Léonore Moncond’huy, nouvelle maire écologiste de Poitiers, diminue son indemnité mensuelle de 1300 euros

Léonore Moncond’huy, maire écologiste de Poitiers, a voté la diminution de son indemnité mensuelle de près d’un tiers. Un signal fort de la nouvelle majorité municipale dans le contexte de crise sanitaire, économique et sociale.
Léonore Moncond'huy, maire écologiste de Poitiers, a voté pour la diminution de près d'un tiers de ses indemnités mensuelles. Elle touchera donc 1300 euros de moins que son prédécesseur.
Léonore Moncond'huy, maire écologiste de Poitiers, a voté pour la diminution de près d'un tiers de ses indemnités mensuelles. Elle touchera donc 1300 euros de moins que son prédécesseur. © Guillaume Souvant - AFP
Au lendemain des élections municipales, c’est un sujet qui crée souvent la polémique. Certains maires demandent  à leur conseil municipal une réévaluation de leurs indemnités, comme à Douai (Nord) ou à Perpignan, où Louis Aliot (Rassemblement National) voit ses indemnités augmenter de 17%. À contrecourant de cette mesure, la maire écologiste de Poitiers Léonore Moncond’huy, fraîchement élue le 28 juin dernier, a fait voter lors du premier conseil municipal de la nouvelle mandature la baisse de ses indemnités de près d’un tiers, soit 1300 euros de moins que les indemnités perçues par le maire sortant Alain Claeys. "Par sobriété" explique-t-elle à nos confrères de France Bleu, notamment dans un contexte de crise sanitaire.

1300 euros de moins pour la maire de Poitiers

Cette décision a été prise au lendemain de son élection à la tête de la ville. Léonore Moncond’huy raconte s’être rendue compte que l’écart d’indemnisation au sein du conseil municipal entre le niveau le plus bas et le plus haut était de l’ordre de 1 à 10. La majorité a donc profité du premier conseil municipal organisé lundi 20 juillet pour faire voter une nouvelle répartition des indemnités, ramenant le ratio entre l'indemnité la plus haute et la plus basse de 1 à 5. Une décision qui répond également à son programme de justice sociale, d’après l’entourage de la maire de Poitiers.
Pour la mandature 2020-2026, l’indemnisation mensuelle de la maire de Poitiers s’élèvera donc à 3232 euros bruts, soit 1 300 euros bruts de moins que l’indemnité perçue par Alain Claeys pendant la mandature précédente. Une baisse souhaitée par la nouvelle majorité municipale pour mieux répartir l’enveloppe entre tous les élus et dégager de l’argent public.

Répartition de l'enveloppe budgétaire globale

Ainsi, les 15 adjoints de Léonore Moncond’huy percevront 1422 euros bruts contre 1983 euros précédemment. De leur côté, les 21 conseillers municipaux délégués seront indemnisés à hauteur de 782 euros bruts, soit 40 euros de plus que la mandature précédente. Au total, l’enveloppe annuelle allouée aux indemnités des élus de Poitiers s’élève désormais à 517 456 euros, contre 585 978 euros pendant la mandature précédente. 

"D’un point de vue individuel, c’est une bonne décision de baisser sa rémunération en raison de la crise sanitaire et du besoin grandissant de confiance en la politique, il faut la saluer" explique Anthony Brottier, conseiller municipal d’opposition et candidat malheureux de La République en Marche à la mairie de Poitiers. Cependant, il pointe du doigt les élus qui cumulent des fonctions d’adjoints à la mairie et de vice-présidents à la communauté urbaine du Grand Poitiers, plus nombreux selon lui que lors de la précédente mandature.

Autres exemples à Besançon et Strasbourg

D’autres maires écologistes élues ont également fait ce choix. À Strasbourg, Jeanne Barshegian va proposer une réduction de ses indemnités de plus de 1200 euros lors du prochain conseil municipal prévu le 27 juillet. Un engagement de campagne de la nouvelle maire de Strasbourg, qui indique elle aussi son objectif de sobriété et de démocratisation de la vie politique.

Anne Vignot, nouvelle maire EELV de Besançon, a également réduit ses indemnités de 1000 euros bruts pour augmenter celles des conseillers municipaux délégués. "Dans une société qui vit des crises sociales, économiques, climatiques, il est temps de revenir à une approche sobre et pourtant ambitieuse, indique la maire de Besançon. La fonction d’élue est de monter une politique d’intérêt général et non pas de devenir une notable." À noter qu’au-delà de son indemnité de maire, Léonore Moncond’huy touchera également une indemnité pour son poste de vice-présidente de la communauté urbaine de Grand Poitiers, soit "autour de 1 000 euros" en plus, a-t-elle déclaré au journal Le Parisien.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
politique europe écologie les verts