Vienne. Enquête pour homicide après le décès d'une patiente dans l'unité psychiatrique de Nieuil-L'Espoir

Centre hospitalier psychiatrique Laborit, unité Jean-Baptiste Pussin - Nieuil l'Espoir / © Stéphane Bourin - France Télévisions
Centre hospitalier psychiatrique Laborit, unité Jean-Baptiste Pussin - Nieuil l'Espoir / © Stéphane Bourin - France Télévisions

Une femme de 29 ans a été retrouvée morte, le 3 octobre dans son lit de l'unité psychiatrique de Nieuil-L'Espoir située dans la Vienne. Alors que l'autopsie conclut à une mort par étouffement, une enquête pour homicide volontaire a été ouverte.

Par Valérie Prétot avec Marie-Ange Cristofari et Stéphane Bourin

Une enquête pour homicide volontaire a été ouverte après la découverte d'une patiente dans l'unité d'un centre spécialisé en psychiatrie à Nieuil-l'Espoir.
Ce mardi, le procureur de la République de Poitiers a reçu les médias pour confirmer cette information. La mère de famille de 29 ans, dont le corps a été retrouvé jeudi matin par une aide soignante, a été tuée par étouffement. Au vue des résultats de l'autopsie, le procureur précise que,

Le décès a été provoqué par une axphyxie mécanique provoquée par autrui, 
Michel Garrandaux, procureur.

L'hypothèse d'un huis clos

L'ensemble des patients a déjà été entendu par les gendarmes chargés de l'enquête. Le procureur affirme qu'il n'y a aucune trace d'effractions,

L'auteur de cet homicide est très très vraisemblablement l'un des 26 patients qui se trouvaient à l'intérieur ou l'un des membres du personnel parce que le batiment est complètement fermé la nuit et il n'y a pas de traces d'effraction, 
-Michel Garrandaux, procureur.

Le Procureur de la République de Poitiers
Michel Garrandaux, procureur de la République de Poitiers lors de sa conférence de presse ce mardi. Il répond aux questions de Marie-Ange Cristofari et Stéphane Bourin.


Un infirmier et un aide soignant étaient en service 

De son côté la direction de l'hôpital va diligenter une enquête administrative pour déterminer les conditions de travail des deux personnes qui étaient de garde cette nuit là.

L'un d'entre eux était un infimier du pool de remplaement, l'autre était un aide soignant qui débutait son exercice. Ce sont des gens formés qui ont pour vocation d'exercer dans des services hospitaliers au pied levé, il n'y a jamais eu de problèmes de cet ordre, on est face à une situation exceptionnelle,
Christophe Verduzier, Directeur du Centre Hospitalier Laborit

  

La sécurité des patients n'est pas assurée selon les syndicats

Ce mardi matin, un Comité d'hygiène et de sécurité s'est tenu en urgence pour mettre en place des mesures d'accompagnement des agents et des patients de l'unité de Nieuil.
Devant notre caméra, les syndicats ont déploré le manque d'effectif dans certains pavillons de cet établissement psychiatrique.

Le problème des effectifs existe depuis plusieurs années. C'est une certitude, on se bagarre avec la direction. Je pense que la sécurité des patients n'est pas assurée dans certains pavillons. L'établissement de Nieuil-L'Espoir est un grand établisssement, je pense qu'il faudrait discuter sur le nombre de personnes qui travaillent la nuit, c'est un établissement qui n'est pas sécurisant du tout,
-Françoise Pin, Secrétaire CHSCT Force Ouvrière

   
Selon le personnel, le site accueille des patients en cours de réinsertion. "Ce ne sont pas ces patients qui posent le plus de problèmes a priori mais on reste en milieu psy", ont expliqué des sources syndicales.

L'enquête a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie, qui auditionne personnels et patients.

Sur son site internet, le centre hospitalier Henri-Laborit, basé à Poitiers, se présente comme "le seul établissement autorisé en psychiatrie et santé mentale de la Vienne", où il dispose de plusieurs unités.
    






 

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