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Poitiers : les derniers jours au Parlement européen de la députée Elisabeth Morin-Chartier

Elisabeth Morin-Chartier, députée européenne Agir de l'Ouest, lors d'un séminaire Europe avec des lecteurs du journal Ouest-France au Parlement européen à Strasbourg du 15 au 17 avril 2019. / © Marc Ollivier / MaxPPP
Elisabeth Morin-Chartier, députée européenne Agir de l'Ouest, lors d'un séminaire Europe avec des lecteurs du journal Ouest-France au Parlement européen à Strasbourg du 15 au 17 avril 2019. / © Marc Ollivier / MaxPPP

Elle est la députée européenne ayant porté la directive sur les travailleurs détachés : à 71 ans, Elisabeth Morin-Chartier tire sa révérence et ne sollicite pas de nouveau mandat au Parlement de Strasbourg. 

Par Cl.M.


Son nom restera associé à celui de la directive sur les travailleurs détachés : la députée européenne Elisabeth Morin-Chartier (Agir de l'Ouest), née à Ceaux-en-Couhé, près de Poitiers dans la Vienne, ne se représente pas aux prochaines élections du 26 mai. A 71 ans et après 12 années passées au Parlement européen, elle envisage une vie plus proche de sa famille.

A l'heure de passer la main, elle confie "un petit pincement au coeur", mais surtout "un sentiment de sérénité d'avoir fait le job".
Arrivée sur la pointe des pieds en mai 2004 après la nomination au gouvernement de Roselyne Bachelot, Elisabeth Morin-Chartier laisse son empreinte au Parlement européen.

"A bout de bras"

Réélue en 2009 puis en 2014, elle garde en elle le souvenir d'au moins deux grandes réussites : le vote l'an dernier de la directive sur les travailleurs détachés et, dès 2014, son engagement en faveur de la lutte contre le harcèlement et d'une éthique au coeur du Parlement.
Cette directive, elle se souvient l'avoir "portée à bout de bras" pendant "28 mois". 

Un pied à Bruxelles, l'autre dans le Poitou-Charentes, Elisabeth Morin-Chartier est convaincue que les intérêts locaux passent d'abord par l'Europe.

Pour elle, le Parlement européen a "un vrai pouvoir". Elle en veut pour exemple son long travail sur la directive sur les travailleurs détachés.

"Depuis le traité de Lisbonne (2009), le Parlement européen est en co-décision avec le Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement", explique-t-elle à notre consoeur Véronique Auger, dans l'émission Avenue de l'Europe.

"Un exemple : en ce qui concerne la directive travailleurs détachés, au niveau du Parlement européen, j'arrive à avoir un mandat de négociation qui inclut dans la directive générale des travailleurs détachés, les chauffeurs routiers. Au Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement, ils disent, c'est trop risqué, on va oter les chauffeurs routiers de cette directive. Donc, ils reculent devant l'obstacle. C'est au niveau du Parlement, que l'on corrige cette peur des chefs d'Etat et de gouvernement, qui eux sont déconnectés du terrain. Nous, les députés, ne faisons pas que du travail législatif, on va aussi dans les entreprises, sur le terrain. Ca nous a permis d'aller plus loin dans les exigences sur cette directive, d'avoir un vote à 70% au Parlement européen et d'augmenter la majorité au Conseil. Comme quoi, la démocratie, c'est la représentation du peuple par ses députés au Parlement européen et c'est le point d'équilibre qui peut corriger des positions parfois peureuses, parfois excessives du Conseil."

Elle affirme qu'elle continuera à porter cette fervente conviction loin de Bruxelles, dans sa Vienne natale. Pour elle, l'Europe n'est pas qu'un mandat politique. C'est avant tout l'engagement d'une vie.

►En savoir plus : Elisabeth Morin-Chartier évoque son parcours et son expérience européenne dans une longue interview avec Véronique Auger, à l'occasion de l'émission Avenue de l'Europe (lien vidéo), en avril dernier. 




 

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