Vaccin contre le covid : le Limousin à l’heure du rappel

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Écrit par François Clapeau
Les injections de doses de rappel ont débuté au centre de vaccination municipal de Limoges.
Les injections de doses de rappel ont débuté au centre de vaccination municipal de Limoges. © France 3 Limousin

Les EHPAD se préparent, et les centres de vaccination réalisent déjà les premières injections.

On en parle depuis longtemps, elle est maintenant lancée : une campagne de rappel vaccinal doit permettre de stimuler le système immunitaire des plus vulnérables.

Qui est concerné ?

Cette campagne vise les plus fragiles. Il s’agit des résidents d'EHPAD, des personnes de 65 ans et plus vivant à domicile, et des personnes souffrant de comorbidités ou atteintes de pathologies à haut risque de forme grave. Le rappel doit faire 6 mois après la dernière injection.

Celles et ceux qui ont reçu le vaccin Janssen doivent également bénéficier d’une deuxième dose, 4 semaines après la précédente injection.

En Limousin, on compte 199 448 habitant-e-s de plus de 65 ans, soit 30% de la population, et 62 718 de plus de 80 ans. 14 000 personnes ont reçu le vaccin Janssen.

Pourquoi un rappel ?

Selon la Haute autorité de santé (HAS), les effets du vaccin peuvent diminuer avec le temps, notamment face au variant Delta : "Cette baisse de la protection concerne essentiellement l’infection et les formes symptomatiques. On observe également une légère baisse d’efficacité sur les formes graves qui restent globalement bien couvertes par les vaccins."

L’opportunité de ce rappel fait débat à l’international. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en avant un point de vue "moral et éthique". Selon ses responsables, il n'est pas bon que les pays riches injectent la troisième dose "quand le reste du monde attend sa première injection".

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies suit cette position et considère qu’il n’y a pas "de besoin urgent" à proposer un rappel vaccinal aux personnes ne présentant pas de grave déficit immunitaire : "Tous les vaccins autorisés dans l’UE sont actuellement hautement protecteurs contre l’hospitalisation et les formes graves liées au Covid-19, tandis qu’un adulte sur trois de plus de 18 ans n’est pas encore pleinement vacciné."

Dans notre région, 90% des résidents d’Ehpads sont vaccinés, comme plus de 80% des limousins de plus de 12 ans. 87% des plus de 12 ans ont reçu au moins une dose. C'est au dessus de la moyenne nationale.

Démarrage en douceur en centre de vaccination

Ce n’est pas encore la grande affluence, mais au centre de vaccination municipal de Limoges, la troisième dose est déjà une réalité.

La raison de ce démarrage en douceur paraît simple : il faut attendre au moins 6 mois entre la deuxième dose et la troisième. Lors des premières vaccinations, la situation était très différente. 

Bernard Bertin, le directeur de la santé à la ville de Limoges, explique : "Sont concernées uniquement les personnes qui ont eu leur deuxième dose en mars. À ce moment-là, ce n’était pas un rush comme ça a pu l’être pour la vaccination courante cet été."

En effet, le centre de vaccination municipal ne vaccinait en début d'année que 48 personnes par jour, contre 500 actuellement.

La semaine prochaine en EHPAD

Du côté des EHPAD, on se prépare. Véronique Demaison, directrice de plusieurs établissements de Haute-Vienne, détaille : "On est en train de le programmer. Nous débuterons la vaccination la semaine prochaine. Il faut lister les résidents concernés, et commander les doses au CHU de Limoges."

Les résidents ne semblent pas réticents. Patricia Saule-Franco, médecin dans trois Ehpads de Haute-Vienne, le constate : "On a même pu convaincre des résidents réfractaires à la vaccination dans un premier temps. Ils voient que ça facilite les sorties avec le pass sanitaire, et puis ils ont constaté qu’il n’y avait pas eu de conséquences négatives chez ceux qui sont déjà vaccinés."

Suffisamment de dose

A la pharmacie du CHU de Limoges, si l’activité reste très soutenue, cette mise en place d’un rappel n’a pas de conséquence sur le nombre de doses disponibles. L’approvisionnement, géré avec l’Agence régionale de santé, se déroule sans difficulté.

L’une des explications vient du nombre de premières injections dans la population générale : il est en baisse depuis un mois, ce qui permet d’absorber les nouveaux besoins.

Bientôt une obligation pour les soignants

La vaccination contre le Covid-19 est désormais obligatoire, sauf contre-indication médicale, pour les personnes qui travaillent dans les "établissements et services sanitaires et médico-sociaux."

À partir du 15 septembre et jusqu'au 15 octobre, ils seront autorisés à exercer leur activité à condition de justifier de l'administration d'au moins une dose de vaccin. Ensuite, si le schéma vaccinal n’est pas complet, ils pourront être suspendus sans rémunération.

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