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Une ville plus démocratique, l'ambition de Léonore Moncond'huy pour Poitiers

Tout juste élue à la tête de la ville, la candidate de Poitiers Collectif compte bien transposer l'esprit de consultation populaire de sa liste dans la gouvernance de la municipalité. Un défi ambitieux qui sera nettement plus complexe à mener à l'échelle de l'agglomération. Interview et reportages.

Léonore Moncond'huy
Léonore Moncond'huy © Thomas Chapuzot - France Télévisions
France 3 : Vous étiez presque surprise dimanche soir de votre élection. Est-ce que vous êtes de taille pour cette responsabilité ?

Léonore Moncond'huy : Pourquoi pas ? Tout à fait, je me sens de taille. Mon équipe est compétente, complémentaire, elle dispose d’élus expérimentés et sortants et de citoyens prêts à s’engager pour leur ville, pour la communauté d’agglomération. Nous serons au travail dès ce vendredi.

Votre première journée a été un marathon médiatique. Avez-vous commencé toutefois à regarder les dossiers ?

Nous avons fait une première entrée à la mairie hier matin pour prendre un premier contact avec les services ce qui est important. Et nous avons en même temps bénéficié d'une couverture nationale très importante qui est une belle reconnaissance de notre démarche et pour notre ville au sens large.

France 3 : Nos équipes de reportage de France 3 ont pu l'observer au cours de la liesse qui entourait le local de Poitiers Collectif, des citoyens se sont impliqués dans cette campagne, sans pour autant figurer sur la liste. Parmi ces citoyens relais de la campagne, il y a notamment ce groupe de jeunes des quartiers surnommé "les Fourmis"... Ils ont signé une tribune intitulée "Ça ne sera pas sans nous" et ont démarché autour d'eux, incitant à voter pour ce projet qu'ils trouvent sincère, beaucoup plus que les visites d'élus qu'ils avaient pu observer jusque là.
 


France 3 : Tout au long de votre campagne vous avez défendu une autre façon de voir la politique... Comment cela va-t-il se traduire concrètement dans votre exercice du pouvoir municipal ?

Léonore Moncond'huy : Nous portons un projet de renouvellement des pratiques politiques qui se déclinera dans notre gouvernance municipale.
Nous aurons un fonctionnement assez horizontal entre élus, en concertation entre élus mais aussi avec les services de Poitiers, de Grand Poitiers.
Et ça se déclinera aussi par des outils démocratiques nouveaux : l’assemblée citoyenne, que nous mettrons en place dans les premières années de notre mandat et le référendum d’initiative locale, le droit à l'initiative locale qui viseront à donner les outils pour que les Poitevin(e)s se saisissent aussi de la vie politique à l’échelle municipale.

C'est dans la suite, la veine des réunions plénières publiques mensuelles et des groupes de travail avec les citoyens de Poitiers Collectif ?

Oui, c'est le même esprit, toujours ouvert, démocratique et transparent pour redonner confiance en les élus et en la politique.

Vous avez une majorité plurielle, bâti sur l'écologie mais avec le soutien d'autres sensibilités, plus à gauche. Vous êtes sûre de leur soutien pour tout le mandat ?

Absolument, je suis sûre et certaine de la fiabilité de mon équipe, nous portons bien trois piliers : écologie, justice sociale et démocratie. C’est autour de ce projet global et cohérent que nous sommes réunis aujourd’hui, soudés définitivement.

Huit grandes villes en France passent aux verts, plus Grenoble qui a reconduit Eric Piolle. Une vingtaine au total. Vous bénéficiez d'un contexte national favorable. Porteur ?

Je suis vraiment très heureuse et très fière que Poitiers rejoigne le mouvement des villes qui basculent vers l’écologie, vers un projet de transformation sociétale au sens large. C’est une lame de fond national et Poitiers y a pris toute sa place.

France 3 : Outre l'élection au poste de maire ce vendredi en conseil municipal, le prochain rendez-vous se joue à l'échelle de l'agglomération, avec le vote pour le nouveau président de la communauté urbaine de Grand Poitiers. Léonore Moncond'huy ne brigue pas ce poste. Ca ouvre les appétits d'autres élus comme l'expliquent Anne-Marie Baillargé et Antoine Morel dans leur reportage.
 
Parmi les candidats potentiels, citons le maire de Jaunay-Marigny, Jérôme Neveux (centre droit, l'un des ex-vice-présidents de Grand Poitiers), celle de Migné-Auxances Florence Jardin (socialiste, tendance écologique, autre ex-vice-présidente de Grand Poitiers).
Sont également mentionnés Corine Sauvage, la maire de Montamisé, pour son réseau auprès des maires ruraux ou Claude Edelstein, le maire de Chasseneuil...
Mais lequel pourrait garantir durablement cette synthèse souhaitée par Léonore Moncond'huy entre l'esprit de Poitiers Collectif et les sensibilités politiques des 40 communes, parfois bien éloignées de celui-ci ?
La droite serait bien sûr ravie de récupérer cet espace, et le confier à un autre maire, quelque soit son bord, c'est prendre le risque de dissensions. Dangereux car l'intercommunalité est partie prenante sur de très nombreuses compétences au coeur du programme de Poitiers Collectif, comme la mobilité pour ne citer qu'un exemple. Les tractations ont commencé en tout cas. Réponse le 10 juillet... 

France 3 : Vos concurrents du second tour vous avaient beaucoup taquinée sur cette question de la présidence de l'agglomération. Comment espérez-vous garder la main sur cette entité politique devenue très importante ces dernières années sans être à sa tête ? Qui allez-vous pousser ?

Léonore Moncond'huy : On le sent bien (dans votre reportage), ce qu’on appelle le troisième tour des élections municipales est déjà parti
Je confirme le souhait de Poitiers Collectif d’avoir une gouvernance partagée à l’échelle de l’agglomération qui représente la diversité des 40 communes
Nous y travaillons, je ne peux pas encore vous donner de nom pour l’instant. Ce qui est certain c’est que la présidence devra être pleinement en accord avec les valeurs portées par Poitiers Collectif et notamment autour de ses ambitions pour la mobilité à l’échelle de Grand Poitiers pour la relocalisation alimentaire, qui sont de gros enjeux majeurs autour desquels nous pouvons fédérer.

En tout cas vous préférez un autre maire de l’agglomération plutôt qu’un conseiller de votre liste ?

C’est l’hypothèse sur laquelle nous travaillons en effet.

Claude Edelstein, il est beaucoup question de lui, c'est un élu de droite plutôt modéré. Mais vous ne craignez pas de vous retrouver co-pilotée par le département ?

Il est important que la présidence de l’agglomération soit pleinement en accord avec le projet de Poitiers Collectif et avec ses valeurs politiques. Néanmoins il est essentiel aussi que la gouvernance de Grand Poitiers représente l’ensemble de ses sensibilités politiques.

Vous envisagez une présidence tournante ?

Ce n’est pas une option que nous envisageons aujourd’hui

Votre premier mandat électif est celui de conseillère régionale, débuté il y a 5 ans, vous comptez l'abandonner prochainement d'ailleurs... Le non-cumul des mandats ne vous y oblige pas pourtant...

Je n’y suis pas obligée mais je m’y suis engagée, donc cela m’oblige. Je rendrai effectivement mon mandat de conseillère régionale à partir de la plénière de la rentrée prochaine, le temps d’assurer le tuilage avec les dossiers dont j’ai la charge et avec la présidence du groupe écologiste que j’assurai également jusqu’à maintenant.
 
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