Top 14: succès laborieux pour Bordeaux-Bègles, Pau pas payé

Bordeaux-Bègles a remporté samedi à l'occasion de la 18e journée un succès capital dans la course au Top 6 mais laborieux sur le plan du jeu face à Pau (29-23), qui échoue à un point d'un bonus potentiellement lourd de conséquences en fin de saison.


    Pour l'UBB, l'essentiel est assuré. Elle qui retrouvait la quasi totalité de ses internationaux a renoué avec la victoire après son faux-pas corrézien et conserve un pécule confortable sur la 7e place. 
    La Section, qui a manqué six points au pied par Antoine Hastoy, très bon par ailleurs, repart à vide en Béarn. Pau reste 12e du fait de la défaite à domicile de Bayonne, qui tentera de lui passer devant dans une semaine lors de son match en retard face à Agen. 
    Dans cette partie disputée par temps couvert, les Girondins ont allumé les premières mèches avec une pénalité de Matthieu Jalibert et un essai en force de Ben Lam au terme d'une action de plus de deux minutes et trente secondes (10-0, 6e). 
    Cette ambition a duré un quart d'heure, avant une baisse de régime coupable. Jusque-là spectatrice, la Section, dans le sillage de son maître à jouer Hastoy, a fait mouche sur son premier temps fort, avec un essai de Thibault Daubagna près des poteaux (20e), semant ainsi le doute dans les têtes girondines, qui ont alors pêché au niveau de la discipline. Hastoy a ensuite réussi et manqué une pénalité (10-10, 30e). 
    C'est en repartant sur les fondamentaux de la conquête, un maul et une mêlée, que les hommes de Christophe Urios ont repris les commandes avec deux pénalités de Jalibert, arrière d'un jour et rare franchisseur de ce premier acte (16-10).

    Les deux formations sont restées très proches après la mi-temps, sans trouver la faille. La conquête est demeurée bordelaise mais les intentions plutôt béarnaises.
    Après l'heure de jeu (19-16), le banc girondin a cru faire la différence suite à une chevauchée de Lekso Kaulashvili et un essai de Yoram Moefana refusé à la vidéo pour un léger en-avant. Toujours sous pression, l'UBB a fini par breaker, par un essai de Cameron Woki  (29-16, 74). 
    Resté incisif, Pau a été récompensé de ses efforts par un essai d'Eliott Roudil (78). Un avertissement finalement sans frais pour l'UBB.   


    "Je pense qu'on dormait", résume Urios (Bordeaux-Bègles)
      

Christophe Urios (manager de Bordeaux-Bègles, vainqueur de Pau): "Je me suis fait chier. On a le match que l'on mérite. Je n'ai pas reconnu l'équipe que je vois à l'entraînement. Il y a des signes incroyables: à l'échauffement on a blessé Marco Tauleigne et on a fait trois points de suture (sur Jefferson Poirot et Alexandre Roumat). Tu peux l'interpréter de deux façons: soit l'échauffement est terrible et on est bien dans le combat. Ou alors on dort. Je pense qu'on dormait.

On n'a pas fait un bon match, on va se satisfaire des quatre points. C'est un avertissement important de la Section qui a fait son match.

Christophe Urios

"J'étais inquiet avant le match car notre semaine était excellente, mais on n'avait pas peur de Pau. Je me suis imaginé un conflit pour réveiller les mecs, mais ce n'est pas facile. Il nous a manqué
la pression du match. On a fait des mauvais choix. C'est un avertissement. Je pense qu'on ne sera pas pareil contre La Rochelle. C'est une belle leçon. Mentalement on n'était pas prêt pour faire un grand match de rugby".
    Jean-Baptiste Dubié (centre de Bordeaux-Bègles): "Il va falloir que ce match nous serve, car il y a quand même pas mal de choses à redire. Avec tout le respect que j'ai pour Pau, on savait qu'on était plus fort qu'eux mais au final, on finit proche de la correctionnelle. On les attendait en mêlée et elle a été bien, c'est le seul point positif du truc. Mais il y a pas mal de secteurs où c'était très moyen. C'est pour cela que ce match doit nous servir pour le prochain. On s'est bien entraîné, très bien entraîné, peut-être trop bien entraîné.
Les dix premières minutes, on domine un peu trop. Est-ce qu'on ne s'est pas dit que ça allait être un peu facile après le 10-0 d'entrée, inconsciemment c'est possible. Derrière c'est une équipe qui joue son maintien en Top 14. C'était nul comme match, pas très plaisant à jouer mais il faut aussi les gagner".


    Clément Maynadier (talonneur de Bordeaux-Bègles):

"On gagne, c'est la bonne nouvelle de la soirée mais on s'est fait peur jusqu'à la 80e minute. Il vaut mieux quatre points mal acquis que quatre points pas pris. On va se contenter de ça. On savait que Pau venait avec de grosses intentions car ils ont besoin de points. On a failli tomber dans le piège. c'est un avertissement sans frais, mais un vrai. Il reste sept matches, rien n'est fait. Avant de recevoir La Rochelle, c'est une bonne alarme car avec une telle prestation, ça ne passera pas"   

 

"Les erreurs individuelles nous coûtent cher", admet Hastoy (Pau)


      Antoine Hastoy (ouvreur de Pau, battu à Bordeaux-Bègles): "On a bien collé à notre plan collectivement mais il y a des erreurs individuelles qui nous coûtent cher à la fin du match. Moi, je manque six points. Il faut que chacun se remette en question personnellement. mais collectivement, on tient le bon bout et sur les sept derniers matches qui nous restent, il faut continuer comme ça. Quand on revient à 10-10, ils commencent à douter. On n'a pas su remettre un coup d'accélérateur pour marquer en fin de match. C'est dur de voir tous les efforts des mecs et de se dire que l'on repart avec 0 point".

Après, il faut passer à autre chose, on ne peut pas s'apitoyer, on doit absolument sauver le club. Bayonne a perdu, tant mieux pour nous mais on avait vraiment l'occasion de marquer des points ici." 

Antoine Hastoy


    Paul Tito (co-entraîneur de Pau):

"C'est la frustration qui ressort ce soir. Mais il y a des points positifs, on a clairement joué comme une équipe. Ce sont les erreurs individuelles qui font pencher le match. Ce mauvais départ, c'est le fil rouge de notre saison. On n'est pas une équipe assez bonne pour se permettre de laisser des points comme ça. (...) Il faut mieux se concentrer sur les débuts des matches. On travaille dessus pourtant. On repart avec rien alors qu'on méritait quelque chose, au moins un point. Il va falloir se mettre en esprit commando. On a sept matches pour sauver le club. Ca s'annonce comme une guerre pour nous"  

  

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