mais jamais plus de 55%. Les plages se sont fortement abaissées et  aplanies, limitant ainsi leur résistance aux assauts de l’océan. Cette fragilité est renforcée par la disparition temporaire des barres sableuses. Des submersions marines de faibles emprises se sont également produites.

Les dégats relevés inscrits dans le rapport de l'Observatoire de la Côte Aquitaine
En Gironde, l’érosion marine a été la plus forte (recul du trait de côte atteignant 10 m, voire les dépassants par endroit) au Nord (dans le Médoc entre Soulac-sur-Mer et Lacanau) et au Sud (La Pointe du Cap Ferret et La-Teste-de-Buch) du département. Une généralisation de falaises vives de grande hauteur et de très forte pente a été constatée. Outre la destruction des accès de plage et l’altération des ouvrages côtiers (perrés, enrochements, promenade, etc.), cetteérosion remet en cause l’existence de bâtiments ou d’infrastructures (immeuble « Le Signal », Club de surf de Soulac, villa « Surprise », etc.).
À l’intérieur du Bassin d’Arcachon, hormis des laisses de mer bien marquées sur le Domaine Public Maritime (villages et ports ostréicoles principalement), il n’y a pas eu de trace de submersion marine constatée en zone urbaine. En revanche, les plages ont subi une érosion et un  abaissement dont l’amplitude n’a pas été estimée.  La flèche du Mimbeau a été particulièrement impactée  (6 brèches et 11 entailles d’érosion marine). Les dégâts sur les ouvrages et bâtis (cabanes ostréicoles notamment) côtiers n’ont pas été expertisés de manière exhaustive sur l’ensemble du Bassin. En revanche, il a été constaté que le mauvais état de certains perrés, quais et enrochements a pu par endroit, être accentué.

Dans les Landes, l‘érosion est globalement plus modérée que dans le Médoc cependant une falaise vive entaille le cordon dunaire sur la quasi-totalité du département. L’érosion (recul du trait de côte de l’ordre de 10 m, falaise dunaire vive de 6 à 12 m de haut) est la plus forte au Sud de chaque  courant landais, ainsi qu’entre Capbreton et Ondres.  Des dégâts sur les ouvrages côtiers ont été observés : destruction de la majorité des escaliers d’accès de plage (Messanges, Vieux-Boucau, Ondres, etc.), altération des enrochements (Nord de la Plage de la Savane à Capbreton).  Les berges du courant de Mimizan ainsi qu’un quartier en amont du courant ont été submergés et des dégâts sur les ouvrages côtiers ont été observés (érosion perrés, déplacement de blocs)

Dans les  Pyrénées-Atlantiques,  l’érosion  concerne essentiellement la plage de Milady à Biarritz, les berges de l’embouchure  de l’Uhabia et  la  plage de Parlementia à Bidart. Les falaises rocheuses n’ont pas subi d’éboulement ni d’effondrement remarquable. Des submersions marines de faibles emprises sont survenues dans la nuit du 6 au 7 janvier (Grand Plage de Biarritz, embouchure de l’Uhabia à Bidart). Les dommages sur les infrastructures et les ouvrages côtiers ont été majeurs par endroit (altération de la façade du Casino municipal de Biarritz, destruction des parapets et du local des Ours Blancs au Port-vieux, front de mer de Bidart, restaurants sur la jetée des Alcyons à Guéthary, déstabilisation des enrochements sur la plage d’Erromardie à Saint-Jean-de-Luz, etc.)

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
littoral intempéries