Trois cyclistes ont été tués sur les routes de la Vienne en 2021 : "Il faut sécuriser les points noirs"

En moins de deux semaines dans la Vienne, deux cyclistes ont été mortellement fauchés par des automobilistes. En tout, trois sont morts depuis le début de l'année. Les associations tirent la sonnette d'alarme.

Deux cyclistes sont morts dans la Vienne en moins de deux semaines, percutés par des automobilistes. Un homme de 28 ans a perdu la vie sur la route de Civray la semaine dernière et un jeune de 14 ans a été mortellement renversé par une voiture dans la nuit de samedi à dimanche sur la D347 entre Poitiers et Mirebeau, portant à trois le nombre de cyclistes tués depuis le début de l'année. 

"Le point de choc est là où on voit ce marquage en rouge", indique Daniel Girardeau, présent sur les lieux du drame, selon le maire de Mirebeau. Cet accident n'était pas une fatalité, s'il y avait une alternative à la route, il aurait pu passer ailleurs", alerte cet élu.

En l'absence de piste cyclable, la D347 était l'unique itinéraire pour cet adolescent qui regagnait son domicile. Cette départementale, non éclairée et très empruntée par les automobilistes, est reperée comme dangereuse pour les cyclistes. 

Dans la Vienne, cette année, la mortalité des cyclistes est supérieure à celle des cinq dernières années. 

Le vélo, c'est un moyen de transport, ce n'est pas que du sport, on se déplace pour aller travailler. 

Benjamin Michot, association Vélotaf

Ces routes peu sécurisées, Benjamin Michot, les emprunte quotidiennement pour aller travailler. Sur son trajet de 15 kilomètres, il roule majoritairement sur des routes départementales. Cet adepte du vélo pointe du doigt le comportement des automobilistes.

"Le vélo, c'est un moyen de transport, ce n'est pas que du sport, on se déplace pour aller travailler, pour aller à des rendez-vous, dans notre vie active quotidienne, on ne peut pas accepter la fatalité et se dire que l'on peut être victime d'un accident", alerte Benjamin Michot, membre de l'association Vélotaf.

Les vélos représentent 2% des déplacements dans l'agglomération de Grand Poitiers. L'objectif de la collectivité est d'atteindre 9% d'ici à 2024.

"Il y a encore des pistes cyclables qui ne permettent pas de faire des trajets sécurisés sur toute la longueur. Il y a un gros travail à faire pour gommer cette discontinuité et il y a des axes sur lesquels on souhaite travailler", reconnaît Frankie Angebault, vice-président en charge des mobilités à Grand Poitiers. 

"On a associé les 40 communes de Grand Poitiers pour voir quels étaient leurs besoins. Il y a aussi des besoins dans la deuxième couronne de Poitiers. On va travailler sur l'ensemble des demandes pour sécuriser les cyclistes, en priorité sur les zones pourvoyeuses d'emplois. Il faut aussi faire de la pédagogie pour que les cyclistes soient bien visibles, pour que les automobilistes les voient de loin", détaille Frankie Angebault.

Niort : "il faut sécuriser les points noirs"

Dans les Deux-Sèvres, un cycliste a été mortellement renversé à Caunay, le 2 septembre dernier par un véhicule à l'intersection de deux départementales. À Niort, un homme de 70 ans qui avait été renversé le 19 octobre 2020, au rond-point Sicard et est décédé la nuit suivante des suites de ses blessures au CHU de Poitiers. 

"Ce rond point n'a toujours pas été sécurisé", s'insurge le porte parole de l'association Villovelo en rappelant que son association s'était emparée de ce drame pour alerter les élus de Niort.

"Suite au décès, il y a eu comme seule réponse de la municipalité, quelques pictos au sol pour signaler aux automobilistes qu'il y a des vélos qui circulent aussi sur ce rond point. On considère que c'est trop léger sur un carrefour aussi fréquenté. Ce qu'on dit depuis des années, c'est qu'il faut sécuriser les points noirs, plutôt que les endroits où c'est facile de circuler", avertit Vincent Guérin, co-responsable de l'association Villovelo.

La FUB, Fédération française des Usagers de la Bicyclette, a lancé une enquête intitulée le Baromêtre des villes cyclables.

Cette consultation citoyenne permet aux cyclistes d'évaluer jusqu'au 30 novembre, la cyclabilité, le stationnement et la sécurité des communes.

Reportage de Malvina Raud, Romain Burot et Marion Reiler

 

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