"22h01" : la technique de la rotoscopie avec Théo Schulthess, illustrateur

Diplômé d'une école de dessin lyonnaise, Théo Schulthess, dessinateur, a réalisé l'intégralité de l'animation du documentaire "22h01"

Diplômé d'une école de dessin lyonnaise, Théo Schulthess, dessinateur, a réalisé l'intégralité de l'animation du documentaire "22h01" de Mustapha Kessous

Comment avez-vous été approché ?

Mustapha Kessous m'avait contacté en 2017 pour me proposer de travailler sur son documentaire France 98 - Nous nous sommes tant aimés, car il aimait bien une série d'illustrations d'athlètes olympiques présente sur mon site internet. Il n'avait pas de cahier des charges précis. Je lui ai fait quelques propositions d'illustrations et, de fil en aiguille, je lui ai proposé de reproduire les actions de matchs en utilisant l'animation en rotoscopie.
Finalement, pour des questions de droits, je n'ai pas pu participer au projet. Il a gardé mon contact et m'a proposé l'année dernière de travailler sur ce documentaire.
 

Pouvez-vous nous expliquer le principe de la rotoscopie ?

La rotoscopie est une technique d'animation qui consiste à dessiner par-dessus des vidéos en prise de vues réelles.
Dans ce documentaire, Mustapha a fait jouer à Daniel, Estelle, Bruno, Véronique et Matthew leurs propres rôles. Les séquences ont été tournées pratiquement comme pour un film classique et je suis venu redessiner par-dessus les personnages image par image... Il y a 25 images par seconde donc c'est assez long ! J'ai mis à peu près dix mois pour faire ce travail.

L'intérêt de cette technique d'animation, c'est qu'elle permet un rendu réaliste avec du détail, ce qui est très compliqué à obtenir en animation.
 

Est-ce la première fois que vous réalisez de l’animation pour un documentaire ou un film ?

Oui, c'est la première fois. J'ai même appris l'animation en  commençant ce projet. À la base, mon métier est illustrateur et auteur de BD (ça l'est toujours !). Je ne suis pas du tout animateur.
Jusqu'à maintenant, je réalisais plutôt des livres illustrés et des bandes dessinées, toujours de l'image fixe. Mais j'aime bien expérimenter et apprendre de nouvelles choses.
J'ai beaucoup travaillé en amont du projet pour développer une méthode d'animation qui fonctionne.
 

Quel a été votre sentiment à l’idée de reproduire par le dessin des scènes fortes ?

Ce documentaire traite d'un sujet lourd, qui nous a tous traumatisés. J'aime l'idée de présenter la petite histoire dans la grande histoire que tout le monde connaît. D'autant qu'elle est assez forte.
Le fait de traiter le souvenir et donc les reconstitutions sous forme de dessins instaure, je trouve, une distance. C'est moins frontal. Et puis, ce côté imparfait du dessin va bien avec celui des souvenirs qui ne sont jamais totalement précis.
J'espère avoir été assez juste dans ma manière de retranscrire ces scènes en dessin.
 

Comment avez-vous fait pour transmettre de l’émotion par le dessin ?

J'ai fait beaucoup d'essais graphiques. L'idée était de trouver un style qui puisse  être animé et pas trop long à réaliser, mais je voulais garder un côté  traditionnel, sensible, avoir un trait qui fasse un peu crayon, qui vibre, pas trop  mécanique. Mustapha avait une idée précise des dessins qu'il voulait  retransmettre, et il m'a beaucoup guidé pour obtenir cette mise en images.

22h01 
Mercredi 04 novembre 2020 sur France 3
Un film écrit et réalisé par Mustapha Kessous 
Sur un récit de Daniel Psenny
Images : Mathias Denizo
Animation : Théo Schulthess
Musique originale : Amandine Maissiat et Maud Lübeck
 
Une coproduction Premières Lignes et France Télévisions / France 3 Paris Île-de-France
 
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