Crise ouverte avec le commissariat : les avocats de Châtellerault n'y assistent plus les gardés à vue

Publié le Mis à jour le
Écrit par Barbara Gabel et Elise Rouard

Un nouvel incident ce jeudi matin au paroxysme des tensions entre police et avocats de Châtellerault : "jusqu'à nouvel ordre," ces derniers ne mettront plus les pieds au commissariat, cessant toute assistance durant les gardes à vue.

"Faire cela à une femme, qui plus est en jupe, je ne sais comment qualifier". Le bâtonnier de l'ordre des avocats de Poitiers reste stupéfiait de l'accueil réservé ce jeudi matin à une avocate, à son arrivée au commissariat de Châtellerault : chargée du contrôle à l'entrée, la policière en face d'elle voulait lui passer entre les cuisses, un détecteur de métaux. "Elle a refusé, poursuit le bâtonnier, maître Nicolas Gillet. On lui a fait savoir qu'un rapport allait être établi face à son refus, c'est à dire qu'on a essayé de l'impressionner. Elle a montré sa carte professionnelle comme d'habitude, puis on lui a pris son sac, placé dans une armoire dont elle a conservé la clé. Mais donc, elle n'avait plus accès à ses affaires".

Incompréhensible. Imposer cela à une femme en plus, en jupe, je ne sais comment qualifier.

le bâtonnier du barreau de Poitiers

Après s'être brièvement entretenue avec son client, l'avocate a choisi de ne pas assister à l'audition de ce dernier. Elle n'ira plus au commissariat. Ni elle, ni ses confrères - réunis dès hier, avant ce dernier accrochage, les membres du barreau de Poitiers ont choisi de cesser toute désignation d'avocats pour les gardes à vue, "jusqu'à nouvel ordre. "

Les problèmes ont commencé en octobre, suivant une circulaire d’avril 2021 du ministère de l’Intérieur, renforçant les mesures de sécurité dans les lieux accueillant du public. Sauf que les contrôles visuels, imposés aux avocats, n'ont lieu qu'à Châtellerault, "nulle par ailleurs, remarque le bâtonnier, même pas à Poitiers qui dépend de la même direction départementale de la sécurité publique (DDSP). C'est incompréhensible".

Le barreau de la Vienne espérait une médiation du procureur de la République, comme cela s'est déjà vu dans d'autres départements. Mais là, enrage maître Gillet, "il botte en touche, prétend que cela ne le concerne pas, alors qu'il est légalement chargé des conditions d'une garde à vue". 

L'ampleur que cela prend depuis dimanche... Je signale, au fur et à mesure.

le bâtonnier du barreau de Poitiers

L'avocat, qui vient tout juste de prendre ses fonctions de bâtonnier, a mis en œuvre ses "relais au plus haut niveau, pour transmettre chacun de ces incidents".

En attendant, les personnes interpellées à Châtellerault ne bénéficient plus de l'aide d'un avocat, tant qu'elles sont au commissariat. 

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